App Store d'Apple, 5 ans de succès, et des questions de concurrence en suspens

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Apple célèbre ce mercredi les 5 ans de son App Store. L'Autorité de la concurrence française s'interroge sur les conditions notamment tarifaires imposées aux développeurs d'applications. Amazon pourra finalement utiliser le nom d'App Store, la firme à la pomme ayant abandonné les poursuites.

Joyeux anniversaire, Apple ! L'inventeur de l'iPhone célèbre ce mercredi les 5 ans de son App Store, son magasin d'applications, qui a fait décoller les usages de l'Internet mobile en proposant des milliers de mini-programmes, développés par d'autres acteurs, aux propriétaires de son smartphone sorti un an plus tôt. Plus de 50 milliards d'applis téléchargées en cumulé à la mi-mai (en excluant les mises à jour), soit 800 par seconde, plus de 10 milliards de dollars reversés aux développeurs, un succès indéniable.

Mais cet anniversaire est un peu assombri : d'une part, la firme à la pomme a dû se résoudre à laisser Amazon utiliser le terme général d'« app store » pour sa propre boutique en ligne d'applications mobiles destinés aux appareils sous Android, le grand rival du système d'exploitation, tels que sa tablette Kindle Fire. Apple vient de retirer sa plainte pour publicité mensongère et violation de marque contre le géant de l'e-commerce, dont le procès était prévu le 19 août. D'autre part, le groupe est sous le coup d'une enquête informelle de l'Autorité de la concurrence française qui s'inquiète des pratiques des magasins d'applications en général. A l'heure où l'App Store s'est fait rattraper par Google en nombre d'applications et en téléchargements (850.000 et 48 milliards pour l'ex-Android Market rebaptisé Google Play, mais pas encore en recettes).

Favoriser ses applications, imposer des tarifs, emprisonner le consommateur

Apple, dont la filiale française a été perquisitionnée par l'autorité le mois dernier dans le cadre d'une plainte d'un ancien distributeur qui a fait faillite, eBizcuss, n'est pas le seul visé : le gendarme de la concurrence regarde aussi la boutique de Google justement, celle de BlackBerry, etc. Le collectif FairSearch (Microsoft, Nokia etc) a d'ailleurs porté plainte en avril contre Google qu'il accuse de mener « une stratégie anticoncurrentielle pour dominer la place de marché mobile. » Mais l'on sait que la firme de Cupertino est critiquée pour les règles d'admission opaques et draconiennes de l'App Store. Pour Bruno Lasserre, le président de l'autorité qui dressait le bilan 2012 de l'institution ce mercredi, « il faut vérifier que le marché de la distribution d'applications mobiles est suffisamment concurrentiel » et notamment s'assurer que les entreprises, de plus en verticalement intégrées, et se livrant une concurrence en silo, « ne favorisent pas leurs propres applications, préinstallées ou référencées » et que leurs conditions tarifaires sont « objectives et non discriminatoires. »

Il s'agit en particulier des paliers tarifaires très contraignants imposés aux développeurs, qui peuvent s'avérer décourageants ou freiner le succès d'une application. L'an dernier, les éditeurs de presse avaient protesté contre la décision d'Apple de revoir à la hausse le prix de vente minimum des titres sur son App Store. En filigrane apparaît un autre problème, celui du risque pour le consommateur de se retrouver « emprisonné » dans un écosystème. La ministre à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, qui était montée au créneau lors de l'affaire de la suspension de l'application AppGratis, estime que le sujet se rattache à la neutralité du Net.

« Un sujet structurant pour la concurrence demain »

« Nous n'avons pas de réflexe anti-Apple ou anti-Google » s'est défendu Bruno Lasserre. « C'est un sujet très structurant, autour duquel va s'articuler la concurrence demain. C'est un marché en pleine ébullition, il ne faut pas agir trop tard » estime-t-il. Il faudra déterminer les marchés pertinents, s'il peut y avoir abus de position dominante dans la distribution au sein de chaque écosystème, etc. Interrogé sur l'enquête en cours à Bruxelles sur Google, le président du gendarme de la concurrence a dit avoir « le sentiment que le test de marché mené par la Commission européenne sera globalement négatif, que les engagements pris par Google ne sont pas suffisants pour les entreprises concernées. »

La Commission avait donné jusqu'à la fin mai aux différents acteurs pour transmettre leurs observations sur les « remèdes » proposés par le moteur de recherche pour résoudre les inquiétudes de Bruxelles et des 17 plaignants (dont Microsoft) sur ses pratiques commerciales (affichage plus lisible des services maison de Google dans les résultats de recherche pour éviter un traitement préférentiel etc). Mais sur les app stores, Bruxelles laisserait le gendarme français avancer "en pionnier" sur ce terrain encore vierge en matière d'anti-trust.

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