GENERATION PEUR DE RIEN : comment le Web démocratise la création d'entreprise

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En abolissant les distances et en dématérialisant la relation clients et fournisseurs, le Web permet de réduire considérablement le ticket d'entrée et constitue un formidable accélérateur de création d'entreprise, pas seulement dans l'Internet.

De Free à Dailymotion, en passant par Critéo, pour citer quelques-unes des success stories françaises les plus connues, le Web et Internet mobile ont permis l'éclosion ces dernières années d'une multitude d'entreprises qui n'auraient pas pu voir le jour avant l'avènement de la Toile. Mais le numérique au sens large et les technologies sont aussi un formidable accélérateur de création d'entreprises dans tous les secteurs, même les plus traditionnels. Parce qu'Internet (et son prolongement sur mobile) abolit les distances, dématérialise les relations avec les clients et les fournisseurs, supprime les intermédiaires, il réduit considérablement le ticket d'entrée, l'investissement initial, ainsi que les coûts d'un lancement à l'international.

« Le Web démocratise complètement la création d'entreprise, que l'on soit jeune diplômé ou pas. Aujourd'hui, on peut créer une entreprise sans avoir levé un seul euro et lancer un service grand public avec presque rien, par exemple, juste une personne sachant développer une application, qu'elle met sur Facebook ou sur l'App Store et ça démarre », relève Pierre Kosciusko-Morizet (PKM), cofondateur de PriceMinister. Dans les centaines de dossiers de candidatures qu'il épluche chez Isai, le fonds des entrepreneurs de l'Internet dont il est l'un des cofondateurs, « certains ont déjà créé leur boîte, ont déjà un début d'activité sans avoir investi un euro ». Treize ans après le lancement de son site de vente d'articles neufs ou d'occasion, « un service complètement Web, sans stock, sans logistique, mais avec une emprise sur le monde physique », il estime que « si on devait redémarrer aujourd'hui, ce serait beaucoup moins cher en marketing, en technologie et en développement informatique ».

Les réseaux sociaux, campagnes marketing low-cost
A l'heure du digital, des mots-clés achetés sur Google et des plates-formes automatisées d'enchères en temps réel, il est possible de s'offrir des campagnes marketing à prix mini, même avec un tout petit budget de 1000 euros, et beaucoup plus efficaces car très ciblées. Donc de se faire connaître sans passer par la case TV aux spots inaccessibles pour une jeune entreprise. Avec 24 millions de Français inscrits sur Facebook et autant de foyers abonnés à l'Internet haut débit, le bouche-à-oreille devient beaucoup plus puissant.

« Prenez l'exemple des "food trucks", ces camions de restauration ambulante. C'est un phénomène très local qui doit son succès à la viralité des réseaux sociaux », souligne PKM. L'étude de marché est aussi réinventée, version Web 2.0. Au lancement d'un nouveau produit ou service, il devient beaucoup plus facile de sonder les attentes des clients et de récupérer leurs impressions. « Avant d'ouvrir une filiale dans un pays, il suffit de lancer un questionnaire sur Facebook, c'est moins long, moins coûteux et plus fiable finalement qu'un sondage dans la rue ou par téléphone », considère le serial entrepreneur devenu business angel.

Sur le web, le manque d'expérience devient un atout
L'autre versant moins visible du web, c'est la révolution du « cloud computing », l'informatique à distance, des logiciels aux serveurs. « Avec le Web, on peut tout acheter à l'usage, à la demande. Cela coûte beaucoup moins cher, il n'y a plus de problème de montée en charge d'un site, d'enjeu de dimensionnement. Cela change vraiment tout », estime PKM.

Enfin, le secteur à proprement parler du numérique est plus ouvert à la création d'entreprise, car sur le Web, le manque d'expérience devient un atout, plaide l'entrepreneur, qui a vendu PriceMinister au japonais Rakuten en 2010 pour 200 millions d'euros, tout en restant PDG. « Quand on a trop d'expérience, on a plus de mal à innover, parce qu'on a intégré tous les codes. Sur le Web, pas besoin d'avoir vingt ans d'expérience, un "digital natives" sera beaucoup plus efficace, parce qu'il comprend mieux cet univers. »

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