Amazon : l'investissement dans la livraison en 24 heures plombe les bénéfices
François Manens

Amazon continue de grossir, mais subit les effets de son changement de stratégie sur la livraison.
Carlos Jasso
François Manens

Amazon continue de grossir, mais subit les effets de son changement de stratégie sur la livraison.
Carlos Jasso
Ralentir pour mieux accélérer ? Amazon, qui publiait ce jeudi ses résultats trimestriels, l'espère. Pour la première fois en deux ans, son bénéfice a diminué par rapport à l'année précédente. En chute de 26%, il tombe à 2,1 milliards de dollars (1,89 milliard d'euros), en dessous des attentes d'analystes. En cause : les lourds investissements de l'entreprise pour offrir un service de livraison en 24 heures à ses abonnés Prime. Les marchés financiers ont sanctionné cette tendance par une baisse de plus de 7% du cours de l'action, malgré un chiffre d'affaire en croissance de 24% par rapport à l'an dernier, à près de 70 milliards de dollars (près de 63 milliards d'euros).
Si Amazon a décidé de réduire par deux ses délais de livraison, c'est en partie pour répondre aux ripostes des acteurs traditionnels de la distribution. Des géants comme Walmart et Target ont investi sur leurs services en ligne, et proposent de récupérer la livraison en magasin. Même si l'entreprise de Jeff Bezos s'est offert les plus de 500 magasins Whole Foods aux Etats-Unis et investit dans de nouveaux centres de distribution, elle peine toujours à livrer ses clients en 24 heures, malgré la promesse de son abonnement Prime.
Celui-ci regroupe, pour 5,99 euros par mois, tout un bouquet de services (livraisons gratuites, accès à Amazon Prime Video et à un catalogue réduit Amazon Music, stockage de fichiers dans le cloud, accès à une librairie en ligne) et permet de récolter de précieuses données sur le comportement d'achat des clients. Au dernier trimestre, le directeur financier d'Amazon, Brian Olvavsky, précisait que 800 millions de dollars avait déjà été investis dans la livraison en 24 heures. Le chantier est lourd : il faut ouvrir de nouveaux entrepôts, revoir l'organisation des stocks, déplacer certains inventaires et embaucher de nouveaux employés. Le groupe a d'ailleurs atteint un nombre record de 750.000 salariés. Conséquence de ces changements, sur les trois derniers mois, la livraison a coûté 9,6 milliards de dollars à Amazon, soit 46% de plus que l'année précédente.
Mais l'entreprise de Jeff Bezos récolte déjà les premiers fruits de ces lourds investissements. Ses ventes en ligne ont augmenté de 22%, deux fois plus rapidement que l'année précédente. Et d'après le directeur financier, l'amélioration de la vitesse de livraison augmente à la fois la récurrence et le volume des commandes des abonnés Prime.
Si Amazon se permet de tels investissements, c'est aussi grâce à la dynamique de son service de cloud, Amazon Web Services. Sur 9 milliards de dollars de chiffre d'affaires, la branche leader mondiale enregistre 2,3 milliards de dollars de bénéfice. L'activité de location de puissance de calcul informatique a grossi de 34,7% par rapport à l'an dernier, et sa marge de 8,9%.
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La publicité, nouvelle vache à lait du groupe, se porte également bien, avec 3,6 milliards de dollars de chiffre d'affaire, en croissance de 43,7% d'une année à l'autre. Derrière le duopole Google-Facebook, Amazon essaye de tirer son épingle du jeu sur le marché. Parmi ses atouts, les publicités placées dans les résultats de recherche produit, au plus proche de la décision d'achat des clients.
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Au prochain trimestre, le directeur financier a annoncé qu'Amazon doublerait ses investissements pour la livraison en 24 heures, et dépenseraient donc 1,5 milliard de dollars. Conséquence directe : l'entreprise prévoit un bénéfice entre 1,2 et 2,9 milliards de dollars, largement en dessous des 3,8 milliards du quatrième quart 2018. Malgré tout, Amazon prévoit une augmentation de son chiffre d'affaires pour atteindre un nouveau sommet, entre 80 et 86,5 milliards de dollars. Le quatrième quart est de loin le plus important de l'année pour l'entreprise, avec le Black Friday, le Cyber Monday et Noël.
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