Les paris en ligne reprennent des couleurs... en apparence

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Les joueurs ont accru leurs mises au premier trimestre, malgré l'absence d'événements sportifs majeurs. Pour les faire revenir, les opérateurs ont rogné sur leurs marges...

Après une fin d'année désastreuse, les paris sportifs rebondissent... Au premier trimestre, les mises des joueurs sur les sites de paris ont augmenté de 11% par rapport aux 147 millions d'euros du premier trimestre 2011. La raison : les Betclic, Bwin, et autre Française des Jeux, ont réussi à faire revenir les joueurs. « Il y en avait entre 80.000 et 90.000 par semaine au quatrième trimestre. Il y en a désormais plus de 100.000 », a indiqué le président de l'Autorité des jeux en ligne (Arjel) Jean-François Vilotte, à l'occasion d'une table ronde, organisée lundi par le site spécialisé iGaming. Mais pour redresser la barre après un recul de 23% des mises au quatrième trimestre 2011, les opérateurs ont dû consentir à d'importants efforts sur leurs marges. Ainsi, le produit brut des jeux (les pertes des joueurs après reversement des gains aux joueurs, qui correspond au chiffre d'affaires réel des opérateurs) n'a cru que de 1,35%, a indiqué le président de l'Autorité. Ce qui signifie que les opérateurs ont versé plus d'argent aux joueurs, en leur proposant notamment des cotes plus attractives. Une situation qui n'est pas tenable à long terme dans la mesure où les acteurs, fortement taxés, sont tous déficitaires. Meilleure preuve, la salle de la conférence d'iGaming qui tenait sa deuxième édition, était clairsemée par rapport à l'année précédente. Eurosport, Canal+, Sajoo (Amaury), tous ont jeté l'éponge.

Pas de modification de la fiscalité en vue
Tous espèrent encore un geste fiscal de la part du législatif. Dans le cadre de la clause de révision de la loi de l'automne dernier, la ministre du budget Valérie Pécresse avait refusé de baisser les prélèvements, malgré les recommandations de l'Arjel, et des rapporteurs de la loi, le député Jean-François Lamour (UMP) et le sénateur François Trucy (UMP). Jean-François Vilotte a assuré la clause n'était pas terminée, et qu'elle se traduirait par des changements règlementaires. De fait, l'ARJEL a vu le 15 mars dernier ses pouvoirs accrus en matière de lutte contre les sites illégaux dans le cadre de la loi de finances. Des modifications règlementaires, qui prévoient par exemple des assouplissements des conditions d'inscription des joueurs, sont dans les tuyaux. Mais la principale attente des opérateurs, qui versent plus de la moitié de leur chiffre d'affaires à l'Etat et à des tiers, a peu de chance d'aboutir pour l'instant.

Les paris hippiques - en particulier le PMU - s'en sortent le mieux

Les paris hippiques se portent bien. Les mises ont augmenté 15% sur les trois premiers mois de l'année, par rapport à 241 millions d'euros, et le PBJ de 18% ! Mais c'est d'abord le PMU qui en profite, ses challengeurs, comme Zeturf, ayant du mal à trouver une place. L'Autorité de la concurrence avait émis un certain nombre de recommandations, qui empêche le PMU de bénéficier de ses activités de monopole en dur. Son directeur général délégué, Xavier Hurstel, assure avoir répondu aux injonctions de l'Autorité. « Un joueur ne peut plus jouer en ligne et en dur avec le même compte, nous avons séparé les bases clients et les équipes marketing », a-t-il assuré. Une saisine de Betclic est toujours en cours.

Le poker en ligne, qui bénéficie d'une fiscalité plus favorable, s'en sort le mieux. Même si le produit brut des jeux a reculé de 3% au premier trimestre. C'est le seul segment de marché, avec 24 opérateurs, à n'avoir pas perdu d'acteurs depuis novembre, contrairement aux paris hippiques et sportifs.

 

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