Cloud souverain : la stratégie du chaos
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Le chaos continue et s'amplifie dans le cloud français. Après l'alliance de Microsoft avec Orange et Capgemini pour lancer Bleu, puis celle de Google avec Thales pour proposer S3ns, c'est au tour d'Amazon, leader du marché mondial du cloud, de s'allier avec Atos pour proposer à son tour une solution de « cloud de confiance », d'après l'information révélée par nos confrères du JDN en fin de semaine dernière. Le principe devrait être le même : les solutions cloud d'Amazon Web Services seront vendues par une coentreprise de droit français avec Atos, qui hébergera les données en France. Ce montage est censé protéger -en théorie- les futurs clients des lois extraterritoriales américaines, conformément à la stratégie Cloud de confiance lancée en mai 2021.
Contacté par La Tribune, Amazon Web Services France n'a souhaité faire « aucun commentaire ». Même son de cloche du côté d'Atos, qui estime que cette actualité « n'a pas de caractère officiel ». Mais aucun ne dément. Surtout, cette alliance était attendue -des rumeurs circulaient sur le sujet depuis des mois dans l'écosystème français du cloud- et paraît tout à fait crédible, y compris pour certaines sources gouvernementales contactées par La Tribune.
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Le ministère délégué au Numérique et aux Télécommunications de Jean-Noël Barrot, a même réagi à La Tribune en se félicitant de constater que « les acteurs internationaux acceptent progressivement de se plier à nos règles et notamment en termes de protection des données personnelles comme non personnelles ». Mais contrairement aux annonces précédentes (Orange/Capgemini avec Microsoft et Thales avec Google), le gouvernement ne se risque plus à garantir la sécurité juridique de ces offres américaines emballées par des Français. « Il reviendra néanmoins à l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information -ANSSI- de dire si ces co-constructions sont porteuses de confiance pour le marché unique du numérique », ajoute prudemment le ministère.