Le prix, principal obstacle à l'accès à internet dans le monde

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En Chine, seulement 22% de la population dispose d'un revenu lui permettant de s’offrir une connexion à internet.
En Chine, seulement 22% de la population dispose d'un revenu lui permettant de s’offrir une connexion à internet. (Crédits : reuters.com)
Un rapport publié par l’entité conseil en stratégie du cabinet d'audit PwC, mardi 17 mai, identifie les mécanismes pour développer l’accès à internet dans le monde. L'étude, commandée par Facebook, vient appuyer Internet.org, le projet controversé du géant américain, dont le but est d'offrir une connexion internet aux pays en voie de développement.

L'enjeu est majeur. Fournir un accès internet à 4 milliards de personnes supplémentaires à travers le monde permettrait de sortir 500 millions de personnes de la pauvreté, selon la récente étude de l'entité de conseil en stratégie du cabinet d'audit PwC, commandée par Facebook. Un défi qui suscite l'intérêt et différentes propositions pour offrir une connexion aux pays en voie de développement.

Des coûts de connexion exorbitants

Plus de neuf dixièmes de la population mondiale vit dans un endroit disposant d'une infrastructure permettant la connexion à internet mais où la majorité des personnes ne peuvent y accéder, à cause du coût trop élevé des abonnements.

Selon le rapport, pour 66% de la population mondiale, un forfait de 500MB coute plus de 5% de leur revenu mensuel, un pourcentage que PwC décrit comme inabordable. En Chine, au Brésil et en Indonésie, 100% de la population vit dans une zone couverte. Dans la plupart des pays en développement, les infrastructures nécessaires existent, mais les habitants ne peuvent pas s'offrir la connexion.

Vers la fin du réseau 2G

Une réduction drastique des coûts s'impose donc. Pour permettre à 80% de la population mondiale d'accéder à internet, il faudrait réduire les prix des abonnements de 70%, indique le rapport. Dans certains pays comme la Tanzanie, les Philippines et la République démocratique du Congo, il s'agirait même de baisser le coût des forfaits internet de plus de 90%.

Selon l'étude de PwC, la plupart des pays sont équipés en réseau 2G. Or, en installant un réseau 3G voire 4G, les coûts de connexion baisseraient de 60%. Ce mécanisme permettrait à près de 2 milliards de personne d'avoir un accès à internet.

En Australie, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les opérateurs ont choisi de couper leur réseau 2G afin d'optimiser l'utilisation des faibles fréquences. Mais une telle amélioration nécessite des fonds non seulement de la part des fournisseurs d'accès internet mais aussi des utilisateurs qui devront investir dans des appareils adaptés à ces améliorations de réseau.

Le projet controversé de Facebook

La commande de Facebook à l'entité de conseil en stratégie de PwC vient renforcer le projet Internet.org initié en août 2013 par Mark Zuckerberg. L'initiative rebaptisée "Free Basics", en 2015, a pour but d'amener internet dans les "zones blanches" du globe à l'aide d'un drone à énergie solaire surnommé Aquila. Le projet a été lancé en partenariat avec des fabricants d'équipements de télécommunication comme Nokia et Ericsson ou encore le géant de l'électronique Samsung qui mettent en commun leurs connaissances.

Pour Mark Zuckerberg, l'enjeu est majeur car "La connectivité est un droit de l'Homme". Toutefois, le projet de diffusion d'internet n'est pas accueilli à bras ouvert dans tous les pays. En Inde, l'offre de Facebook "Free Basics", qui permet d'obtenir un accès internet gratuit sur les mobiles a été remise en cause par le régulateur des télécoms local. Et pour cause, le service ne propose l'accès qu'à certains sites présélectionnés.

Tim Berners-Lee, l'un des fondateurs du  "World Wide Web" émet également des réserves quant au projet du géant américain. Lui aussi estime que la neutralité du Net est bafouée par le service et que le service proposé par le patron de Facebook est avant tout intéressé car il permettrait avant tout d'augmenter sa gigantesque base d'utilisateurs.

Selon Jonathan Tate, consultant leader chez PwC, le projet de Facebook vaut la peine d'être développé sur le long terme. "L'important ici, c'est que les choses bougent", déclare-t-il au quotidien britannique The Guardian. Le profit tiré de cette initiative pourrait être de 200 milliards de dollars sur cinq ans pour les fournisseurs de contenus comme Facebook.

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Commentaires
a écrit le 19/05/2016 à 19:50 :
ouais
pas besoin d'avoir fait polytechnique pour se dire que dans un endroit ou y a les infrastructures mais ou 90% des gens n'ont pas acces a cause du cout, si on baisse le cout d'acces, ca va ramener plein de client pour un ca identique et des reseaux satures.........
( oui , evidemment, on peut faire surfer les gens en ligne de commande avec lynx, mais la on va nous dire que bon, les pauvres n'ont pas le niveau de formation exigee)
si on baisse le prix des porsches, y a plus de gens qui rouleront en porsche tout en deplorant le prix de l'essence vu ce que ca consomme!
a écrit le 19/05/2016 à 19:16 :
à une époque, j'ai voulu installer internet par satellite puis ensuite wifi avec une faible bande passante (de manière à aller à l'essentiel) en Afrique .... la principale difficulté .... c'est le monde politique local .... on ne touche pas à l'information ... risque élevé pour moi !

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