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Recherche d'emploi : l'interface gratuite de Google adoubée par les sites d'annonces

Photo de François Manens

François Manens

Publié le 07 juin 2019 à 15:22 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:32

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Google a lancé jeudi 6 juin la nouvelle interface de son moteur de recherche pour la recherche d'emploi. Côté utilisateur, l'interface donne accès en quelques clics à des offres plus précises. Côté sites d'annonces, la présence sur l'interface est gratuite et améliore les performances de leurs annonces. Pour l'instant, Google n'a pas de modèle économique adossé à la fonctionnalité.

Si vous cherchez aujourd'hui un emploi sur Google, vous aurez accès à une nouvelle interface dédiée. Lancée aux Etats-Unis en 2017, la fonctionnalité a été déployée hier en France. L'objectif : simplifier la recherche d'emploi. Google regroupe les offres émises sur différents sites, enlève les doublons, met en avant les informations essentielles et éjecte les offres périmées. Résultat, l'internaute peut économiser du temps et des clics auparavant utilisés pour naviguer sur chaque site séparément.

Du côté des sites d'annonces d'emploi, on accueille également la nouvelle interface avec enthousiasme. A la conférence de lancement, Monster, Hello Jobs, Cadremploi, Ouest-France et Pôle emploi étaient venus partager les retombées positives sur plusieurs indicateurs de performances. Même LinkedIn (Microsoft), Facebook ou encore le français Welcome To The Jungle font partie des "milliers" de partenaires de Google. La présence sur le nouvel outil est gratuite, et le géant californien n'y a pas adossé de modèle économique, du moins pour l'instant. Résultat, un seul acteur majeur du recrutement fait les frais de l'entrée de l'entreprise de Mountain View sur le marché : l'agrégateur d'annonces Indeed.

Plus de précisions dans la recherche

Google a prouvé l'attractivité de ses raccourcis de recherche dans des secteurs comme la restauration ou le cinéma. Entrez "restaurant mexicain" sur le moteur, il affichera des noms d'établissements à proximité, ainsi qu'un ensemble de données pertinentes comme l'ordre de grandeur des prix. Pour les emplois, le géant américain reprend sa formule gagnante : un menu spécifique apparaît juste en dessous des "annonces", ces liens sponsorisés pour lesquels les annonceurs rémunèrent Google. Les résultats indiquent l'intitulé de l'emploi et de l'employeur, le site et l'heure à laquelle l'annonce à été postée, mais aussi le temps de trajet depuis le domicile si vous l'avez renseigné sur votre compte Google, ou encore la rémunération (quand elle est précisée). Dernier indicateur, mais pas des moindres, Google met en avant les avis sur l'employeur publiés sur Glassdoor, Viadeo et ChooseMyCompany.

L'utilisateur peut ensuite ouvrir d'un clic une fenêtre spécifique, très similaire à l'interface de LinkedIn, dans laquelle il aura accès à plusieurs filtres de recherche : lieu, date de publication, type d'emploi et nom de l'employeur. Il peut enregistrer des annonces, et postuler où il le souhaite via le site de son choix.

"Les trois étapes [de curation] se font chez Google, puis on dirige vers les sites d'annonces", résume Florian Pagès, responsable partenariat chez Google France

Des indicateurs à la hausse pour les sites d'annonce

Les sites d'annonces d'emploi ont pu tester les effets de la nouvelle interface de Google pendant une expérimentation de deux mois. Le géant américain a donné accès à son nouvel outil à 1% du trafic sur son moteur de recherche. Sur cet échantillon, les représentants des sites se félicitent de taux de conversion entre 50 et 60%, soit 3 à 10 fois plus que leurs chiffres habituels. Cette mesure indique le nombre de personnes qui ont postulé après avoir vu l'annonce, et son augmentation confirme que Google affine avec succès les choix proposés aux chercheurs d'emploi.

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"Nous n'avons pas d'objectifs de résultats quand nous vendons les espaces d'annonce, mais on indique à nos clients combien de fois l'annonce a été vue et combien de personnes ont candidaté. Puis on compare à la norme du secteur pour évaluer l'attractivité de l'annonce", développe Amaury Leclercq De La Baume, responsable de Ouest-France emploi.

Pas de modèle économique pour Google ?

"C'est un écosystème ouvert et gratuit. Tout site peut en faire partie, il suffit d'intégrer des balises", explique Florian Pagès. Les sites doivent structurer leurs données selon une norme de référence imposée par le géant mais établie par un consortium. Plus les données seront précises, plus les offres liées apparaîtront haut dans le moteur de recherche. D'après le géant californien des "milliers de sites" s'y sont déjà adaptés.

Étonnement, Google n'a pas de modèle économique associé à cette nouvelle fonctionnalité. Les liens sponsorisés n'apparaissent pas dans l'outil, il n'y a pas d'espace publicitaire dédié, et à aucun moment les sites ne doivent sortir le portefeuille. Du côté de Ouest-France, Amaury Leclercq De La Baume se méfie. S'il n'hésite pas à vanter l'amélioration de l'expérience utilisateur des candidats, il sonde déjà Google sur le futur de la gratuité de l'interface. Du côté californien, le directeur France Sébastien Missoffe rassure : "notre objectif n'est pas d'écarter les intermédiaires que sont les sites".

Indeed, le grand perdant

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Grand absent du tableau des partenaires de Google, le géant du recrutement Indeed va devoir s'adapter à la concurrence de la nouvelle interface. Premier à apparaître dans le moteur de recherche lorsque l'on tape "recherche d'emploi", Indeed est désormais relégué derrière le nouvel outil de Google. Cette entreprise créée en 2004 référence sur son site les offres d'emploi postés aux quatre coins du net. Si un candidat est intéressé par un poste, il est redirigé sur le site source. En raison de son excellent référencement, les sites d'annonce d'emploi paient Indeed pour que leurs annonces soient mises en avant. Avec le nouvel outil, ces enveloppes publicitaires pourraient être réduites. Florian Pagès botte en touche lorsqu'on l'interroge sur l'absence de partenariat : "les discussions sont en cours depuis deux ans, et nous restons ouverts à un partenariat".

François Manens

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