Libre comme l'air avec un drone gonflable
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Olivier Manette pourrait reprendre à son compte la phrase de Pablo Picasso : « J'ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant »... De fait, le fondateur de la société Celeste Airships, lancée en février 2023 à Sainte-Menehould (Marne), souhaitait « quelque chose de très simple », dit-il, pour le drone auquel il réfléchissait depuis des années. Il le voulait le plus léger possible, pour gagner en portance, et le plus robuste possible, pour pouvoir assumer une charge utile élevée. Sans oublier que l'engin devait pouvoir voler longtemps, rester manœuvrable en toutes circonstances et bien sûr, respecter l'environnement. « L'idée a donc été d'alléger l'appareil avec une structure gonflable, simple, comme un sac gonflé à l'air plutôt qu'à l'hélium, puisque l'air peut être pris et rejeté sans problème alors que l'hélium est un gaz extrait du sous-sol et qui n'est pas gratuit comme l'air. Enfin, le fait d'alléger la structure fait qu'elle a besoin de moins d'énergie pour rester en l'air », décrit-il. Olivier Manette s'est entouré de plusieurs sociétés d'ingénierie pour mettre au point un prototype. Le premier drone gonflable est fonctionnel depuis la fin 2024.
Il ne reste plus qu'aux clients potentiels à le tester. Ils devraient être nombreux. Les cas d'usage, industriels, écologiques, sociétaux, de défense, aussi, sont en effet variés : ils vont de la surveillance d'infrastructures (routes, rails, câbles et pylônes électriques, plateformes pétrolières...) à celle des forêts pour détecter les premiers signes d'incendie, en passant par l'exploration et la sécurité - en montagne, en mer, aux frontières, etc. - et enfin, les transports, à la place des petits avions ou des hélicoptères, très énergivores, ou des futurs taxis volants... « Nous avons déjà eu quelques marques d'intérêt », se félicite Olivier Manette. La commercialisation interviendra une fois de solides essais réalisés, mais déjà, les difficultés réglementaires ont été aplanies.
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A cet égard, le programme Propulse, de l'Agence de l'innovation pour les transports (AIT), dont Celeste Airships a été lauréat en 2024, est d'une importance capitale. « Les discussions avec les spécialistes du ministère des Transports dévolus à ce programme d'accompagnement des innovations dans les transports m'ont permis de bien comprendre quelles étaient les attentes des pouvoirs publics et en particulier de la sécurité civile », dit-il. Faire partie du club des lauréats Propulse lui a d'ailleurs ouvert des portes. « J'ai eu très vite des rendez-vous avec différents responsables », témoigne-t-il. Les réglementations en matière de sécurité pour les engins volants sont forcément exigeantes et complexes, tant au niveau français qu'européen. Non seulement cette compréhension fine est un avantage pour le développement et la commercialisation des futurs drones gonflables, mais en plus, « j'ai pu, au-delà de la durée de vol élevée et du transport de charges utiles sur de longues distances, mettre en avant d'autres arguments dont j'avais peu conscience, comme la sécurité, puisque, contrairement à un dirigeable, en cas de panne moteur, le drone gonflable reste toujours contrôlable et il peut se poser où l'on veut », souligne le fondateur de Celeste Airships. Autre avantage de Propulse, des invitations à des salons, pour exposer le projet ou le prototype, et des mises en relation. « Ce carnet d'adresses est inestimable, s'exclame ainsi Olivier Manette. Lorsque je contacterai ces professionnels - des clients potentiels -, je suis certain que le taux de réponse sera élevé. » Aujourd'hui, alors qu'il a obtenu les autorisations de vol, « en six mois seulement », dit-il, il lui faut « valider la technique et engranger de l'expérience avec des essais. » Puis, ce sera l'offensive commerciale, en France, mais aussi à l'international. L'Europe, évidemment, mais aussi, par exemple, le Brésil, où Olivier Manette a déjà des contacts. Des efforts qui devront être financés par une levée de fonds déjà prévue à 3 millions d'euros. Pour l'heure, l'inventeur du drone gonflable, également chercheur en intelligence artificielle, savoure ses premiers succès. « A terme, IA et drone seront complémentaires », ajoute-t-il. De quoi donner lieu à de nouvelles innovations - pour cet esprit libre comme l'air.
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