Téléconsultation : première consolidation avec le rachat de Docadom par Medadom

Medadom propose des téléconsultations en pharmacie. Le patient dispose d'objets connectés comme cet otoscope pour aider le diagnostic du docteur.
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Medadom propose des téléconsultations en pharmacie. Le patient dispose d'objets connectés comme cet otoscope pour aider le diagnostic du docteur.
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Premiers mouvements dans la e-santé, et notamment dans la téléconsultation à distance. D'après nos informations, la startup Medadom a finalisé, début août, le rachat de son concurrent Docadom. Lancés tous les deux en 2017, Medadom et Docadom proposent, via un site et une application, de commander un médecin à domicile comme on commande un Uber. Grâce à la géolocalisation, le médecin arrive en moins de deux heures. Pratique pour les dimanches, les jours fériés, ou lorsqu'il n'y a plus de place disponible dans la journée au cabinet médical du coin.
Mais depuis début 2019, Medadom a pivoté son activité et mise désormais sur la téléconsultation médicale, c'est-à-dire la possibilité d'effectuer une consultation à distance, par smartphone ou tablette interposés. A la fois parce que l'usage de la consultation à domicile ne décolle pas (trop cher et concurrence de SOS Médecins), mais aussi car l'Etat soutient officiellement le déploiement de la téléconsultation et de la télé-expertise partout en France, et a même modifié sa réglementation au 1er janvier 2019 pour inciter au développement de cette branche de la e-santé, remboursée par la Sécurité Sociale.
Pour profiter de l'aubaine, Medadom s'est tourné vers la croissance externe. "Le rachat de Docadom nous permet de profiter de leur image de marque tout en enrichissant notre catalogue de médecins disponibles, pour devenir la référence du secteur et pouvoir répondre à une demande croissante", explique Nathaniel Bern, directeur technique et cofondateur de Medadom avec Charles Mimouni, Elie Dan Mimouni et Alexandre Bellage.
La startup part de loin. Pour l'instant, le service n'est disponible qu'à Paris et en Ile-de-France, et reste très marginal dans les usages : à peine "quelques centaines" de consultations par jour. Mais Nathanael Bern est persuadé que l'usage va faire mouche.
Pour l'instant, les personnes cibles sont surtout les patients qui n'ont pas de médecin traitant et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas attendre des heures en appelant SOS Médecins ou le médecin de garde. La consultation coûte 25 euros, soit autant qu'une consultation conventionnée secteur 1 dans un cabinet médical, mais le patient paie au maximum 7,50 euros directement de sa poche, le reste étant pris en charge par la Sécurité Sociale. Plus de 150 médecins sont inscrits sur la plateforme, dont une trentaine y travaillent en permanence.
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Quid de la concurrence de Doctolib, champion incontesté de la e-santé en France? "Nous sommes sur des créneaux différents car Doctolib propose de prendre un rendez-vous de téléconsultation avec son médecin traitant, tandis que nous sommes davantage sur l'urgence avec la possibilité d'obtenir un créneau très rapidement", nuance Nathanael Bern.
Pour pousser le grand public à adopter la téléconsultation, Medadom mise aussi sur les pharmacies. La startup y installe des bornes de téléconsultations, équipées d'objets connectés pour faciliter le diagnostic du médecin à distance : un stéthoscope, otoscope, un dermatoscope et un tensiomètre dotés de capteurs sont mis à disposition du patient pour donner des informations précises au praticien.
"Le gouvernement encourage les pharmacies à se doter d'un local orthopédique et d'un local de vaccination. Généralement, on installe la borne de téléconsultation dans le local orthopédique", précise Nathanael Bern. Les pharmacies qui s'équipent touchent une subvention et une rémunération pour chaque exercice de téléconsultation. Elles reçoivent en plus l'ordonnance du médecin, ce qui leur permet de fidéliser la clientèle.
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Pour Medadom, la téléconsultation en pharmacie est le meilleur moyen de populariser cette nouvelle pratique. D'autant plus qu'elle constitue une réponse intéressante à la problématique des déserts médicaux. Une trentaine de pharmacies, toutes à Paris, sont déjà intégrées au dispositif. Medadom espère gonfler ce chiffre à 200 en Ile-de-France d'ici à la fin de l'année 2019, puis 2000 fin 2020 dans toute la France.
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