Après Apple, au tour de Foxconn d'investir dans Didi, le Uber chinois

Le groupe industriel taïwanais spécialisé dans la fabrication de produits électroniques, sous-traitant d'Apple, Sony, Huawei, etc. a investi 120 millions de dollars dans le chinois Didi Chuxing, leader local du transport de personnes à la demande, qui vient tout juste de faire alliance avec Uber dans l'ex-Empire du Milieu.
Mounia Van de Casteele
Foxconn a pris 0,355% du capital de l'application chinoise. Cette transaction valorise Didi à environ 34 milliards de dollars, soit deux fois moins que le mastodonte Uber.
Foxconn a pris 0,355% du capital de l'application chinoise. Cette transaction valorise Didi à environ 34 milliards de dollars, soit deux fois moins que le mastodonte Uber. (Crédits : © Jason Lee / Reuters)

Didi, l'application chinoise de transport de personnes à la demande (aussi bien par taxis qu'avec des chauffeurs privés) a semble-t-il le vent en poupe. En témoigne la brochette d'investisseurs high tech - et non des moindres - se bousculant pour entrer à son capital. Dernier en date : le géant Foxconn, le plus grand sous-traitant de produits électroniques au monde, accessoirement celui d'Apple, qui y a investi 119,9 millions de dollars, d'après le Wall Street Journal.

Didi valorisée 34 milliards de dollars, la moitié d'Uber

Concrètement, l'assembleur d'iPhone et autres produits de la marque à la pomme, notamment, a pris une participation de 0,36% du capital de l'entreprise chinoise, précise le WSJ. Cette transaction valorise ainsi Didi à environ 34 milliards de dollars selon Bloomberg. Pas encore de quoi rattraper Uber, qui pèse le double avec une valorisation de près de 70 milliards. Mais cela lui permet tout de même de remonter d'un rang dans le classement des licornes, ces start-up de plus d'un milliard et non cotées en Bourse, depuis l'injection d'un milliard de la part d'Apple au mois de mai. Et de rafler la troisième place à Airbnb, reléguée au quatrième rang.

classement licornes wsj

Pour rappel, cette prise de participation de la marque à la pomme faisait partie d'une levée de fonds spectaculaire de 7,3 milliards de dollars qui avait alors valorisé Didi quelque 26 milliards de dollars. Cette dernière devenant l'une des entreprises mondiales de l'internet les mieux dotées en fonds propres, évalués à l'époque à environ 10,5 milliards de dollars.

Hache de guerre avec Uber enterrée

Pari réussi, en somme, pour Didi Kuaidi, rebaptisé Didi Chuxing fin 2015. L'application pour mobile avait d'abord commencé comme un service permettant de commander un taxi, avant d'élargir son offre à des services d'auto-partage, covoiturage, voitures de transport avec chauffeurs (VTC), partage de bus, etc. Le groupe, né de la fusion de deux applications concurrentes (Didi Kuaidi et Kuaidi Dache), lancées en 2012 par les deux poids lourds chinois de l'Internet Tencent (réseaux sociaux, jeux vidéo) et Alibaba (e-commerce, cloud), est rapidement devenu leader sur son marché domestique.

Loin devant Uber, qui a pourtant tenté de faire de la Chine son premier marché. Mais finalement, après une bataille très coûteuse, à coups de milliards, pour s'arracher les parts du marché local, le mois dernier, Didi, qui a également investi 100 millions de dollars dans Lyft - qui serait à la recherche d'un repreneur - a accepté d'acheter la branche chinoise d'Uber.

Lire : Taxi-VTC : Didi évince Uber et accélère l'ubérisation

Mais Uber n'est pas en reste, puisqu'en vertu de cet accord ses investisseurs sont censés posséder désormais 20% du groupe chinois. Si bien que la récente entrée au capital d'Apple, ainsi que celle, toute fraîche, de Foxconn, pourraient bien profiter indirectement à la multinationale de Travis Kalanick basée à San Francisco dans la Silicon Valley. Encore faut-il que les autorités valident une telle alliance. Pékin a en effet annoncé avoir ouvert une enquête anti-trust à ce sujet. Le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Shen Danyang, a récemment indiqué que le gouvernement menait une investigation "fondée sur la loi anti-monopole" et avait convoqué à deux reprises les dirigeants de Didi Chuxing, leur reprochant d'avoir procédé au rapprochement sans en avoir informé les autorités.

"Le ministère du Commerce enquêtera conformément à la loi au nom du respect de la concurrence sur ce marché, afin de défendre l'intérêt des consommateurs et de la société", a fait savoir Shen Danyang dans un communiqué.

Lire VTC/Taxis: Qui de Didi ou Uber dominera le marché mondial ?

Voiture électrique autonome

Par ailleurs, Foxconn a déclaré que cette entrée au capital de Didi faisait partie d'un plan plus large pour construire des produits et des services pour l'Internet des objets, avec un nombre croissant de petits objets et périphériques connectés. Toute collaboration entre Didi et Foxconn n'est donc pas à exclure, mais cela n'est pas encore à l'ordre du jour, a déclaré Didi dans un communiqué:

"Didi et Foxconn sont axées sur l'innovation et l'exécution. Nous explorons les possibilités, mais il n'y a pas encore de plans concrets de coopération "

Rappelons en outre qu'à l'instar d'Apple, Foxconn lorgne l'industrie automobile, et ne cache pas son intérêt pour les projets de voiture électrique potentiellement autonome. Et avait d'ailleurs conclu un partenariat pour des véhicules électriques intelligents avec Tencent en 2015. Une sorte de diversification qui leur permettrait ainsi, à l'un comme à l'autre, de pallier l'essoufflement du secteur des smartphones, note le WSJ. Et plancher sur des projets plus innovants.

Lire aussi : Voiture autonome : Google, Uber, Lyft, Ford et Volvo roulent ensemble

Mounia Van de Casteele

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