La pépite française espère construire le premier ordinateur quantique tolérant aux erreurs d’ici à 2030.Cinq ans après son lancement par deux chercheurs de l'ENS Lyon et de l'ENS Paris, Théau Peronnin et Raphaël Lescanne, Alice & Bob annonce avoir levé 100 millions d'euros, afin de poursuivre sa route vers la construction du premier ordinateur quantique « vraiment utile » qu'elle espère atteindre d'ici à 2030.
Là où l'informatique conventionnelle repose sur le bit, unité élémentaire d'information qui ne peut prendre que deux valeurs bien distinctes, le 0 ou le 1, l'informatique quantique repose sur le qubit. Celui-ci peut, grâce aux propriétés de la physique quantique, prendre simultanément les deux valeurs - 0 et 1 -, ce qui permet de décupler la puissance de calcul.
Approche «tolérante aux erreurs»
Si l'ordinateur quantique représente théoriquement un changement de paradigme, il présente un défaut majeur que tentent de corriger les entreprises lancées dans la course : un taux d'erreur très important qui s'insère dans les calculs, et qui sont de deux types, les bit-flips ou les phase-flips, là où un ordinateur classique ne peut en commettre qu'une seule (échanger un 0 et un 1).
Là où les concurrents d'Alice & Bob tentent de contourner le problème en empilant un grand nombre de qubits afin de corriger statistiquement les erreurs, Alice & Bob a adopté une approche de l'informatique quantique « tolérante aux erreurs ». Celle-ci repose sur la construction d'un « qubit de chat », en référence au fameux chat de Schrödinger qui se trouve être simultanément mort et vivant, tant qu'il se trouve caché dans sa boîte. Ce qubit de chat est résistant à l'un des deux types d'erreur, les bit-flips, ce qui permet donc de tolérer les erreurs qui subsistent.