IBM, le grand oublié de l'intelligence artificielle
François Manens
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En 2011, une IA d'IBM nommée Watson remporte le jeu télévisé Jeopardy!
Jeopardy
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En 2011, une IA d'IBM nommée Watson remporte le jeu télévisé Jeopardy!
Jeopardy
Dans toutes les frises récapitulant l'histoire de l'intelligence artificielle, le nom d'IBM s'inscrit immanquablement à deux reprises. La première fois en 1997, lorsque son IA Deep Blue remporte un match d'échecs en six manches contre la légende Garry Kasparov. Puis en 2011, lorsque son système Watson remporte le jeu télévisé américain de culture générale Jeopardy! contre deux humains. Quand il s'agit d'IA, IBM n'est jamais loin. D'ailleurs, on retrouve un de ses ingénieurs parmi les chercheurs de la conférence de Dartmouth de 1956, la toute première consacrée à l'intelligence artificielle.
Pourtant, lorsqu'en 2022, ChatGPT déclenche une vague d'engouement inédite pour la technologie, le géant centenaire semble relégué aux seconds rôles. OpenAI (et son allié Microsoft), Google, Meta, Anthropic ou encore le français Mistral s'écharpent pour créer les meilleurs grands modèles d'IA générative, les fameux LLM (pour Large langage models). Leur bataille à coups de milliards de dollars pour le contrôle du cœur de l'IA générative monopolise les projecteurs. Quant à leur ambition de créer des « IA générales », aux capacités supérieures au cerveau humain, elle alimente tous les fantasmes.
IBM, lui, ne joue pas dans cette course. Mais il n'a pour autant pas complètement raté le nouveau chapitre de l'intelligence artificielle. Simplement, il s'y prend à sa façon : celle d'un groupe qui a survécu à plusieurs vagues technologiques, dont la rigueur et le sérieux sont les atouts les plus importants. Avec succès : l'action d'IBM a bondi de 56,8% depuis le début la sortie de ChatGPT, signe que l'entreprise a réussi à se tailler une part du gâteau de l'IA générative.
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Grâce à un modèle économique robuste, IBM a dégagé en 2023 plus de 61,9 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour 7,5 milliards de dollars de bénéfices nets. Des résultats excellents, mais bien loin des chiffres pharaoniques des Gafam (Google, Amazon, Meta, Apple, Microsoft), capables de dégager plus de vingt milliards de dollars de bénéfices nets... par trimestre.
François Manens