Intelligence artificielle: après DeepSeek, le chinois Manus fait une entrée en demi-teinte
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Manus, créé par la start-up chinoise Butterfly Effect, a été lancé le 6 mars dernier.
ZUMA Press Wire via Reuters Connect
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Manus, créé par la start-up chinoise Butterfly Effect, a été lancé le 6 mars dernier.
ZUMA Press Wire via Reuters Connect
C'est un nouveau venu sur le marché des robots conversationnels : Manus. Lancée le 6 mars dernier par la start-up chinoise Butterfly Effect, cette nouvelle interface d'intelligence artificielle (IA) générative n'a pas suscité autant d'engouement que sa consœur DeepSeek fin janvier. Mais elle a piqué l'intérêt de professionnels du secteur. « Ce n'est pas juste un autre chatbot, c'est un agent vraiment autonome », a en tout cas assuré Yichao « Peak » Ji, son co-créateur, dans une vidéo promotionnelle.
« Là où les autres IA se contentent de générer des idées, Manus apporte des résultats. Nous le voyons comme le prochain paradigme de la collaboration entre les hommes et les machines, et potentiellement un aperçu de l'IA générale [aussi intelligente que les humains, NDLR] », a mis en avant l'inventeur.
Sur son site web, Butterfly Effect donne des exemples de tâches que son agent est censé pouvoir accomplir, comme « acheter une propriété à New York » ou « éditer un podcast ». Disponible uniquement sur invitation pour le moment, il a pu être testé par Kyle Wiggers, un journaliste du média spécialisé TechCrunch. Et ne l'a pas complètement convaincu. Dans un article paru dimanche, le spécialiste indique que Manus a échoué à lui commander un sandwich et à lui trouver un billet d'avion pour le Japon.
Pour Mel Morris, patron de Corpora.ai, un moteur de recherche à l'IA générative, Manus dispose de « compétences intrigantes ». Et de nuancer : « Il ne s'agit pas d'un saut révolutionnaire par rapport aux modèles d'IA existants ». Sa capacité à accéder à des serveurs à distance soulève d'ailleurs, à ses yeux, « les mêmes préoccupations concernant la confidentialité des données » que ses concurrents.
Depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, les géants des technologies et des start-up rivalisent à coups d'assistants IA toujours plus perfectionnés.
À l'instar de Manus, certains de ces assistants ont désormais des capacités d'« agents » : ils peuvent agir, de façon plus ou moins autonome, à la place de l'utilisateur, pour effectuer des tâches en ligne comme naviguer sur internet, cliquer sur des liens, faire des résumés, etc. C'est aussi notamment le cas de Claude (Anthropic) avec le mode « Computer Use », lancé en octobre, et de ChatGPT, avec « deep research ».
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Les performances que peuvent accomplir ces agents IA font d'ailleurs craindre des dérives liées au manque de régulation de la nouvelle technologie. Car, dans leur majorité, les modèles commettent de nombreuses erreurs factuelles, a rappelé lundi Mel Morris. « Si on leur confie des tâches à fort enjeu, comme l'achat et la vente d'actions, ces imperfections pourraient conduire au chaos », prévient-il.
Ce qui inquiète aussi les acteurs du secteur, particulièrement ceux de la Silicon Valley, c'est le rattrapage rapide de la Chine dans le secteur clé de l'IA, malgré les restrictions américaines sur l'exportation de puces de pointe. En témoignent les performances de DeepSeek R1, de la start-up du même nom, accomplies pour une fraction des coûts occasionnés par les modèles américains dominants. Ce succès « démontre au monde tout le potentiel d'innovation des groupes chinois à l'heure actuelle », s'est félicité jeudi dernier un haut responsable chinois.
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La Chine investit des montants colossaux dans l'IA depuis 2017, avec un programme national ambitieux. Reste que l'évaluation précise de ses avancées demeure difficile. « La Chine est le pays qui publie le plus d'articles scientifiques sur l'IA, loin devant tous les autres. En revanche, ces articles sont rarement parmi les plus cités par leurs pairs », indiquait fin janvier Charles Thibout, docteur en science politique spécialiste des entreprises numériques à l'IRIS. La course à l'échalote est loin d'être terminée.
(Avec AFP)
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