Inti, le hacker éthique qui bouscule Trump et le Vatican

Bogdan Bodnar
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Inti / La Tribune

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Un bon hacker est un bon communicant : un piratage sans éclat, c'est un piratage oublié. Et à ce jeu-là, Inti De Ceukelaire excelle, autant dans l'art de la faille que dans celui du buzz. Prendre le contrôle du site d'information du Vatican, faire publier de faux messages depuis le compte Twitter de Donald Trump, retrouver l'adresse personnelle de Melania Trump... Ce hacker éthique de 38 ans a su faire parler de lui bien au-delà des frontières belges. Mais derrière ces opérations spectaculaires, aucune volonté de nuire. Inti pirate pour faire passer un massage : « Faites attention à votre activité sur le web », martèle-t-il.
Son activité flirte avec l'illégal, sans jamais porter atteinte à ses cibles. En France, il serait déjà poursuivi. Pénétrer un système informatique sans y être invité est une infraction, même sans dommage causé, selon la loi française. Inti, lui, refuse l'étiquette de délinquant : « Notre but n'est pas de faire du tort. On cherche à réparer, à guérir, tout comme le ferait un pharmacien ».
Heureusement pour lui, Inti est né dans le bon pays, puisque la Belgique a fini par légitimer cette pratique. Une loi adoptée en 2023 autorise désormais le hacking sans autorisation, à condition de ne rien casser et d'en informer l'entreprise concernée. Une reconnaissance légale bienvenue, mais tardive, et à laquelle il n'a pas toujours eu droit. Inti en a fait les frais après avoir mis à l'épreuve la sécurité informatique d'un grand groupe de santé. Le PDG, peu sensible à l'initiative, l'a attaqué en justice. Condamné, Inti n'en a pas perdu son humour : « J'ai encadré mon casier judiciaire avec cette belle mention de piratage, il trône dans mon bureau », plaisante-t-il.
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Pirater d'abord, alerter ensuite, cette méthode risquée, il l'a employé toute sa vie, avec succès puisqu'elle lui a ouvert des portes insoupçonnées. « J'ai découvert que Metallica, mon groupe préféré, organisait des concours pour gagner des places de concert. La plateforme était truffée de failles, alors je me suis généré mes propres billets. Quand je leur ai expliqué, ils ont accepté de me rencontrer. J'ai même eu droit aux coulisses, c'était dingue », raconte-t-il. « J'ai fait pareil lors d'un festival avec Motörhead », ajoute-t-il dans un sourire.
Bogdan Bodnar