Ce navigateur ne vous piste pas et veut défier le modèle publicitaire sur Internet
Jules Bonnard, AFP

Photo d'illustration
Capture d'écran
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Chez les programmeurs, Brendan Eich est connu comme l'inventeur de Javascript, le langage qui rend le web interactif mais permet aussi ses dérives. Avec son dernier produit nommé Brave, l'informaticien veut mettre fin au pistage et réinventer la publicité sur internet.
Fondé en 2016, Brave est un navigateur qui permet donc de consulter des sites internet. "Il ressemble à une version très rapide de (Google) Chrome" et utilise d'ailleurs la base technique de son principal concurrent.
Mais, à sa différence, "il bloque par défaut le pistage, et donc la plupart des publicités", explique son fondateur californien, Brendan Eich, lors d'un entretien à l'AFP en marge du Web Summit, sommet européen de la tech tenu cette semaine à Lisbonne.
Et cet ensemble de techniques "peuvent également être utilisés à de mauvaises fins, pour la fraude publicitaire, la distribution de logiciels malveillants ou la guerre psychologique comme dans le scandale Cambridge Analytica". Cette firme britannique a récupéré les données de 87 millions d'utilisateurs de Facebook pour mener des campagnes de manipulation politique, notamment aux États-Unis lors la présidentielle de 2016 ou lors du référendum sur le Brexit.
Loin de se contenter de faire disparaître les publicités, Brendan Eich, qui a passé toute sa carrière à développer des navigateurs internet - de Netscape à la Mozilla Corporation (Firefox) dont il a été le directeur technique - souhaite les réinventer.
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Le logiciel Brave intègre en effet sa propre cryptomonnaie, nommée Jeton d'Attention de Base (BAT en anglais), que les internautes gagnent en acceptant de regarder des publicités, mais qu'ils peuvent aussi rendre aux créateurs des sites qu'ils visitent sous forme de dons, sorte de pourboires numériques ponctuels ou récurrents.
Les journaux The Washington Post, The Guardian, les sites Vice et Wikipédia font partie des partenaires, cite M. Eich. Il est également possible de récompenser le propriétaire d'un compte Twitter qui recevra un mail pour récupérer son dû. Des marques comme Intel ou Pizza Hut ont déjà expérimenté sa plateforme de publicité.
Les pubs sont toujours ciblées grâce à l'historique de navigation ou de recherche mais "tout se passe purement en local" sur l'ordinateur et aucune donnée n'est envoyée sur internet, assure Brendan Eich.
Lorsque les publicités lui sont directement adressées, l'internaute peut gagner jusqu'à 70% du prix payé par l'annonceur, le reste allant à Brave. Un média partenaire pourra aussi vendre ses espaces et récupérer l'essentiel des revenus.
Pour l'heure, la société qui compte 8,7 millions d'utilisateurs doit encore grandir pour être rentable, selon son fondateur, qui espère atteindre les 10 millions d'usagers d'ici la fin de l'année, puis le double ou le triple l'an prochain.
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"Notre plan est sur le long terme. Nos utilisateurs font partie de cette minorité intransigeante qui veut un meilleur web. Ces minorités font bouger les marchés et peuvent ensuite changer les normes", veut croire Brendan Eich.
Jules Bonnard, AFP