Pour traquer le parcours client, la startup Bubbles mise sur la gamification des publicités

BUBBLES
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Tout commence avec un simple jeu. Sur smartphone, via des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, vous êtes appâtés par une publicité, à la façon d'une loterie numérique. "Vous avez une chance sur X de partir de tel magasin sans payer lors de vos prochaines courses", résume Christophe Vattier, Pdg et fondateur de Bubbles, startup spécialisée dans le marketing de proximité.
A l'heure où le e-commerce ne cesse de grandir, les commerçants sont friands de campagnes publicitaires ciblées grâce à la géolocalisation pour attirer en magasins les acheteurs potentiels, et donc, augmenter leur chiffre d'affaires. Contrairement aux startups concurrentes spécialisées dans l'analyse du parcours client, Bubbles garantit un passage en caisse - et non une simple visite en magasin - car les chalands doivent d'abord régler la note pour découvrir lors du passage en caisse s'ils ont remporté le gros lot.
Selon les chiffres communiqués par Bubbles, seulement un tiers des acheteurs potentiels exposé à de la publicité partent sans jouer et 12 à 30% des joueurs achètent ensuite en magasin. La jeune pousse parisienne, qui revendique un chiffre d'affaires supérieur à 1 million d'euros en 2018, table sur une rentabilité au cours du premier semestre 2019.
Proposant des campagnes publicitaires de gamification depuis moins d'un an, elle revendique "une quarantaine de clients", principalement dans la grande distribution alimentaire (Auchan, Leader Price, Leclerc...) et la beauté/mode (Naf Naf, Printemps, Lacoste...). Bubbles se rémunère à l'opération - qui va du type de publicité proposée, à la conception des jeux en passant par la récolte des données, l'interface avec les caisses et la restitution des infos en temps réel dans un back office. Une campagne peut aller de "quelques centaines d'euros à quelques milliers d'euros selon la taille du magasin", selon Christophe Vattier.
Lancé en 2014, Bubbles proposait initialement des chargeurs de smartphones en forme de bulle (d'où la startup tire son nom) à destination des professionnels - comme les magasins, les bars... Les utilisateurs de smartphones en vadrouille pouvaient alors trouver les bornes de recharge disponibles via une application pour s'y rendre. Suite à de nombreux problèmes technologiques, Bubbles décide de pivoter en 2016 et de se concentrer sur une nouvelle offre de service. Son activité de chargeurs est actuellement en "phase finale de cession pour février ou mars", estime Christophe Vattier. La jeune pousse envisage d'ailleurs de changer de nom courant 2019.
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L'obtention de data est cruciale pour permettre au commerçant de maintenir le lien avec l'acheteur potentiel, une fois capté par le biais du jeu. "Entre 6 à 7 personnes sur 10 donnent des vraies données (nom, prénom, mail, téléphone portable) pour être recontactées", chiffre le fondateur de Bubbles. Un chiffre élevé qui s'explique, selon lui, par un biais cognitif : comme avec le Loto, les perdants espèrent toujours rafler la mise une prochaine fois.
Ces recherches permettent aussi de justifier, selon lui, une hausse du panier moyen. Avec l'espoir de se faire rembourser ses courses, l'acheteur charge davantage son panier. Dans le secteur de la grande distribution, Bubbles revendique une "hausse du panier moyen de 80%, contre 30 à 40% dans le secteur beauté/mode", selon Christophe Vattier.
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Depuis sa création, Bubbles a levé 5,5 millions d'euros auprès de business angels, tels que Franck Le Ouay (co-fondateur de Criteo) ou encore Didier Quillot (ancien directeur général Orange France). La startup emploie actuellement 25 employés - dont 15 à Paris. Bubbles dispose également d'un bureau au Canada depuis deux ans et demi et d'un centre de développement en Pologne. Nouvelle étape : l'Asie, où la société vient d'ouvrir en janvier un bureau au Vietnam.