Le nouveau pari de Jean-François Vilotte, futur ex-président de l'Arjel

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A l'Arjel, nous avons su passer très rapidement à une régulation qualitative des jeux d'argent en ligne sans perdre de vue les objectifs de lutte contre l'addiction et le blanchiment d'argent sale, tout en surveillant l'intégrité des paris sportifs, a déclaré Jean-François Vilotte.
"A l'Arjel, nous avons su passer très rapidement à une régulation qualitative des jeux d'argent en ligne sans perdre de vue les objectifs de lutte contre l'addiction et le blanchiment d'argent sale, tout en surveillant l'intégrité des paris sportifs", a déclaré Jean-François Vilotte. (Crédits : Reuters)
A la tête de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL) depuis 2010, Jean-François Vilotte quittera ses fonctions courant janvier pour rejoindre un cabinet d'avocats. Un choix qui correspond à une "évolution de carrière", a t-il expliqué.

Une nouvelle séquence va s'ouvrir pour Jean-François Vilotte. Le président de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a annoncé ce mercredi qu'il allait quitter ses fonctions lors du prochain mois de janvier.

De la haute fonction publique au privée

Direction le privée et le cabinet d'avocat De Gaulle - fort d'une centaine de collaborateurs spécialisés dans le droit des affaires - en tant qu'associé courant pour cet énarque qui a passé ces 30 dernières années dans la haute fonction publique.

Diplômé de l'ENA en 1985, Jean-François Vilotte a notamment été directeur-adjoint du cabinet de Jacques Chirac à la Mairie de Paris et directeur de cabinet de Jean-François Lamour quand il était ministre des Sports, avant d'être nommé directeur général de la Fédération française de tennis (FFT) de 2007 à 2009.

Un choix qui correspond à une "évolution de carrière"

Nommé président de la mission de préfiguration de l'Arjel en 2009, il avait été désigné président de l'Arjel au printemps 2010 lors de l'ouverture du marché français des paris en ligne à la concurrence. Jean-François Vilotte, 56 ans, a expliqué à l'AFP que ce choix correspondait à une "évolution de carrière" et relevait d'une "décision personnelle".

"Ce départ volontaire, alors qu'il lui restait encore deux ans de mandat, ne fait pas suite à un désaccord avec quiconque", expliquait il y a quelques jours une source proche du dossier citée par l'AFP.

Deux nouveaux dispositifs et une campagne de sensibilisation

Mais avant de tirer sa révérence, Jean-François Vilotte a fait plusieurs annonces. Le président de l'Arjel a présenté deux nouveaux dispositifs déjà opérationnels pour renforcer le respect de l'intégrité des paris sportifs.

Le premier dispositif, "unique en Europe" selon Jean-François Vilotte, permet de croiser les fichiers des fédérations sportives avec celui de l'Arjel afin de contrôler, à la demande d'un fédération, que ses acteurs (sportifs, arbitres, dirigeants, salariés...) ont bien respecté l'interdiction de parier sur leurs compétitions qui leur est imposée par la loi.

Depuis le 2 décembre, a précisé le président de l'Arjel, les "agents autorisés" des fédérations sportives peuvent interroger, via un site extranet sécurisé, l'Arjel sur une éventuelle prise de paris interdite par un sportif. A charge pour chaque fédération, en cas d'infraction, de décider de sanctions disciplinaires. Le second dispositif, un contrôle automatisé des paris sportifs, vise, à partir d'une batterie de critères d'alerte (évolution des cotes, montant des mises, répartition géographique des mises, heure d'engagements des paris...) a repérer les "anomalies".

Le président de l'Arjel a par ailleurs présenté une campagne de sensibilisation vers le grand public et les acteurs du sport qui sera diffusée dès janvier.

L'heure du bilan

Dressant le bilan de ces trois années passées à la tête de l'Arjel - gendarme des paris sportifs, hippiques et du poker en ligne - Jean-François Vilotte a déclaré que :

A l'Arjel, nous avons su passer très rapidement à une régulation qualitative des jeux d'argent en ligne sans perdre de vue les objectifs de lutte contre l'addiction et le blanchiment d'argent sale, tout en surveillant l'intégrité des paris sportifs.

Il a également insisté sur la "recherche d'un point d'équilibre entre l'ouverture du marché des jeux en ligne à la concurrence et les nécessités de l'ordre public" liées aux jeux d'argent et de hasard. Jean-François Vilotte s'est dit "très fier" d'avoir pu mettre au point avec les équipes de l'Arjel "une ingénierie d'alerte unique en France" sur les éventuels paris truqués, permettant à l'Arjel de devenir une "autorité de référence" en Europe.

"Nous devons raisonner de manière plus globale en prenant en compte tous les paramètres (dopage, manipulation des paris, transparence financière ... )"

Le président de l'Arjel a souhaité que la France soit "très attentive à une régulation très réactive car le marché évolue très vite sur le plan économique et technologique (...) En matière d'intégrité des paris sportifs, nous devons raisonner de manière plus globale en prenant en compte tous les paramètres (dopage, manipulation des paris, transparence financière ... )."

Il a enfin souhaité que les questions de régulation des jeux d'argent en ligne et dans les réseaux physiques (Française des Jeux, PMU) soient réglées dans le cadre d'une autorité unique ce qui n'est pas le cas actuellement dans le secteur.

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Commentaires
a écrit le 19/12/2013 à 16:24 :
C'est énorme un énarque peut devenir avocat comme çà sans reprendre la direction de l'université. Il faut dire qu'ils ont bien rodé leur petite magouille de co cooptation. Et puis attention il y a va comme associé chez ce cabinet....Cà associé c'est le graal que beaucoup d'avocat aimerait obtenir malgré de longues études et des formations complémentaires... Là encore nous touchons du doigt la notion équité et d'égalités des chances...
Réponse de le 19/12/2013 à 16:56 :
Il ne s'agit pas nécessairement de devenir avocat pour faire du droit. Sauf exception, il s'agit d'avoir le titre d'avocat mais pour faire du marketing, rentrer du client, apporter le carnet d'adresse construit lorsque l'on était en charge du service public et payé avec l'impôt du contribuable. La plupart de ces gens sont incapables de traiter un dossier. Ce sont les collaborateurs ou les autres associés qui feront le travail juridique. Plusieurs anciens ministres, parlementaires, membres de cabinets ministériels l'on fait sans jamais être passé par la formation requise habituellement. Des textes ont été votés sur mesure pour le permettre. Cela fait partie du côté République bananière de la France, qui n'est pas un pays protestant mais un pays latin.

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