Démesuré, tentaculaire, monstrueux... Les adjectifs manquent pour décrire xAI, la start-up d'intelligence artificielle d'Elon Musk qui grandit à une vitesse jamais vue auparavant. Créée en juillet 2023, l'entreprise serait, d'après la presse américaine, en train de boucler une levée de fonds de 5 milliards de dollars qui la valoriserait à plus de 40 milliards de dollars, à peine six mois après avoir déjà levé 6 milliards de dollars. Elle deviendrait ainsi la deuxième start-up d'IA la mieux financée au monde derrière OpenAI (soutenue par Microsoft) et juste devant Anthropic (soutenue par Google et Amazon). Cette nouvelle levée de fonds pourrait réunir la crème des fonds de capital risque américain, plusieurs fonds souverains du Moyen-Orient, et même l'incontournable Nvidia.
Pour parvenir à ses fins, xAI compte s'appuyer sur le plus grand superordinateur d'IA au monde, qu'il aurait bâti en l'espace de quatre mois. Cette prouesse supposée, dont la véracité reste très discutée dans l'écosystème, serait synonyme d'une facture énergétique et d'un coût environnemental démesuré. Et si Elon Musk déploie de tels moyens, c'est une fois de plus pour appuyer son projet politique conservateur. Grok, le premier modèle de xAI se présente comme un anti-ChatGPT. Le modèle d'OpenAI serait en effet trop « woke », c'est-à-dire qu'il relaierait des idées trop progressistes au goût de l'homme d'affaires.
Comme une bonne nouvelle ne vient pas seule pour le milliardaire, la large victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, qu'il a soutenu par tous les moyens à sa disposition, pourrait lui apporter un précieux coup de pouce. Le futur président pourrait par exemple aider xAI à mettre la main sur les contrats gouvernementaux auxquels il n'a pas accès aujourd'hui...