Moyennant le versement d’un petit loyer, cette jeune entreprise à mission aide des personnes âgées à rester à leur domicile, après leur avoir racheté leurs maisons à un prix non-calculé sur leur espérance de vie. Une alternative innovante au viager pour qui veut mobiliser son épargne.Rester chez soi une fois passé l'âge de la retraite, 85% des Français en rêvent, selon une enquête Ifop publiée en 2019. Encore faut-il avoir les moyens de laisser dormir son épargne dans la pierre, ce qui est loin d'être donné à tout le monde. GYLB, jeune entreprise à mission active depuis 2022 près de Caen, a trouvé une parade. Elle a exhumé et dépoussiéré un modèle imaginé, il y a une quinzaine d'années, par le Crédit Agricole qui ne l'a jamais mis en pratique.
Baptisée Mona Logy, le modèle en question consiste à racheter, puis à rénover, le logement de retraités afin de leur permettre de se maintenir à demeure ad vitam. Le tout moyennant le versement d'une "charge d'occupation" que GYLB promet « toujours inférieure au prix de marché ». A titre d'exemple, le loyer perçu par la société avoisine aujourd'hui 350 euros pour une maison valant 250.000 euros.
«La valeur du bien n'est pas calculée en fonction de l'âge du propriétaire,détaille Yoann Léonard, son directeur général et co-fondateur. On applique une décote minimale de l'ordre de 30% de façon à ce que le prix de portage soit égal à zéro. Ainsi, le capital restitué au seniorest maximisé».
«Notre approche comble un manque»
Ancien banquier d'affaires reconverti dans l'innovation sociale, l'intéressé a créé sa société après avoir géré, pendant deux ans, le portefeuille d'investissement en viager d'un promoteur immobilier. Il en est revenu : « C'est une solution très déséquilibrée, parce que l'investisseur a toujours tendance à sous-évaluer le bien. A contrario, nous savons que nous ne ferons pas de gras, mais que notre approche comble un manque entre le viager et l'Ehpad ».