"Start you up", "l'incubateur juridique" des jeunes entreprises

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Trente-cinq entreprises ont répondu à l’appel à candidatures lancé en octobre 2013. Six ont été retenues. Ici, de gauche à droite, les entrepreneurs choisis: Antoine Fruchard (Réassurez-moi), Benjamin Hugonet (Redbird), Julien-Pierre Savin (Lebonesprit), Emmanuelle Duez (The Boson Project), Paul Chevrillon, Alexis Rebiffe (Deskopolitan), Antoine Perrin, Benoît Portoleau, Antoine Durieux (Alkemics).
Trente-cinq entreprises ont répondu à l’appel à candidatures lancé en octobre 2013. Six ont été retenues. Ici, de gauche à droite, les entrepreneurs choisis: Antoine Fruchard (Réassurez-moi), Benjamin Hugonet (Redbird), Julien-Pierre Savin (Lebonesprit), Emmanuelle Duez (The Boson Project), Paul Chevrillon, Alexis Rebiffe (Deskopolitan), Antoine Perrin, Benoît Portoleau, Antoine Durieux (Alkemics). (Crédits : Reuters)
Le cabinet d'avocats August&Debouzy ouvre le 1er octobre les candidatures pour la deuxième édition de son programme d'accompagnement juridique dédié aux start-up. Pendant un an, il leur permet de profiter de toute l'assistance nécessaire pour démarrer sur de bonnes bases, en échange de deux-cents euros par mois.

Etablir un business plan solide, trouver des premiers financements, éventuellement des locaux... Ce ne sont que quelques-unes des difficultés auxquelles sont confrontées les start-up pendant les premiers mois de lancement de leur projet. Il en existe toutefois une autre, souvent négligée bien que majeure: la faiblesse des compétences indispensables pour maîtriser leur environnement juridique combinée au manque des moyens nécessaires pour se faire aider. C'est à partir de ce constat que le cabinet d'avocats August&Debouzy a eu l'idée d'offrir à ces jeunes pousses un accompagnement juridique dédié.

Six start-up sélectionnées

Lancé fin 2013, le programme "Start you up" en est à sa deuxième édition*. Et c'est à compter de ce mercredi 1er octobre que les entrepreneurs de moins de 40 ans ayant créé une société depuis moins de 2 ans peuvent déposer leur dossier de candidature.

Comme l'année dernière, environs six start-up seront sélectionnées, sur la base de critères valorisant tant la solidité que le caractère novateur de leur projet. Le nouveau programme démarrera le 1er janvier et durera, comme le dernier, un an.

Un millier d'heures de conseil

Première étape fondamentale de l'accompagnement fourni par August&Debouzy, chaque start-up bénéficie tout d'abord des conseils d'un(e) associé(e) du cabinet qui - revêtant le rôle de parrain ou de marraine - l'aide à identifier ses besoins et l'oriente ensuite vers l'équipe compétente du cabinet. Seuls deux domaines sont exclus du programme (une formule "sur mesure" étant néanmoins proposée): celui du contentieux ainsi que les éventuelles levées de fonds, car "à ce stade l'entreprise n'est plus une jeune pousse", explique l'associée Mahasti Razavi.

Au total, un millier d'heures ont ainsi été dédiées à ces entreprises par les avocats du cabinet. "Une vraie différence par rapport aux autres nombreux incubateurs où, dans la grande majorité des cas, les moyens consacrés au juridique se limitent à quelques heures de cours collectifs", témoigne Jean-Pierre Savin, fondateur de Lebonesprit, plateforme de commerce électronique solidaire sélectionnée pour la première édition du programme.

 200 euros par mois

D'ailleurs, les avantage tirés de "Start you up" vont souvent bien au-delà des conseils reçus. Avoir à ses côtés un cabinet de la renommée d'August&Debouzy est aussi, pour les jeunes pousses, une garantie de sérieux vis-à-vis des partenaires extérieurs, témoigne l'un des entrepreneurs sélectionnés pour la première promotion, Alexis Rebiffé, co-fondateur d'un réseau de business centers de nouvelle génération. Les start-up profitent par ailleurs des relations du cabinet. "Nous avons sensibilisé nos équipes sur le fait qu'elles doivent offrir à ces enterprises la même qualité d'accompagnement qu'à une société du CAC 40" , affirme Mahasti Razavi.

Ces services ne sont toutefois pas gratuits: les start-up sélectionnées y participent financièrement, à la hauteur de 200 euros par mois chacune. "Avant de déterminer notre offre et de choisir ce montant, nous avons mené un brainstorming avec les entrepreneurs. 200 euros, c'est plus ou moins le budget que les start-up interrogées ont dit consacrer de toute manière au juridique", explique l'avocat.

De prochains clients

Bien que 200 euros par mois soient presque un montant dérisoire pour le cabinet, celui-ci trouve toutefois lui aussi son compte dans le programme. Il lui permet d'accéder à un nouvel univers, celui des jeunes entreprises, en renouvelant par la même démarche son histoire: "Fondé il y a moins de 20 ans, August&Debouzy était jusqu'à un temps encore récent une start-up à laquelle d'autres entreprises ont fait confiance. L'esprit entrepreneurial est inscrit dans notre ADN", souligne l'avocat Kami Haeri.

Les anciens filleuls sont par ailleurs susceptibles de devenir de nouveaux clients: à la sortie du programme. S'ils le souhaitent, l'accompagnement peut continuer à des tarifs progressifs. Ils pourraient même se transformer en nouveaux sponsors, comme l'espère Jean-Pierre Savin: "Un jour, nous allons peut-être investir dans l'une des start-up choisies pour les prochaines promotions".

 >>LIRE AUSSI: Quand un célèbre cabinet parisien aide juridiquement des start up

*La deuxième édition verra aussi la participation de deux nouveaux partenaires: BPIfrance et Microsoft Ventures. Parrain de la démarche, Jean-Christophe Tortora, président de La Tribune, est parrain de l'initiative et participe au jury de sélection.

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