Thierry Breton a claqué la porte de son bureau de Commissaire européen au marché intérieur ce lundi. Pendant les cinq ans de son mandat, le Français a défendu de grands textes de régulation numérique, et assumé de contrer les intérêts des géants américains de la tech.
Lors de sa nomination en 2019 au poste de Commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton affichait une ambition claire : empêcher Internet de devenir un « far west numérique ». Il a pris le parti d'incarner une Europe enfin décomplexée face aux géants américains de la tech, voire impertinente. Quitte à froisser ses homologues européens, notamment la Commissaire à la Concurrence, la Danoise Margrethe Vestager, et surtout la présidente de la Commission, l'Allemande Ursula von der Leyen.
La démission surprise de Thierry Breton ce lundi marque le paroxysme de la tension entre les deux têtes les plus influentes de la Commission européenne. Après le refus d'Ursula von der Leyen de satisfaire la demande d'Emmanuel Macron de le maintenir en poste pour la nouvelle mandature, le Français a claqué la porte.
À l'heure du bilan, celui de Thierry Breton s'étend de l'industrie -le fameux Chips Act- au spatial, en passant par les télécommunications et la défense. Mais il est particulièrement foisonnant dans le domaine du numérique. Sous son impulsion, l'Union européenne a finalisé puis déployé trois grandes lois majeures, de portée mondiale : le Digital Services Act (DSA), le Digital Markets Act (DMA), et l'IA Act.
Ces textes, désormais gravés dans le marbre mais dont l'application reste à affirmer par la nouvelle Commission et par les États membres, ont été la source de tensions inédites entre Thierry Breton et les géants américains de la tech. Au point de s'étendre en public sous la forme de joutes piquantes, par réseaux sociaux interposés, entre lui et les figures de proue de la Silicon Valley que sont Mark Zuckerberg (patron de Meta), Sam Altman (dirigeant d'OpenAI) et surtout Elon Musk, le propriétaire de X et de Tesla.
Dès son arrivée à la Commission, le profil de Thierry Breton tranche avec le reste de ses homologues. Alors que les instances européennes sont habituées à une communication policée et mesurée, l'ancien patron d'Atos sort les crocs et se montre bruyant. Proche des médias, bavard sur les réseaux sociaux, il soigne son image d'homme d'action, qui n'hésite pas à prendre des décisions, quitte à fâcher.
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