Amazon : l'investissement dans la livraison en 24 heures plombe les bénéfices

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Amazon continue de grossir, mais subit les effets de son changement de stratégie sur la livraison.
Amazon continue de grossir, mais subit les effets de son changement de stratégie sur la livraison. (Crédits : Carlos Jasso)
Amazon dépense pour réorganiser son service de livraison. Cet investissement, qui vise des retombées à long terme, ampute les bénéfices, sans atteindre la profitabilité de l'entreprise, toujours portée par ses services de cloud et de publicité.

Ralentir pour mieux accélérer ? Amazon, qui publiait ce jeudi ses résultats trimestriels, l'espère. Pour la première fois en deux ans, son bénéfice a diminué par rapport à l'année précédente. En chute de 26%, il tombe à 2,1 milliards de dollars (1,89 milliard d'euros), en dessous des attentes d'analystes. En cause : les lourds investissements de l'entreprise pour offrir un service de livraison en 24 heures à ses abonnés Prime. Les marchés financiers ont sanctionné cette tendance par une baisse de plus de 7% du cours de l'action, malgré un chiffre d'affaire en croissance de 24% par rapport à l'an dernier, à près de 70 milliards de dollars (près de 63 milliards d'euros).

Les coûts liés à la livraison explosent

Si Amazon a décidé de réduire par deux ses délais de livraison, c'est en partie pour répondre aux ripostes des acteurs traditionnels de la distribution. Des géants comme Walmart et Target ont investi sur leurs services en ligne, et proposent de récupérer la livraison en magasin. Même si l'entreprise de Jeff Bezos s'est offert les plus de 500 magasins Whole Foods aux Etats-Unis et investit dans de nouveaux centres de distribution, elle peine toujours à livrer ses clients en 24 heures, malgré la promesse de son abonnement Prime.

Celui-ci regroupe, pour 5,99 euros par mois, tout un bouquet de services (livraisons gratuites, accès à Amazon Prime Video et à un catalogue réduit Amazon Music, stockage de fichiers dans le cloud, accès à une librairie en ligne) et permet de récolter de précieuses données sur le comportement d'achat des clients. Au dernier trimestre, le directeur financier d'Amazon, Brian Olvavsky, précisait que 800 millions de dollars avait déjà été investis dans la livraison en 24 heures. Le chantier est lourd : il faut ouvrir de nouveaux entrepôts, revoir l'organisation des stocks, déplacer certains inventaires et embaucher de nouveaux employés. Le groupe a d'ailleurs atteint un nombre record de 750.000 salariés. Conséquence de ces changements, sur les trois derniers mois, la livraison a coûté 9,6 milliards de dollars à Amazon, soit 46% de plus que l'année précédente.

"Les investisseurs à court terme sont déçus de l'explosion des coûts, mais les investisseurs à long terme savent que ce type d'investissement paie à long terme, surtout avec Amazon", décrypte l'analyste Brent Thill de Jefferies dans le Wall Street Journal.

Mais l'entreprise de Jeff Bezos récolte déjà les premiers fruits de ces lourds investissements. Ses ventes en ligne ont augmenté de 22%, deux fois plus rapidement que l'année précédente. Et d'après le directeur financier, l'amélioration de la vitesse de livraison augmente à la fois la récurrence et le volume des commandes des abonnés Prime.

"Nous avons eu une stratégie similaire à plusieurs reprises dans l'histoire d'Amazon", rappelle Brian Olvavsky.

Lire aussi : Le cloud et la pub, les armes secrètes d'Amazon pour être rentable

Cloud et publicité en locomotives

Si Amazon se permet de tels investissements, c'est aussi grâce à la dynamique de son service de cloud, Amazon Web Services. Sur 9 milliards de dollars de chiffre d'affaires, la branche leader mondiale enregistre 2,3 milliards de dollars de bénéfice. L'activité de location de puissance de calcul informatique a grossi de 34,7% par rapport à l'an dernier, et sa marge de 8,9%.

La publicité, nouvelle vache à lait du groupe, se porte également bien, avec 3,6 milliards de dollars de chiffre d'affaire, en croissance de 43,7% d'une année à l'autre. Derrière le duopole Google-Facebook, Amazon essaye de tirer son épingle du jeu sur le marché. Parmi ses atouts, les publicités placées dans les résultats de recherche produit, au plus proche de la décision d'achat des clients.

Au prochain trimestre, le directeur financier a annoncé qu'Amazon doublerait ses investissements pour la livraison en 24 heures, et dépenseraient donc 1,5 milliard de dollars. Conséquence directe : l'entreprise prévoit un bénéfice entre 1,2 et 2,9 milliards de dollars, largement en dessous des 3,8 milliards du quatrième quart 2018. Malgré tout, Amazon prévoit une augmentation de son chiffre d'affaires pour atteindre un nouveau sommet, entre 80 et 86,5 milliards de dollars. Le quatrième quart est de loin le plus important de l'année pour l'entreprise, avec le Black Friday, le Cyber Monday et Noël.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2019 à 17:33 :
c 'est assez rassurant en fait..... Amazone s aperçoit que ça coute très cher de livrer en 24 heures.... ça laisse le champ ouvert pour certain compétiteurs du commerce physique....mais quand on voit les sites des leclerc auchan et compagnie.......on se demande à qui ils s adressent pour les construire......
a écrit le 25/10/2019 à 14:44 :
Pour moi Amazone n'est qu'un fournisseur de dépannage, mal achalandé à côté de sites comme eBay, aliexpress BangGood le petit dernier, et quelques locaux comme action, vouloir très vite est une option qui coûte très cher, mais c'est sur, pas de mal à se placer à côté de Leroy Merlin ou Castorama ou il vaut mieux faire un tour d'abord chez Amazone.
a écrit le 25/10/2019 à 13:21 :
Ben oui grâce aux GAFA on se rend compte que l'investissement coûte de l'argent... Diantre !

Investir... non mais ils sont complètement toqués ces américains ! ET pourquoi pas la croissance économique et la prospérité tant qu'à faire !?
Réponse de le 25/10/2019 à 15:19 :
Oui merci de votre intervention, car il est évident que nous avons des investisseurs thésaurisateur !!! du coup le court terme effectivement est plus facile et permet a ceux qui devraient le faire ici de se passer de la chose si l'état finance indirectement déjà le court terme, pourquoi le faire sur le long terme !!!!

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