Google assailli par l'antitrust aux États-Unis

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C'est comme s'il était à la fois le lanceur, le frappeur et l'arbitre sur le marché électronique de la pub, dénonce la plainte de décembre déposée par dix États républicains contre le géant Google aujourd'hui dirigé par Sundai Pichai (photo).
C'est comme s'il était "à la fois le lanceur, le frappeur et l'arbitre" sur le marché électronique de la pub, dénonce la plainte de décembre déposée par dix États républicains contre le géant Google aujourd'hui dirigé par Sundai Pichai (photo). (Crédits : Reuters)
Après un tombereau de plaintes précédentes, le 17 décembre, 38 États cette fois ont intenté des poursuites contre Google, leader mondial sur internet et la publicité en ligne, pour pratiques anti-concurrentielles. Avec des arguments similaires au ministère de la Justice (DoJ), ils accusent le groupe de maintenir un "monopole illégal" sur la recherche en ligne et la publicité. La plainte s'étend à l'accord passé avec Apple qui, lui, reçoit de Google une portion des revenus publicitaires générés: jusqu'à 12 milliards de dollars par an. La défense de Google ? En substance : "On ne force personne à utiliser nos outils gratuits."

Google, qui publie mardi ses résultats annuels, devrait sortir encore renforcé de l'année de la pandémie, grâce à ses recettes publicitaires sur le moteur de recherche et sa plateforme YouTube notamment, mais ses performances risquent d'être retenues à charge par les autorités américaines.

Fondée en 1998 dans la Silicon Valley, le géant des technologies et leader mondial de la publicité en ligne fait face à plusieurs poursuites pour pratiques anti-concurrentielles, lancées fin 2020, qui mettront sans doute des années à aboutir.

La plainte du ministère de la Justice sous Trump

En octobre dernier, le ministère de la Justice et une dizaine d'États ont intenté une action au civil contre Google. Ils accusent le groupe de maintenir un "monopole illégal" sur la recherche en ligne et la publicité.

Selon les procureurs, l'entreprise de Mountain View empêche d'éventuels concurrents de gagner des parts sur ces marchés en s'assurant, par exemple, qu'il est le moteur de recherche par défaut.

Google reverse à Apple une partie de ses revenus publicitaires

La plainte s'étend sur un accord passé avec Apple, qui installe Google sur Safari et sur les iPhones en échange d'une portion des revenus publicitaires, jusqu'à 12 milliards de dollars par an.

Grâce à cet accord et à Android, son propre système d'exploitation, Google "représente 90% des utilisations de navigateur sur des appareils mobiles aux Etats-Unis", assènent les avocats du désormais ex-gouvernement.

"Google est la porte d'accès à internet", avait déclaré Jeffrey Rosen, alors numéro deux du ministère de la Justice. Mais le groupe "a maintenu son monopole grâce à des pratiques visant à exclure la compétition et à lui nuire".

La plainte déposée à Washington appelle à des changements "structurels", comme un possible démantèlement de certains pans du groupe.

En décembre, la Californie a été le premier État démocrate à se joindre à ces poursuites, les procureurs généraux des 11 États initialement associés au DoJ étant tous républicains.

16 décembre, la plainte de 10 États emmenés par le Texas

Le 16 décembre 2020, dix États républicains, emmenés par le Texas, ont aussi accusé le groupe californien de pratiques anticoncurrentielles.

Eux se concentrent sur les recettes publicitaires en dehors de la recherche en ligne, car le groupe sert d'intermédiaire entre les annonceurs et les sites web, et gère une importante plateforme commerciale.

C'est comme s'il était "à la fois le lanceur, le frappeur et l'arbitre" sur le marché électronique de la pub, dénonce la plainte en faisant référence au baseball pour dénoncer un conflit d'intérêt.

Ces poursuites mentionnent en outre un accord potentiellement illégal avec Facebook, le numéro 2 du secteur. Le géant des réseaux sociaux aurait accepté de lâcher du lest en échange de traitement préférentiel dans le système d'enchères publicitaires de Google.

17 décembre, nouvelle plainte... de 38 États

Le lendemain, le 17 décembre, les procureurs de 38 États et territoires américains ont engagé des poursuites pour abus de position dominante, avec des arguments similaires à ceux du DoJ.

Selon cette coalition, Google empêche le développement de moteurs de recherche concurrents et emploie les mêmes tactiques sur les nouveaux outils utilisés par les consommateurs, les enceintes intelligentes, les télévisions ou les voitures par exemple.

Les procureurs généraux lui reprochent aussi d'offrir directement aux utilisateurs des propositions de billets d'avion ou de restaurants, par exemple, réduisant ainsi le trafic vers des sites comme Kayak ou TripAdvisor.

La coalition demande à la justice de revenir sur tout avantage que Google aurait pu gagner grâce à ses pratiques, y compris en forçant le groupe à se séparer de certains actifs.

La défense de Google: "On ne force personne à utiliser nos outils gratuits"

La société devenue un synonyme d'internet a rappelé que la plupart de ses outils sont gratuits - il va donc être compliqué pour les autorités de prouver que Google a nui aux consommateurs.

"Les gens utilisent Google par choix et non parce qu'ils y sont forcés ou ne trouvent pas d'alternatives", a argumenté en octobre Kent Walker, un vice-président du groupe.

"Nous ne sommes pas en 1990, quand changer de service était long et compliqué, et nécessitait l'achat et l'installation d'un logiciel avec un CD-ROM", a-t-il plaisanté, avant de mentionner de nombreuses applications ultra-populaires comme Spotify, Amazon ou Facebook qui ne sont pas installées par défaut sur les smartphones.

Après la deuxième plainte, l'entreprise a par ailleurs affirmé que les prix de la publicité en ligne ont reculé au cours des dix dernières années et que ses commissions prises lors du placement d'annonces sont moins élevées que la moyenne.

Selon le cabinet de recherche eMarketer, avec 116,7 milliards de recettes publicitaires nettes (+18,4% sur un an), Google détiendra près de 30% de ce marché numérique en 2021.

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Commentaires
a écrit le 02/02/2021 à 19:27 :
Une porte d’entrée pour une utilisation publique ?
Ne peut être que reconnue patrimoine universelle humaine, un bien matériel pour une entrée dans un monde virtuel.
Google devrait être sans pays , donc libre de toutes taxes.
a écrit le 02/02/2021 à 12:34 :
La publicité, c'est un bâton de m...e qui remue dans une auge à cochons. Elle vend un rêve frelaté, spécialement conçu pour les populations précaires obligées de consommer le pire de ce qu'elle vante, par manque de moyens.
Elle contribue négativement aux plans social, environnemental, démocratique. Les GAFAM qui vivent de la pub sont des engeances.
a écrit le 02/02/2021 à 10:08 :
Comme vous dites ça mettra des années, à se faire ainsi oublier. Les états unis ne cracheront pas dans la soupe et conserveront forcément, sous une forme ou une autre, ces enfants prodiges que sont les dirigeants des GAFAM. Si en UE on avait la chance d'en avoir rien qu'un seul, oui ce n'est pas possible vu que la dégénérescence de nos dirigeants politiques et économiques leur a fait éradiquer la moindre notion d'intelligence et de compétence en leurs rangs, mais pour l'exemple nous pouvons l'imaginer, l'UE serait capable de mettre en route un autre dictateur afin de soutenir son enfant prodige qu'elle n'aura jamais tant que ce sera une dictature financière, tant que l'on massacrera notre jeunesse et nos actifs pour nos vieux rentiers.

Vite un frexit, rejoignons les forces progressistes dans le monde, les vraies, et quittons ce bateau fantôme guidé par des zombies financiers qu'est l'UE parce que vu le changement radical de paradigme des états unis ça va avancer très fort très vite nous laissant toujours plus en plan. La France bientôt 10 ème puissance mondiale au sein du déclin européen si on ne fait rien, si on continue de se faire guider par les germains.

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