Comment les opérateurs veulent empêcher Apple de les contourner

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Les plus grands opérateurs mondiaux de la téléphonie mobile ont décidé de s'associer pour mettre au point une nouvelle carte SIM et couper ainsi l'herbe sous le pied aux projets d'Apple.

La riposte n'a pas tardé à venir. Trois semaines à peine après la révélation du projet secret d'Apple de fondre au coeur de ses iPhones la carte SIM, tous les plus grands opérateurs de téléphonie mobile de la planète s'associent pour tenter de mettre sur pied une solution concurrente. Réunis dans la GSM Association, AT&T, China Mobile, Vodafone ou bien encore Orange, vont tout d'abord procéder à une analyse du marché jusqu'en janvier 2011. La solution, que la GSMA souhaite standardisée mais ouverte, pourrait être proposée au marché dès 2012. Les fabricants de cartes SIM sont associés à ce travail.

Derrière ces aspects techniques, c'est tout l'écosystème des télécoms qui est en jeu. Aujourd'hui, la carte SIM, qui est activée par l'opérateur lorsqu'un client s'abonne à ses services, permet d'identifier la personne qui utilise le réseau de téléphonie, d'authentifier la communication et donc de la facturer. D'où l'acronyme SIM, pour Subscriber Identity Module (module d'identification de l'abonné). Du coup, si la carte SIM est directement intégrée dans le téléphone dès sa fabrication, sous forme d'une puce voir d'un logiciel embarqué, l'opérateur perd ce précieux lien avec le client. En théorie, suivant la technologie retenue, l'abonné pourrait ainsi plus facilement passer d'un réseau à un autre et donc changer d'opérateur. D'où la volonté des adhérents de la GSMA de définir un standard à leur main.

Moins indispensable

Cette idée de la carte SIM embarquée ou logicielle n'est pas nouvelle. Intel, le premier fabricant mondial de processeurs, y réfléchit depuis des années tout comme le britannique ARM, qui dessine l'architecture des puces électroniques. Les fabricants de cartes à puce, les français Gemalto (qui travaille avec Apple) et Oberthur Technologies, développent eux aussi des solutions susceptibles de remplacer progressivement la carte SIM. Car si cette petite carte à puce avait une réelle utilité sur les anciennes technologies de téléphonie mobile (GSM), elle devient moins indispensable avec l'arrivée des nouvelles normes (IP) et la multiplication des points alternatifs de connection des téléphones mobiles, le wifi par exemple qui se passe de la carte SIM.

Pour certains observateurs, la carte SIM a même ralenti le déploiement de nouveaux services, comme le paiement sur mobile, les opérateurs ne voulant pas partager la carte avec les banques. D'ailleurs, en voulant prendra la possession de la carte SIM, Apple viserait clairement le marché bancaire. Ses iPhones deviendraient alors plus facilement un moyen sécurisé de paiement électronique.

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