Netflix met un coup d'arrêt à son expansion internationale

 |   |  709  mots
DR.
DR. (Crédits : DR)
Le site américain de vidéo à la demande par abonnement, qui s'est lancé la semaine dernière en Europe du Nord, veut d'abord réduire ses pertes. Netflix a aussi engrangé moins de nouveaux abonnés que prévu aux Etats-Unis. Résultat: l'action s'effondre de 16% ce mercredi sur le Nasdaq.

Canal Plus et les fournisseurs d'accès à Internet qui craignaient pour leurs recettes de vidéo à la demande peuvent souffler de soulagement. Netflix ne devrait pas faire son entrée sur le marché français avant plusieurs mois. Le site américain de vidéo à la demande par abonnement vient d'annoncer qu'il allait faire une pause dans son expansion internationale, après son lancement la semaine passée dans quatre pays nordiques. Les pertes se sont creusées à l'étranger et la croissance du nombre d'abonnés n'est pas aussi rapide qu'espéré, en particulier en Amérique latine. La société californienne, qui a également engrangé moins de nouveaux clients que prévu aux Etats-Unis, a abaissé ses prévisions annuelles. Résultat: l'action s'effondre de 16% ce mercredi à l'ouverture du Nasdaq.

Le marché britannique cher et compétitif avec Sky et Amazon
L'ex-chouchoute de Wall Street n'a dégagé que 30,3 millions de dollars de résultat opérationnel (divisé par dix) et 9,25 millions de bénéfice net sur neuf mois (soit 20 fois moins que l'an dernier), pour un chiffre d'affaires consolidé de 2,66 milliards (voir le communiqué des résultats). En cause, les pertes de l'international, qui se sont creusées à 284 millions de dollars à fin septembre, soit plus que les profits générés dans le streaming sur son marché domestique. Heureusement, la location de DVD, en déclin, continue de rapporter de confortables marges (48,2%). Sur le seul troisième trimestre, à l'international, Netflix a perdu 92 millions de dollars pour 78 millions de chiffre d'affaires et 4,31 millions d'abonnés. Seul le Canada, lancé il y a deux ans, est rentable. Le Royaume-Uni, où il a engrangé 1 million d'abonnés en sept mois, «est un marché où les contenus sont chers du fait de la concurrence de Sky et LoveFilm d'Amazon» et prendra «sensiblement plus de temps que le Canada pour atteindre la profitabilité», reconnaît Netflix. En Amérique latine aussi, le point mort sera plus long que prévu à atteindre, car le site se trouve confronté à la réticence des foyers à payer en ligne. «Une fois que nous aurons significativement réduit nos pertes à l'international, et que Netflix sera solidement profitable de manière globale, nous lancerons la prochaine vague d'expansion internationale», explique la société de Los Gatos. Elle sera même déficitaire au quatrième trimestre au niveau consolidé (de l'ordre de 13 millions de dollars), du fait des pertes de démarrage en Scandinavie, puis les pertes devraient ensuite se réduire progressivement.

Concurrence de HBO, Amazon et Hulu aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis aussi, tout ne se passe pas exactement comme espéré. Netflix n'a conquis «que» 1,16 million d'abonnés de plus au troisième trimestre, portant le total à 25,10 millions, 300.000 de moins qu'attendu par les analystes, et a revu en baisse son objectif annuel à 5,4 millions de nouveaux clients contre 7 millions, ce qui représente malgré tout une croissance de plus de 20% que la société juge très satisfaisante. «Dans un domaine aussi nouveau et dynamique que la vidéo sur Internet, il est difficile de faire des prévisions», a plaidé le co-fondateur et directeur général Reed Hastings. Netflix subit la concurrence de HBO Go, le service à la demande de la chaîne payante HBO, équivalent américain de Canal Plus, mais aussi d'Amazon avec son service Prime Instant et de Hulu (le site de NBC, Fox et Disney). Le site de streaming s'est repositionné sur les séries, qui représentent désormais les deux tiers des contenus visionnés. Les analystes continuent de s'inquiéter du business modèle de Netflix, en particulier des lourds engagements à l'égard des producteurs de contenus, qui sont stables mais pèsent 5 milliards de dollars, dont 2,1 milliards dus à une échéance de douze mois. «Si nous n'augmentons pas notre nombre d'abonnés aussi vite qu'en 2010, nous pensons que, avec le temps, presque tous les foyers américains auront du haut débit, presque toutes les vidéos seront sur Internet et notre potentiel sur le marché domestique reste 2 à 3 fois plus important que la chaîne HBO (linéaire)», affirme Netflix. Confiant, Reed Hastings martèle que «la TV sur Internet est l'avenir de la télévision et c'est nous qui conduisons ce changement.»
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :