Méga-levée de fonds de 205 millions d'euros pour la startup IA Meero

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En levant 230 millions de dollars (205 millions d'euros), Meero devient la 6è licorne française.
En levant 230 millions de dollars (205 millions d'euros), Meero devient la 6è licorne française. (Crédits : Meero)
Méconnue, la pépite parisienne édite un outil de retouches photo à l'attention des professionnels. Avec cette levée de fonds de 230 millions de dollars (205 millions d'euros), la startup devient la sixième licorne française. Il s'agit de la troisième plus grosse levée de fonds de l'histoire de la French Tech.

Personne ne l'avait vu venir. Mardi 18 juin au soir, Thomas Rebaud, le Pdg et cofondateur de Meero, a frappé un grand coup en annonçant, sur le site web des Echos, sa troisième levée de fonds, d'un montant impressionnant de 230 millions de dollars (205 millions d'euros). C'est, évidemment, le plus grand tour de table de l'année pour l'instant, détrônant les 150 millions d'euros levés par Doctolib en mars dernier. C'est surtout la troisième plus grande levée de fonds de l'histoire de la French Tech, depuis que l'écosystème s'est structuré sous la bannière du coq rouge en 2013. Seuls Parrot (300 millions d'euros en 2015, bien que sous la forme d'une augmentation de capital) et OVH (250 millions d'euros en 2016) ont fait mieux. Par la même occasion, Meero devient la sixième licorne française. Elle rejoint le site de e-commerce vente-privee.com, le leader européen du cloud OVH, le champion du covoiturage BlaBlaCar, la plateforme de streaming musical Deezer, et le site de prise de rendez-vous médicaux Doctolib.

Lire aussi : 1,1 milliard d'euros levés, une nouvelle licorne... premier trimestre record pour la French Tech

Technologie unique au monde d'intelligence artificielle appliquée à la reconnaissance d'images

Pour ce nouveau tour de table, Meero a fait appel au fonds français Eurazeo et au néerlandais Prime Ventures. Créée en 2014 par Thomas Rebaud et Guillaume Lestrade, Meero applique l'intelligence artificielle à la retouche de photos professionnelles, proposant à ses clients -des agences immobilières et des hôtels-restaurants au début, toute entreprise ayant besoin de photos de qualité professionnelle ensuite, jusqu'aux particuliers demain- des reportages photos jusqu'à trois fois moins cher que la concurrence, livrés en moins de vingt-quatre heures là où le traitement peut prendre plusieurs jours sans solution automatisée.

Les photos parfaites de votre appartement sur Airbnb ou des plats livrés par Uber Eats sont aussi traités par les algorithmes maison de Meero. La startup revendique une technologie de reconnaissance d'images "unique au monde", basée sur le deep learning (apprentissage profond via des réseaux de neurones, une technique d'intelligence artificielle). Ses algorithmes apprennent des procédés de traitement photo manuels des photographes et sont ainsi capables de traiter, en quelques secondes, des milliers d'images.

"Le problème le plus délicat consiste à développer un algorithme qui produit les mêmes transformations globales et locales qu'un retoucheur. L'expertise de Meero dans le domaine, couplée à une base de données de 25 millions d'images unique au monde, a constitué une base solide pour travailler sur de tels modèles d'apprentissage automatique", précise la startup sur son site.

Meero

[Avant/Après : la technologie de traitement automatique des images fait ressortir les contrastes et les couleurs de manière naturelle. L'algorithme a appris les différentes étapes d'amélioration exercées par des professionnels de l'image, ce qui lui permet de s'adapter aux variations d'éclairage (balance des blancs, tonalités) et aux défauts de capture (le bruit ou le flou de bougé). Crédit : Meero]

Croissance folle pour devenir le leader mondial de la photo de qualité professionnelle

Le modèle économique de Meero repose sur la commission : la startup prélève un pourcentage sur les missions des photographes qui utilisent la plateforme. Depuis trois mois, Thomas Rebaud a également lancé myMeero, un service de gestion destiné aux photographes, pour leur permettre de gérer leur comptabilité ou encore la production de devis et de factures, y compris avec d'autres clients.

Si les deux premières années de Meero ont été consacrées au développement technologique, la startup vit depuis 2017 une accélération spectaculaire de sa croissance. Lors de sa première levée de fonds, de 15 millions d'euros à l'été 2017, l'entreprise revendiquait 10.000 clients dans six pays. Un an plus tard, elle levait 38 millions d'euros, revendiquait un réseau de 40.000 photographes dans le monde entier, et employait 180 personnes. Aujourd'hui, Meero revendique 31.000 clients et un réseau de 58.000 photographes, 600 employés, et souhaite accueillir 1.200 personnes dans ses locaux parisiens d'ici à la fin de l'année 2019.

Déjà présent aux Etats-Unis et en Asie, Meero veut désormais accélérer sa conquête du monde et consolider sa position de leader mondial sur un marché de la photographie professionnelle qu'il estime à 80 milliards d'euros par an. La méga-levée de fonds envoie aussi un message clair à la concurrence, qui commence à s'organiser avec les progrès du deep learning pour la reconnaissance d'images.

En plus de ses marchés historiques de l'immobilier et du luxe, la startup souhaite également attaquer d'autres verticales métiers et s'ouvrir au grand public d'ici à la fin de l'année. D'après Les Echos, Meero souhaite aussi se lancer dans la production de contenus artistiques (documentaires et magazine dédié à la photo), financés par une fondation maison.

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Commentaires
a écrit le 19/06/2019 à 8:21 :
"Croissance folle pour devenir le leader mondial de la photo de qualité professionnelle"

Heu doucement les gars en face il y a photoshop de Adobe à savoir des génies du logiciel mais vraiment cher du coup et que la concurrence soit plébiscitée est très bien espérant que cela fasse baisser un peu les prix du traitement d'images de qualité mais le concurrent est particulièrement balaise.
Réponse de le 19/06/2019 à 9:45 :
rien a voir apparement. Je connais pas le produit, mais il semble a pres l article que celui ci permette de changer les photos automatiquement via une IA (autrement dit, plus d operateur devant son ecran et photoshop).
C est vrai que je vois pas tres bien comment la photo avant/apres puisse etre faite sans humain mais "ont ainsi capables de traiter, en quelques secondes, des milliers d'images" ne peut se faire que sans operateur
Réponse de le 19/06/2019 à 10:13 :
" la pépite parisienne édite un outil de retouches photo à l'attention des professionnels."

On a pas lu la même chose ?

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