Doctolib déploie la téléconsultation chez les médecins

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L'arrivée de Doctolib pourrait donner un coup d'accélérateur au déploiement de la télémédecine
L'arrivée de Doctolib pourrait donner un coup d'accélérateur au déploiement de la télémédecine (Crédits : iStock)
Le spécialiste de la prise de rendez-vous médicaux en ligne annonce ce dimanche 13 janvier le début du déploiement de son outil de téléconsultation en ligne chez les praticiens.

Suite à l'ouverture de la téléconsultation au remboursement par la Sécurité sociale sous certaines conditions, cette pratique, jusqu'à présent réservée à une clientèle particulière telle que les expatriés, pourrait se développer rapidement. Le remboursement de la téléconsultation est possible lorsque le praticien connaît déjà personnellement son patient, mais ce principe peut être contourné si le patient n'a pas de médecin traitant, ou si son médecin traitant n'est pas disponible.

L'arrivée sur ce marché de Doctolib, qui a racheté mi-2018 son principal concurrent MonDocteur, et des 70.000 professionnels de santé qui utilisent son service de prise de rendez-vous en ligne, va changer la donne.

Les médecins disposent désormais d'un outil vidéo sécurisé pour dialoguer avec leurs patients, obtenir un télépaiement, et envoyer l'ordonnance par mail. Le tout au prix de 79 euros par mois.

Pour en bénéficier, les patients doivent être équipés d'un smartphone, le seul appareil compatible avec la téléconsultation Doctolib.

Premiers retours très positifs

Julien Méraud, le directeur de la stratégie de Doctolib, a précisé à l'AFP "Pour l'instant, nous installons ce service plutôt pour les généralistes et plutôt en Ile-de-France, mais nous couvrirons l'ensemble de la France" et les spécialistes "d'ici quelques mois".

Il a également annoncé que  l'application était déjà utilisée depuis la fin de l'année dernière par une centaine de médecins, avec des retours très positifs, aussi bien du côté des praticiens que des patients.

La téléconsultation apporte "de la souplesse" au médecin pour organiser ses rapports avec ses patients, notamment en permettant des consultations depuis son propre domicile, ou encore de se faire rémunérer pour certaines activités de suivi des patients qu'il fait aujourd'hui par téléphone, a-t-il ajouté.

Outre Doctolib, d'autres acteurs ont commencé à s'implanter. C'est notamment le cas de Docavenue, filiale de télémédecine du groupe de logiciels médicaux Cegedim, dont "quelques centaines de médecins utilisent déjà notre solution", comme l'a déclaré à l'AFP son patron, Arnault Billy, précisant que l'outil intéresse tous les médecins, pas seulement les férus de nouvelles technologies.

Certains médecins envisageraient par exemple d'utiliser la téléconsultation dans le cadre d'une pré-retraite, afin de réduire progressivement leur temps de travail en cabinet.

Praticiens encore réticents

Des start-up,  qui recrutent des médecins libéraux travaillant pour elles à temps partiel, se positionnent comme de véritables "centres de santé en ligne".

C'est ce que font Qare, soutenu par l'assureur Axa, de MesDocteurs, liés au groupe mutualiste VYV ou encore Livi, filiale française du Suédois Kry, déjà implanté notamment sur les marchés suédois, norvégien et britannique.

Maxime Cauterman, directeur médical de la start-up Livi, qui s'appuie sur une quarantaine de médecins  révèle que "Depuis le 15 septembre, on a fait 8.000 téléconsultations vidéo avec un taux de satisfaction colossal".

La Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) prévoit de réaliser en mars prochain un premier bilan chiffré à six mois du nombre de téléconsultations facturées à l'assurance maladie.

Estimant que seulement "30 à 40%" des praticiens se montrent a priori favorables à cette nouvelle matière d'exercer, Mickaël Chaleuil, président de l'association "Agir pour la télémédecine" estime que le développement des téléconsultations est encore trop lent et souligne "de grosses réticences chez les médecins qu'il va falloir lever". Il souligne le besoin d'un "gros travail d'accompagnement et de sensibilisation des professionnels de santé".

Soucieux de combattre "toute tentative d'ubérisation" de la santé, l'Ordre des médecins surveille de près le développement de la télémédecine par e nouveaux acteurs.

Dans ses prévisions budgétaires 2018, le gouvernement prévoit 500.000 actes de téléconsultation en 2019, 1 million en 2020 puis 1,3 million en 2021.

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Commentaires
a écrit le 14/01/2019 à 17:47 :
Économies de déplacements, fini le stress dans la salle d'attente du cabinet, connexion directe avec le praticien sur rendez-vous tenu ?

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