Antoine Armand : « Interrogeons nos pratiques plutôt que celles des Américains »
Lucie Robequain

La France a de quoi être l'une des plus grandes plateformes mondiales de l'IA, a-t-il fait valoir.
Reuters
Lucie Robequain

La France a de quoi être l'une des plus grandes plateformes mondiales de l'IA, a-t-il fait valoir.
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C'est devant la pelouse ensoleillée du stade Vélodrome, à Marseille, que le ministre de l'Economie, Antoine Armand, a dessiné la trajectoire du gouvernement pour soutenir les acteurs français de l'intelligence artificielle. « L'Etat a un rôle majeur à jouer dans les technologies de rupture », a-t-il fait valoir devant 3.000 personnes rassemblées au sommet AIM, organisé conjointement par La Tribune et La Provence.
L'Europe évolue dans un monde concurrentiel qui use d'armes de moins en moins loyales, a-t-il rappelé. « Nous, les Européens, sommes les premiers à réguler l'intelligence artificielle. Voilà un domaine où nous sommes les pionniers. On peut se demander quelle est la pertinence à être toujours pionniers en matière de régulation », a-t-il ironisé. « Soyons vigilants à ne pas nous-mêmes nous handicaper. Cela passe par des investissements communs, privés et publics. Le mur devant lequel nous nous trouvons est aussi un mur d'investissements. Il faut entraîner les partenaires. »
Interrogé sur la nomination d'Elon Musk comme responsable au sein du gouvernement américain de la déréglementation, le ministre a invité les Européens à balayer « devant leur porte » : « Quand on voit comme ces entrepreneurs américains innovent, cela invite à se mettre en question. Interrogeons-nous sur nos propres pratiques avant de nous occuper de celles de nos voisins », a-t-il réagi tout en soutenant adroitement le ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, qui a créé un tollé en félicitant Elon Musk. « L'IA doit irriguer tous les secteurs, à commencer par l'administration ! », a balayé Antoine Armand.
La France a de quoi être l'une des plus grandes plateformes mondiales de l'IA, a-t-il fait valoir. Grâce à l'écosystème français, 40.000 talents sont formés chaque année. Ils seront 100.000 à l'horizon 2030. « On va même dépasser cet objectif. On a toute la chaîne de valeur en France. On peut être pionnier de l'IA dans tous les secteurs de jeu, des puces aux data centers. Nous avons une électricité abordable, décarbonée, pilotable avec six nouveaux EPR2 dans les prochaines décennies. Nous avons beaucoup de start-up aussi », a-t-il défendu.
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« Les entreprises doivent aussi gagner en productivité et en compétitivité », a-t-il conclu. Les questions du budget et du temps de travail, particulièrement faible en France, ne sont jamais très loin...
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Lucie Robequain