Urgo a officiellement inauguré vendredi son installation dans un centre de stockage de données local détenu par DTiX, situé près de Dijon, qui sera connecté à ses sites stratégiques. Un investissement de 5 millions d’euros.Dans un contexte national marqué par une digitalisation accélérée des secteurs industriels et de la santé, les entreprises françaises cherchent à renforcer leur souveraineté numérique face à la montée des cybermenaces et aux exigences réglementaires. La sécurisation des données sensibles, notamment dans le domaine médical, devient une priorité.
C'est dans ce cadre que le groupe Urgo (qui a réalisé un chiffre d'affaires de 862 millions d'euros en 2024 et est présent dans 22 pays dans le monde), spécialiste des soins de la peau et de la cicatrisation, a décidé d'investir cinq millions d'euros pour garantir la confidentialité, la sécurité et la conformité de ses données stratégiques. En devenant colocataire dans un data center à proximité de Dijon, l'ETI augmente sa capacité de stockage de 30%, passant de 250 à 316 téraoctets (To). Ces données représentent plus de 5% des données hébergées sur le site de DTiX.
Une réponse aux enjeux de sécurité et de conformité
Ce projet s'inscrit dans une volonté claire de maîtriser ses infrastructures numériques. Tristan Le Lous, président du groupe, explique : « Les données d'Urgo ne doivent pas être exposées. Nous stockons des informations sensibles, notamment nos brevets, nos données réglementaires et nos informations logistiques. La centralisation physique de ces données dans un data center physique plutôt que sur le Cloud, nous offre une sécurité renforcée, notamment face aux cyberattaques, en limitant les points d'entrée potentiels. » La nécessité de respecter la réglementation européenne, notamment le Medical Device Regulation (MDR), impose en effet un stockage sécurisé et contrôlé des données, ce qui justifie cette démarche d'indépendance.
Ce choix stratégique permet également à Urgo de garantir une conformité totale avec la validation des systèmes d'information (VSI), un impératif pour une entreprise de santé.
« Le fait que les données transitent physiquement par de la fibre et soient stockées physiquement nous offre plus de sécurité par rapport au potentiel cyberattaqué », précise Tristan Le Lous. C'est Dijon Métropole qui a entamé les premiers raccordements avec DTiX pour creuser des tranchées sur l'espace public. « Il a fallu prolonger certains raccordements qui avaient été initiés par Dijon Métropole pour aller jusqu'à nos propres sites », poursuit-il. François Rebsamen, président de Dijon métropole et ministre de l'Aménagement, souligne : « En seulement six mois, les travaux ont été achevés, ce qui témoigne d'un partenariat efficace entre le secteur public et privé. » Urgo représente son premier employeur privé avec 1 200 salariés dans la métropole, sur 3.800 au total.