Pratiques anticoncurrentielles : Google attaqué de toutes parts aux Etats-Unis
Sylvain Rolland (avec agences)
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La procédure annoncée mercredi représente une difficulté supplémentaire pour l'entreprise californienne, dont le modèle basé sur des services gratuits et la publicité ciblée à partir des données de ses utilisateurs se retrouve sous le feu des projecteurs.
Après la justice américaine et l'autorité de régulation de la concurrence, Google fait l'objet d'une nouvelle attaque des autorités américaines: dix Etats, emmenés par le Texas, ont accusé mercredi le géant de l'Internet de pratiques anticoncurrentielles dans la gestion des publicités, évoquant même un accord avec Facebook.
Le roue tourne pour les géants du Net américains. Google, le premier des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) fait l'objet d'une nouvelle attaque en justice aux Etats-Unis. Cette fois, ce sont dix Etats, emmenés par le Texas, qui accusent le champion de la recherche en ligne de pratiques anticoncurrentielles dans la gestion des publicités. Plus grave, ils évoquent même une entente avec Facebook, le numéro deux mondial de la publicité en ligne derrière Google.
"Le lanceur, le frappeur et l'arbitre" sur le marché de la publicité en ligne
"Ce Goliath de l'internet a utilisé son pouvoir pour manipuler le marché, détruire la concurrence et nuire à VOUS, le consommateur", a asséné le procureur général du Texas Ken Paxton dans une vidéo sur Twitter annonçant le lancement de la procédure. Google s'est "auto-couronné chef de la publicité en ligne", a-t-il déploré.
Ken Paxton est soutenu par les procureurs généraux de l'Arkansas, l'Idaho, l'Indiana, le Kentucky, le Mississippi, le Missouri, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et l'Utah. Tous ces Etats sont aux mains des républicains.
"Comme le révèlent des documents internes, Google a cherché à tuer la concurrence en utilisant un éventail de tactiques d'exclusion, y compris en passant un accord illégal avec Facebook, sa plus grande menace concurrentielle potentielle, pour manipuler les ventes aux enchères publicitaires", affirme le document.
Le groupe sert d'intermédiaire entre les annonceurs et les sites, et gère une importante plateforme où ils se rencontrent : c'est comme s'il était "à la fois le lanceur, le frappeur et l'arbitre" sur le marché électronique de la publicité en ligne, dénonce la plainte en faisant référence au baseball.
Des accusations "sans fondement" pour Google
Plusieurs plateformes numériques, parmi lesquelles Amazon, TripAdvisor ou Yelp, se plaignent que Google favorise ses propres offres dans les résultats de recherche. Selon les calculs du cabinet de recherche eMarketer, Google tire de plus en plus de revenus de la publicité aux Etats-Unis. Mais face à la montée en puissance d'autres concurrents comme Facebook ou Amazon sur ce même créneau, sa part sur le marché total de la publicité en ligne y diminue, à 29,8% cette année contre 32,8% en 2018.
La Computer and Communications Industry Association (CCIA), qui représente des entreprises du secteur, a souligné dans un communiqué soutenir "l'application des lois antitrust là où les consommateurs sont lésés". Mais, ajoute-t-elle, "nous attendons de voir les preuves d'un préjudice causé aux consommateurs dans la mesure où les prix des annonces ont considérablement diminué au cours de la dernière décennie et que la concurrence s'est intensifiée". Google estime ainsi que les accusations des Etats américains sont "sans fondement".
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