Startups : le français JobTeaser, champion du recrutement des jeunes, lève 15 millions d’euros

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Pour son deuxième tour de table, JobTeaser lève 15 millions d'euros auprès des fonds Alven Capital, Idenvest Partners et Korelya Capital.
Pour son deuxième tour de table, JobTeaser lève 15 millions d'euros auprès des fonds Alven Capital, Idenvest Partners et Korelya Capital. (Crédits : Capture d'écran/ JobTeaser)
La plateforme spécialisée dans l'insertion des jeunes sur le marché du travail lève 15 millions d'euros pour accélérer à l'international et devenir leader européen de son marché.

Les plateformes d'aide à l'insertion sur le marché du travail ont la cote. Après Talent.io et EasyRecrue, qui ont chacun levé 8 millions d'euros cette semaine, JobTeaser se joint au club ce mardi 16 mai. La startup parisienne fait même mieux: pour son deuxième tour de table, elle lève 15 millions d'euros auprès des fonds Alven Capital, Idenvest Partners et Korelya Capital, ce dernier étant plus connu pour être dirigé par l'ancienne ministre Fleur Pellerin.

Un pied dans les écoles, l'autre dans les grands groupes à l'affût de talents

Créé en 2008, JobTeaser doit son succès à un positionnement malin, trouvé à la suite d'un "pivot" en 2013: un pied dans les universités et les grandes écoles, un autre dans les entreprises. Leader en France avec plus de 1.000 entreprises clientes, la startup a commencé par travailler son réseau d'écoles, en distribuant sa plateforme d'offres d'emploi en marque blanche sur l'intranet des établissements.

Fondé par des anciens de Polytechnique et de l'Essec, JobTeaser emploie aujourd'hui 90 personnes et est utilisé par plus de 200 écoles et universités, dont Polytechnique, l'Essec, HEC ou encore Epitech. De quoi permettre à ses clients, notamment 90% des groupes du CAC 40, d'adresser efficacement leurs futures recrues, à l'aide d'outils (y compris vidéos) leur permettant de mieux se présenter et de faire part de leurs besoins de manière attractive. Renault, Amazon France, EY, Allianz, ATKearney, Carrefour ou encore L'Oréal font partie des clients.

Une centaine de recrutements d'ici à 2019

Désormais, il est temps d'accélérer. Après une première levée de fonds de 3 millions d'euros en 2015 auprès de Seventure Partners, JobTeaser vise d'abord le marché européen, puis le reste du monde. Ce deuxième tour de table, qui se situe dans la fourchette haute des Séries B en France, lui permettra d'accélérer son internationalisation, en s'installant simultanément dans plusieurs pays européens. Avec un objectif ambitieux: recruter plus de 1.000 nouveaux clients d'ici la fin de l'année, pour doubler son chiffre d'affaires.

"Dans un contexte où les entreprises recrutent de plus en plus au niveau mondial et où la mobilité des talents est de plus en plus forte, il nous semble évident que JobTeaser a un potentiel de développement à l'international immense", estime Adrien Ledoux, le cofondateur et Pdg de JobTeaser.

Du côté des nouveaux investisseurs, Delphine Villuendas, partner chez Korelya Capital, a été séduite par l'originalité de l'approche.

"Le marché du recrutement des jeunes talents est un vrai sujet pour les grands groupes, qui font face à l'intérêt croissant des jeunes diplômés pour les startups. Mais ce marché était jusqu'à présent mal adressé. En leur permettant de poster une offre d'emploi unique qui se retrouve dans toutes les écoles cibles, JobTeaser dispose d'une approche intelligente et créatrice de valeur, qui peut se dupliquer sans problème sur d'autres marchés", estime l'investisseuse.

De nombreuses données à exploiter... plus tard

Même si son modèle économique, quasiment rentable, s'appuie aujourd'hui sur la mise en relation entre les entreprises et leurs futures recrues dans l'enseignement supérieur, JobTeaser est assis sur un véritable trésor de guerre, que la startup n'exploite pas encore: les données de ses utilisateurs.

Puisque la startup est utilisée par la quasi-totalité des établissements supérieurs du pays, elle possède, de fait, des données précieuses sur leurs étudiants, ainsi que sur les entreprises qui les recrutent. Si l'entreprise réussit son implantation européenne, elle disposera ainsi d'une connaissance "inestimable", selon Delphine Villuendas, sur le marché de l'insertion professionnelle... qu'elle pourra à loisir, si elle le souhaite, monétiser, et ainsi s'assurer de relais de croissance.

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