Rachat de TikTok aux États-Unis: Trump dit négocier avec quatre acquéreurs potentiels
latribune.fr
Une loi votée par le Congrès américain en avril 2024 sous la mandature de Joe Biden contraint la maison mère chinoise de TikTok, ByteDance, à vendre l'application sous peine d'interdiction.
Le président américain assure que « beaucoup de gens sont intéressés » par le rachat des activités américaines de TikTok au groupe chinois ByteDance.
Plusieurs prétendants seraient sur les rangs pour racheter les activités américaines de TikTok. « Nous négocions avec quatre groupes différents, et beaucoup de gens sont intéressés », a indiqué dimanche Donald Trump à bord de l'avion présidentiel Air Force One, répondant à une question qui lui était posée sur le sujet.
Pour rappel, une loi votée par le Congrès américain en avril 2024, sous la mandature de Joe Biden, contraint la maison mère chinoise de TikTok, ByteDance, à vendre l'application sous peine d'interdiction. Entrée en vigueur le 19 janvier, elle avait entraîné l'inaccessibilité au réseau social pendant quelques heures pour les 170 millions d'utilisateurs outre-Atlantique. Mais dès le lendemain, lors de sa prise de fonction, Donald Trump a accordé à l'entreprise un délai de 75 jours supplémentaires pour se conformer à cette législation.
Ce laps de temps pourrait d'ailleurs encore être rallongé par la suite, a déjà fait savoir le dirigeant américain. Ou peut-être que ce ne sera pas nécessaire. « Il se pourrait » qu'un accord soit trouvé bientôt, a indiqué Donald Trump dimanche, estimant que les quatre propositions « sont bonnes ». Reste que, pour le moment, ByteDance ne semble pas intéressé par une cession.
Multiples convoitises
Parmi les projets en lice figure le « Project Liberty », créé par le promoteur immobilier et propriétaire de l'Olympique de Marseille, Frank McCourt. Avec l'investisseur Kevin O'Leary, il souhaite rendre Internet « plus sûr », notamment en redonnant aux utilisateurs le contrôle de leurs données personnelles. L'homme d'affaires s'est dit prêt à mettre 20 milliards de dollars sur la table avec d'autres partenaires, pour les activités américaines de l'application, mais sans son puissant algorithme de recommandation des contenus.
Ce projet repose en outre sur une partie de financement participatif. Ainsi, via une « offre populaire » baptisée « The People's Bid », des particuliers et des petites entreprises auraient la possibilité de prendre des parts dans la plateforme. Ce qui a motivé le cofondateur du réseau social Reddit, Alexis Ohanian, à rejoindre l'aventure la semaine dernière. « J'ai passé toute ma carrière à développer des technologies qui redonnent le pouvoir aux gens — c'est ce qui m'a plu dans "The People's Bid" », a-t-il déclaré. Et d'ajouter : « Il ne s'agit pas seulement de TikTok, il s'agit de réorganiser fondamentalement le fonctionnement de l'Internet. »
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En parallèle, la start-up d'intelligence artificielle Perplexity AI a soumis à ByteDance une proposition de fusion avec la filiale américaine de TikTok, qui valoriserait le réseau social à au moins 50 milliards de dollars. D'autres personnalités ont aussi fait part de leur intérêt, dont l'influenceur MrBeast et Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor durant le premier mandat de Donald Trump. La Maison-Blanche a par ailleurs évoqué d'autres racheteurs potentiels, tels que les entreprises Microsoft et Oracle, ainsi qu'Elon Musk.
L'interdiction de TikTok avait été justifiée par des motifs de sécurité nationale. Les États-Unis accusent en effet de longue date l'application de pouvoir servir d'outil de surveillance pour la Chine et de collecte massive de données sensibles. Si Pékin dément fermement ces accusations, la Cour suprême américaine avait rejeté la demande de suspension de la loi, estimant que les inquiétudes soulevées par le Congrès étaient légitimes.
Donald Trump a indiqué, lors de sa prise de fonction, vouloir utiliser le délai supplémentaire accordé pour évaluer les risques que posent TikTok et son actionnaire chinois en matière de sécurité et « déterminer si les mesures déjà prises par TikTok sont suffisantes ». Le républicain, qui avait pourtant voulu bannir l'application pendant son premier mandat, également au nom de la sécurité nationale, a toutefois relativisé les risques que pose le réseau social.
« Il y a tant de produits qui sont fabriqués en Chine et le seul dont ils [les élus du Congrès, NDLR] se plaignent, c'est TikTok », a déclaré Donald Trump. Avant d'ajouter : « Soyons honnêtes, nous avons des problèmes plus graves que de voir la Chine récupérer des informations sur de jeunes enfants », utilisateurs de cette application.
D'ici la date limite, fixée au 5 avril prochain, beaucoup de rebondissements peuvent encore se produire.