Microsoft s'appuie sur le cloud pour compenser le ralentissement de son activité historique

A l'instar des autres têtes d'affiches de la tech, Microsoft a présenté sa plus faible croissance trimestrielle en deux ans. Les conditions macroéconomiques ont grandement freiné son business historique, la vente de logiciels personnels, mais son nouveau cœur de métier, le cloud, continue de tirer sa croissance.
François Manens
Le siège de Microsoft France à Issy-les-Moulineaux.
Le siège de Microsoft France à Issy-les-Moulineaux. (Crédits : LUCY NICHOLSON)

Au tour de Microsoft de revenir à la normale. A l'occasion de ses résultats trimestriels, l'entreprise a présenté sa plus faible croissance en deux ans, à l'instar de Google. Avec 51,9 milliards de dollars de chiffre d'affaires, elle n'a progressé « que » de 12%, un rythme considéré d'autant plus faible qu'il fait suite à deux années particulièrement fastes, tirées par la généralisation du télétravail liée au Covid. Son bénéfice net, à 16,7 milliards de dollars, n'a quant à lui augmenté que de 2%.

Des turbulences sans conséquence à moyen terme ?

Comme l'ensemble du secteur de la tech, le géant de l'informatique n'a pas échappé aux conséquences de la conjoncture macroéconomique (retrait de la Russie, fermetures d'usines en Chine, crise des processeurs...) et aux répercussions du dollars fort, qui rogne ses bénéfices hors Etats-Unis. Soit un manque à gagner de 585 millions de dollars d'après les chiffres de Microsoft.

Mais à peine ce bilan décevant présenté, Microsoft a aussitôt annoncé qu'il prévoyait tout de même une croissance à deux chiffres sur l'année. En conséquence, le cours de son action a grimpé de 5% dès l'ouverture de Wall Street. « Les dépenses en informatique vont continuer d'augmenter puisque chaque business essaie de se renforcer d'une façon ou d'une autre en tech pour faire face à ces conditions macroéconomique », a déclaré le CEO Satya Nadella.

Le cloud ralentit, mais reste le moteur de la croissance

Parmi les raisons du ralentissement de Microsoft se trouve le freinage de ses activités cloud [l'informatique dématérialisée, ndlr] depuis deux trimestre. Si le rythme de croissance de sa plateforme dédiée, Microsoft Azure, reste impressionnant à +40%, il n'en reste pas moins plus de 10 points en deçà des standards de ces deux dernières années. La pandémie avait entraîné une ruée sur ces services, puisque les entreprises avaient dû équiper leurs employés confinés en logiciels, et donner accès aux données d'entreprise hors des bureaux. Microsoft en avait profité pour consolider sa position de numéro 2 du marché (avec environ 22% des parts), loin derrière le leader Amazon Web Services (plus de 33%), mais largement devant le troisième, Google Cloud (10%).

Plus généralement, Microsoft Cloud, qui englobe l'activité d'Azure mais aussi la vente d'autres services (comme le logiciel de bureautique Microsoft 365), a généré 25 milliards de dollars, soit 28% de plus que l'an dernier. C'est presque la moitié du chiffre d'affaires de l'entreprise sur le semestre, qui sera un palier marquant de la mutation du géant historique de l'informatique en entreprise de cloud. Il pourrait d'ailleurs arriver très vite, étant donné le rythme de croissance du cloud et les difficultés rencontrées par Microsoft sur ses autres produits et services.

Microsoft à la peine sur son activité historique

En effet, sur son activité historique - la vente du système d'exploitation Windows entre autres logiciels - le groupe doit composer avec la chute des livraisons de PC et à la fermeture d'usines chinoises pour cause de Covid. Elle estime à 300 millions de dollars le chiffre d'affaires potentiel perdu. Avec 14,4 milliards de dollars réalisés sur le trimestre, son activité historique n'a rapporté que 2% de plus que l'année dernière à la même période.

Autre point de tension : le marché du jeu vidéo. Les ventes physiques de sa console de salon, la Xbox, ont chuté de 11%, tandis que la vente de contenus et services a diminué de 6%. Microsoft affirme que ces tendances sont principalement dues à un moindre engagement des utilisateurs, qui avait été boosté par le chômage partiel et la fermeture de nombreux lieux physiques. L'entreprise maintient donc ces ambitions sur le marché, et elle a précisé qu'elle espérait conclure son acquisition de l'éditeur Activision Blizzard (pour 68,7 milliards de dollars) avant le 30 juin 2023. Cet accord placerait Microsoft tout en haut du marché.

Ces difficultés, couplées aux craintes d'une dégradation de la situation macroéconomique, ont poussé Microsoft à licencier environ 1% de ses effectifs (ce qui lui a coûté 113 millions de dollars de frais sur le trimestre) et à geler les recrutements dans certaines divisions, notamment pour les équipes qui s'occupent de sa suite informatique Office ou de son historique système d'exploitation Windows.

François Manens

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Commentaires 2
à écrit le 30/07/2022 à 10:49
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Données numériques, publicités, cloud semblent être les derniers vecteurs de croissance sachant que ce ne sont que des rentes qui font gagner du fric avec que dalle. Le problème du métavers de MZ va être la finance qui veut garder pour elle seule cet...

à écrit le 27/07/2022 à 19:35
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avant, les particuliers utilisaient chez eux des versions installees gratuitement ' entre amis' de office et consors, ca permettait a microsoft de vendre ca cher aux entreprises, sachant que finalement les gens se formaient donc etaient productifs ( ...

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