En plus d'un appel à supprimer des jours fériés et à geler temporairement les prestations sociales, François Bayrou a esquissé une autre piste pour redresser les comptes publics : miser sur l'intelligence artificielle. Dans la partie « En avant la production ! » de son plan présenté mardi 15 juillet, le Premier ministre affirme vouloir accélérer l'adoption de l'IA dans l'économie française afin de stimuler la croissance, et donc, in fine, de réduire la dette. « L'intelligence artificielle peut et doit devenir un outil concret et utile dans tous les secteurs », a-t-il déclaré.
Cette stratégie s'appuie notamment sur le plan « Osez l'IA », déjà détaillé il y a quelques semaines par Clara Chappaz. Objectif affiché : faire en sorte qu'à l'horizon 2030, 100 % des grandes entreprises, 80 % des PME/ETI et 50 % des TPE aient adopté l'intelligence artificielle. Pour y parvenir, une enveloppe de 200 millions d'euros est prévue - dont la moitié issue de France 2030 - pour financer diagnostics, formations et accompagnement.
Le cœur de son pari repose sur un chiffre : « jusqu'à 20 % de gains de productivité » générés par l'IA, selon toutes « les études sérieuses ». Une affirmation pour le moins ambitieuse... et hasardeuse. Car les travaux des économistes sont loin de faire consensus autour de ce chiffre. Si plusieurs travaux ont démontré des gains réels liés à l'usage de l'IA générative, ils restent très contextuels - souvent limités à des tâches spécifiques (rédaction, analyse de code, synthèse) ou à certains profils (assistants, développeurs, commerciaux).