La startup de la semaine : l'appli NomadPlay adapte le karaoké à la musique classique

Le violoniste Renaud Capuçon lors de la soirée de lancement de l'application NomadPlay à l'Opéra Comique, le 24 janvier 2020.
Manon Thore - Nothorma

Le violoniste Renaud Capuçon lors de la soirée de lancement de l'application NomadPlay à l'Opéra Comique, le 24 janvier 2020.
Manon Thore - Nothorma
Apprendre Mozart et Beethoven avec l'interprétation de ses orchestres préférés, tout en jouant sa propre partie... C'est l'idée de NomadPlay, application spécialisée dans la musique classique, développée par la startup Digital Music Solutions. Sa particularité : à l'image d'un karaoké, les musiciens peuvent choisir des œuvres dans un catalogue et effacer la piste de leur instrument pour avoir la sensation de jouer avec l'orchestre.
Violon, flûte, caisse claire... Pour l'interprétation du Boléro de Ravel par l'orchestre philharmonique de Strasbourg par exemple, il est possible de choisir son instrument parmi une vingtaine de pupitres. L'application a également une vocation pédagogique : elle permet d'accéder aux partitions -avec la possibilité de les annoter- de varier le tempo, de répéter en boucle une section, ou encore de télécharger les morceaux pour pouvoir les travailler hors-ligne. Lancée officiellement en janvier, NomadPlay est disponible sur smartphone (iOS et Android) et sur ordinateur.
L'algorithme permettant d'isoler chaque piste d'instrument a nécessité 5 ans de recherche et développement en interne. En fonction de leur instrument et de leur niveau d'expérience, les musiciens peuvent faire leur choix parmi un catalogue de 550 œuvres. "Il y en aura 1.200 d'ici fin 2020", avance Clothilde Chalot.
Pour étoffer son offre, l'application mise sur des productions réalisées par NoMadMusic, son label de musique classique lancé dès la création de la startup en 2014. Elle travaille également avec des producteurs indépendants. "Nous avons plus de 100 musiciens et orchestres partenaires, comme l'orchestre national d'Île-de-France ou encore l'orchestre philharmonique Royal de Liège", illustre la cofondatrice. Ce qui permet aussi de travailler sur l'interprétation, puisque certaines œuvres sont proposées en différentes versions.
Conséquence : les musiciens ne jouent pas par dessus de simples bandes numériques de synthétiseur. "Notre objectif est de faire jouer nos utilisateurs avec de vrais musiciens reconnus sur des enregistrements professionnels. Grâce au numérique, nous voulons que NomadPlay créé des liens avec le spectacle vivant", explique l'entrepreneuse de 39 ans, qui est passée par l'Opéra de Paris, l'Opéra de Rouen ou encore la Maison de la musique de Nanterre, au cours de sa carrière d'administratrice.
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La startup parisienne, qui propose 3 niveaux de difficulté, cible à la fois les musiciens débutants, de niveau intermédiaire et les plus expérimentés. Gratuite au téléchargement, l'application permet d'acheter des morceaux à l'unité, entre 2,99 à 19,99 euros, "en fonction de la longueur des œuvres", souligne la cofondatrice. Un abonnement illimité est disponible en offre de lancement à 9,99 euros par mois. Si la startup ne communique pas le prix définitif, celui-ci devrait s'inscrire dans une fourchette "entre 10 à 15 euros".
Encore en phase de lancement, NomadPlay revendique 5.500 utilisateurs pour une centaine d'abonnés. Pour se développer, la jeune pousse mise également sur l'international. Elle attaque le marché européen dès cette année, avec un lancement officiel en Allemagne courant mars. Elle espère à terme réussir à s'implanter en Asie notamment.
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L'application est déjà disponible en cinq langues - dont l'anglais, le coréen et le japonais. Pour se développer, la startup de 10 employés a levé en janvier 4,2 millions d'euros. Le tour de table a été mené par le Crédit Mutuel innovation et, en second lieu, la Banque des territoires. Le violoniste Renaud Capuçon a également mis au pot. Digital Music Solutions, qui n'est pas encore rentable, revendique un chiffre d'affaires de 300.000 euros pour l'année 2019.