Face à l'explosion des cyberattaques, notamment via des logiciels de rançon (ransomwares) qui menacent particuliers, entreprises et collectivités, la Gendarmerie Nationale passe à la vitesse supérieure. Depuis le 1er août, l'institution a lancé le ComCyberGend, une nouvelle entité qui regroupe 7.000 cyber-enquêteurs dans toute la France. L'objectif pour les forces de l'ordre : effectuer, eux aussi, leur transformation numérique afin d'être à la hauteur du défi cyber."La prochaine grande crise mondiale sera une crise cyber". Pour le général Marc Boget, commandant de la gendarmerie dans le cyberespace (CyberGEND), cette affirmation ne fait aucun doute. "Il faut s'y préparer activement car la révolution numérique entraîne une explosion de la criminalité numérique, surtout post-Covid car cette crise a montré que nos systèmes sont fragiles", ajoute-t-il. Les chiffres lui donnent raison : le dernier Cyber Threat Report de McAfee, publié en juin 2021, indique une moyenne de 688 menaces de logiciels malveillants par minute au premier semestre 2021, en nette hausse par rapport à 2020. Hôpitaux, collectivités, entreprises, particuliers : tout le monde est ciblé, comme l'ont montré récemment les cyberattaques contre des infrastructures énergétiques aux Etats-Unis, ou des hôpitaux en France. D'autant plus que ces attaques, principalement des spams et des ransomwares (logiciels rançonneurs), sont de plus en plus sophistiquées, en grande partie parce que les cybercriminels se professionnalisent en agissant en véritables bandes organisées dans le darkweb.
Cette criminalité numérique, dont le principal objectif est l'appât du gain, entraîne un véritable jeu du chat et de la souris avec les autorités. Europol, Interpol, polices, justice, agences de renseignements étatiques et entreprises spécialisées dans la lutte cyber : ce petit monde travaille dans l'ombre et souvent en collaboration pour repérer, identifier, traquer et démanteler les réseaux cybercriminels. En France, la Police -dans les grandes agglomération- et la Gendarmerie -en zone péri-urbaine- sont en première ligne : ce sont elles qui recueillent les plaintes et mènent l'enquête.
Le ComCyberGend, nouvelle entité pour muscler la traque aux cybercriminels
Restait, pour la Gendarmerie nationale, également cofondatrice du Forum International de la Cybersécurité (FIC) qui se tient tous les ans à Lille, à prendre la mesure de l'ampleur de la menace et à mettre des moyens financiers et humains à la hauteur des enjeux. C'est justement l'objectif de la stratégie Gend 2024, le grand plan de transformation numérique de la Gendarmerie nationale. "Il fallait regrouper les différentes forces cyber de la Gendarmerie et amplifier leur champ d'action pour mieux prendre en compte les victimes de cybermalveillance et limiter les risques pour les particuliers, les entreprises et les collectivités", explique Marc Boget.