Big data : la startup Linkfluence lève 12 millions d’euros pour mieux scruter le web

Spécialisée dans la surveillance de la réputation des entreprises sur Internet, la startup Linkfluence, qui fête ses dix ans, accélère en levant 12 millions d’euros auprès de ses actionnaires historiques et de BNP Paribas Développement, qui rejoint l’aventure. L’objectif ? Intensifier la R&D et poursuivre l’expansion internationale, entamée l’an dernier, pour devenir le leader du marché de la "social data intelligence".
Sylvain Rolland

3 mn

Créée en 2006 par quatre jeunes ingénieurs de l'Université de technologie de Compiègne (UTC), Linkfluence se veut le spécialiste français de la social data intelligence.
Créée en 2006 par quatre jeunes ingénieurs de l'Université de technologie de Compiègne (UTC), Linkfluence se veut le spécialiste français de la "social data intelligence". (Crédits : Linkfluence)

Joli cadeau d'anniversaire pour Linkfluence. La startup parisienne, qui souffle en 2016 ses dix bougies, vient de finaliser une nouvelle levée de fonds -sa troisième- d'un montant de 12 millions d'euros. Le fonds d'investissement de BNP Paribas rejoint les investisseurs historiques de la société (Banexi Ventures, Orkos Capital et Sigma Gestion), pour lui permettre d'accélérer son développement à l'international et d'intensifier sa R&D. "Après l'ouverture d'un bureau à Londres et des acquisitions en Allemagne, en Chine et à Singapour en 2015, notre ambition est de devenir le leader du marché", affirme Hervé Simonin, co-fondateur et dirigeant de la startup.

De Ségolène Royal aux grands comptes du CAC 40

Créée en 2006 par quatre jeunes ingénieurs de l'Université de technologie de Compiègne (UTC), Linkfluence se veut le spécialiste français de la "social data intelligence". Ce terme désigne l'analyse des commentaires des internautes disséminés sur la Toile, des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram et Twitter aux sites des médias, en passant par les traditionnels blogs et forums de discussion. Ces précieuses données permettent ensuite aux entreprises de mieux comprendre les attentes de leurs clients, d'identifier leurs influenceurs, d'ajuster leur communication et de mieux maîtriser leur e-réputation, cruciale à l'heure où tous les secteurs de l'économie sont confrontés à leur transformation digitale.

Le premier coup d'éclat de Linkfluence date d'avant même la création de l'entreprise. En 2005, alors que tous les sondages donnent le "oui" gagnant au référendum sur le projet de constitution européenne, les quatre ingénieurs, alors étudiants, prédisent la victoire du "non" en analysant les commentaires des internautes sur les blogs, les forums et les sites des médias. Persuadés de tenir quelque chose et constatant l'essor rapide des réseaux sociaux, ils lancent leur société dès qu'ils quittent les bancs de l'école.

Une fois n'est pas coutume, les politiques perçoivent l'intérêt de ce type de "big data" avant les entreprises. Dans un marché pas encore mature, le premier client de Linkfluence est le Service d'information du Premier ministre (SIG), dirigé alors par Dominique de Villepin. Ségolène Royal, la candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007, les sollicite dans la foulée pour sa campagne.

Un marché concurrentiel mais en pleine expansion

Depuis, "l'œil du web" connaît une croissance à deux chiffres, de plus de 50% chaque année. Sa solution Radarly, un logiciel vendu en Saas, analyse 150 millions de publications par jour en temps réel. La société compte aujourd'hui plus de 200 employés en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Chine et à Singapour, ainsi que plus de 300 clients, dont des grands comptes comme Danone, Sanofi, Orange ou encore McDonald's.

Désormais, l'enjeu est d'accélérer dans un marché hyper-concurrentiel. De Salesforce à Sysomos, en passant par Brandwatch, Oracle, Microsoft ou encore Synthesio, les concurrents sont légion et agissent vite, d'autant plus que le développement des outils de big data, d'intelligence artificielle et de machine learning imposent une perpétuelle remise à niveau technologique. Logiquement, une partie des 12 millions d'euros servira à muscler la R&D de l'entreprise pour améliorer sans cesse la pertinence du logiciel.

L'autre partie des fonds servira à poursuivre l'expansion à l'international. Depuis deux ans, la pépite française se déploie en Europe, à la suite d'une levée de fonds 3,5 millions d'euros en 2014 et de 3 millions d'euros en 2013. Désormais, elle met le cap sur l'Asie. Lauréate du Pass French Tech, Linkfluence vient de faire le voyage jusqu'à Pékin pour représenter la French Tech au G20 des Entrepreneurs. Cela tombe bien, l'un des piliers de sa stratégie est justement de s'implanter sur l'immense marché asiatique. Une ambition actée depuis le rachat de la startup chinoise ActSocial, en octobre 2015, après avoir racheté l'allemand Die Medialysten en juillet de la même année.

Bonne nouvelle : si le marché est déjà embouteillé, il reste aussi en pleine croissance. Selon MarketsandMarkets, le business de la "social media intelligence" représentera 5,4 milliards de dollars en 2020, avec un rythme de croissance de 27,6% par an en moyenne de 2015 à 2020. Reste à savoir si cette stratégie permettra à Linkfluence d'en récupérer une bonne part.

Sylvain Rolland

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Commentaire 1
à écrit le 10/10/2016 à 15:53
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Rien de bien foufou, après c'est sûr qu'il y a de l'argent à ce faire sur ce marché mais sinon n'importe qui peut scruter un échantillon via Neo4j en prenant sur twt, fb etc... Et Neo4j n'est qu'un exemple, de la prog sous python ou en prog R. ...

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