Apple : 25 milliards d'applications téléchargées

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Lancé en juillet 2008, l'App Store, le magasin en ligne de mini-logiciels pour iPhone et maintenant iPad, a passé le cap des 25 milliards de téléchargements (gratuits ou payants) samedi à 6h34 du matin. Analyse d'un succès phénoménal.

« Il y a une application pour ça ... et pour à peu près tout » se targue Apple dans ses publicités télévisées. Les propriétaires d'iPhone et d'iPad ont désormais plus de 700.000 mini-logiciels, de jeu, d'information, de productivité, à leur disposition sur l'App Store, la boutique en ligne de la firme à la pomme. Et ils en redemandent : Apple a annoncé samedi 3 mars que 25 milliards d'applications avaient été téléchargées dans le monde sur son App Store, qu'elles soient gratuites ou payantes. Trois ans et demi après avoir ouvert ce magasin d'applications, développées par des tiers pour son iPhone, Apple peut se flatter d'un succès phénoménal. Le groupe californien, qui a été le premier à ouvrir une telle boutique en ligne, même si de mini-logiciels existaient déjà pour d'autres téléphones, chez Nokia, a fait entrer le terme d'« appli » ou d'« app » dans le langage courant et tous ses concurrents se sont appliqués à le copier, impressionnés par l'engouement des utilisateurs : 10 millions de téléchargements la première semaine en juillet 2008 ! Seul l'Android Market de Google, en croissance exponentielle, est de taille à rivaliser, avec plus de 450.000 applications disponibles et le cap des 10 milliards de téléchargements franchi en décembre dernier. Le Marketplace de Windows Phone n'en a que 65.000 et BlackBerry App World à peu près autant.

De l'ordre de 1 à 2 milliards de dollars de recettes pour Apple
Le compte à rebours s'était mis en marche il y a quinze jours sur le site internet d'Apple, avec une carte cadeau de 10.000 dollars à la clé pour celui ou celle qui téléchargerait la 25 milliardième appli. De quoi s'offrir des applications à foison, sachant que télécharger les 100 payantes les plus populaires coûte 147 dollars, soit un prix moyen de 1,47 dollars l'unité, selon une récente du cabinet Canalys. Combien de dollars l'App Store a-t-il rapporté à la firme de Cupertino, qui perçoit une commission de 30% sur chaque application payante téléchargée ? Beaucoup moins que 25 milliards de dollars, malgré la base installée de l'ordre de 300 millions de propriétaires d'iPhone, d'iPad et d'iPod Touch : en juillet dernier, quand il avait passé le cap des 15 milliards de téléchargements,

Apple avait indiqué avoir reversé en cumulé 2,5 milliards de dollars aux développeurs, ce qui signifie que le groupe avait empoché de son côté 1,1 milliard. On approche peut-être 2 milliards aujourd'hui. Si certaines success stories ont permis à leurs créateurs de faire fortune (dans les jeux notamment comme Doodle Jump, Tap Tap Revenge), à l'échelle d'Apple c'est une toute petite ligne dans le compte de résultat du leader mondial des smartphones, qui a réalisé 46 milliards de dollars de chiffre d'affaires en un trimestre et est assis sur une montagne de 100 milliards de cash !

Un outil de fidélisation avant tout
Pourquoi si peu ? Tout simplement parce que si une part importante des applications disponibles sont payantes (les chiffres varient entre 63% et 30% selon les sources), les plus téléchargées en réalité sont gratuites, de l'ordre de 80% selon certaines estimations. Selon les experts d'iSuppli IHS, 96% des applis téléchargées en 2011, toutes plateformes confondues, étaient gratuites. Mais les propriétaires de téléphones sous Android téléchargent davantage d'applications gratuites, peut-être parce que les applis de la boutique de Google sont un peu plus chères, selon Canalys. Ainsi Apple a représenté 54% du chiffre d'affaires généré par les applications payantes en 2011 et pèsera 50% cette année, contre 25% pour Android, selon Strategy Analytics. Les stars de l'App Store sont Facebook, Skype, Google Earth, le jeu Angry Birds, dans sa version gratuite.

Car c'est désormais le modèle « freemium » - l'application « de base » est gratuite, puis il faut payer pour la version plus aboutie - qui s'impose, souvent sous la forme de l'achat intégré dans l'application (« in-app purchase »). « Comme très peu de consommateurs payent pour les apps, l'offre d'applications doit être vue comme un outil de fidélisation plutôt que comme une source de recettes » observe Paul Brown de Strategy Analytics.

Une plateforme préférée à Android par les développeurs,
Steve Jobs avait eu cette intuition. Les applications, développées à l'extérieur, devaient servir à personnaliser et enrichir les fonctions de son smartphone, au point de le rendre indispensable et de dissuader l'utilisateur d'aller voir ailleurs, sous peine de perdre tout son univers. Même si les développeurs déclinent de plus en plus souvent leur application, souvent créée d'abord pour iPhone, sur Android, certains refusent encore d'aller sur cette plateforme qui ne permet pas toujours des effets graphiques aussi élégants que sur celle d'Apple (iOS). C'est notamment le cas de Flipboard, sorte de magazine à feuilleter agrégeant des flux d'informations de réseaux sociaux et de journaux, qui boude Android. Le cabinet spécialisé Flurry a même observé une migration des développeurs vers iOS, estimant que près des trois quarts des nouveaux projets d'applis étaient pour l'App Store, et 27% pour Android. Autres raisons de la préférence pour Apple : l'accompagnement et le suivi des développeurs, qui tournent parfois à l'excès mais ont le mérite d'aboutir à une expérience uniforme pour l'utilisateur, mais aussi les « maketing dollars », la puissance financière déployée par la firme à la pomme pour communiquer sur les applis et « évangéliser » le grand public à l'utilité de ces mini-programmes dont il est devenu difficile de se passer.
 

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Commentaires
a écrit le 08/03/2012 à 17:36 :
Savez vous si Apple prend aussi une commission sur un CA généré par l'application (monétisation d'un autre service) hors vente de l'application ?

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