Travail des enfants influenceurs : "Internet n'est pas une zone de non-droit"

 |  | 1281 mots
Lecture 6 min.
Bruno Studer, député LREM du Bas-Rhin et président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale.
Bruno Studer, député LREM du Bas-Rhin et président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale. (Crédits : DR)
ENTRETIEN. Simple loisir pour enfant ou travail illicite imposé par les parents ? Les mineurs "influenceurs", qui publient des vidéos sur Internet parfois à un rythme effréné, ne disposent toujours pas d'un cadre juridique protecteur. À l'heure où certaines de leurs chaînes YouTube génèrent des millions de vues et des revenus mensuels conséquents, des associations de protection de l'enfance s’inquiètent des dérives potentielles. Bruno Studer, député LREM du Bas-Rhin, est rapporteur d'une proposition de loi sur le sujet, qui revient devant l'Assemblée nationale en deuxième lecture mardi 6 octobre.

"Swan the voice", "mademoiselle Sabina", "Ellie's Magic World", "Studio Bubble Tea", "Démo Jouets"... Ces noms de chaînes vidéo YouTube ne vous évoquent peut-être rien, mais elles totalisent des millions d'abonnés et génèrent des milliers de vues toutes les semaines. Leur point commun : être tenues par des enfants mineurs de moins de 16 ans et leurs parents.

Ces chaînes ressemblent à des journaux de bord familiaux : parties de cache-cache filmées dans une maison, déballage de cadeaux... Par exemple, les frères Swan et Neo de la chaîne YouTube "Swan the voice", respectivement âgés de 9 et 15 ans, ont décliné à plusieurs reprises des défis comme "passer 24 heures dans la salle de bain". Publiée en août 2019, la vidéo d'une trentaine de minutes totalise plus de 10 millions de vues.

Cette activité, qui n'est pas encadrée juridiquement, peut parfois s'avérer très lucrative grâce à la publicité, le placement de produits ou encore des cadeaux en nature. C'est pourquoi plusieurs associations de protection de l'enfance appellent depuis des années à un meilleur encadrement de ces activités pour limiter le risque de travail forcé des mineurs, de spoliation des revenus ou encore de surexposition médiatique.

Bruno Studer, député LREM du Bas-Rhin et président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale, a déposé la proposition de loi "Exploitation de l'image d'enfants sur les plateformes en ligne" en décembre 2019. Adoptée un première lecture à l'unanimité par le Sénat en juin, elle repasse...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/10/2020 à 18:49 :
Ces gamins gagnent un pognon de dingue en s'amusant ou en faisant ce qui leur plaît. Pognon qu'ils toucheront à leur majorité. ils auraient tort de s'en priver. Et surtout, personne n'oblige les fans, followers, twittos de tous poils et de tous âges de les engraisser. Y a un marché, comme dirait n'importe quel banquier.
a écrit le 05/10/2020 à 18:10 :
L'anonymat sur internet doit être supprimé, il n'aurait jamais dû exister, c'est identique à l'expression dans un lieu public, aucune différence légale , l'anonymat bénéficie à toutes les délinquances et criminalités, internes et externes aux pays.
Les états se doivent de réagir, difffamer, insulter, proférer des appels à la haine sont passibles de sanctions pénales.
Et qu'on nous ne fasse pas le coup du droit à la liberté d'expression, cela n'a rien à voir.
Réponse de le 05/10/2020 à 18:44 :
Bien sûr teddy19 😁 !
a écrit le 05/10/2020 à 13:52 :
J'avoue ne pas comprendre le sujet.
Il existe un cadre c'est delui des enfants acteurs. Il me semble que cela devrait suffire à régler tous les litiges devant les tribunaux.
Peut-être que je me trompe mais il me semble que l'on crée un débat là ou il ne devrait pas y en avoir.
a écrit le 05/10/2020 à 11:59 :
"Internet n'est pas une zone de non-droit"

C'est bien, il semble que 20 ans après, ils commencent par y réflechir !!!

Mais au fait, le droit de qui? car de fait la aussi tout est question de la ou l'on regarde (le droit).

Et comme l'état délègue donc a microsoft casi tout, quel est le sujet juridique que peut être donc le net et par extension réseaux sociaux et autres?
a écrit le 05/10/2020 à 8:26 :
"cadre juridique protecteur"

Les enfants sont exposés aux pires dangers de la société de façon exponentielle, les enfants battus ont un cadre juridique protecteur qui leur sert à quoi vu qu'il y en a autant ? Les enfants victimes de parents pédophiles ont un cadre juridique protecteur également mais qui les protège de que dalle également. Au sein de notre société dans laquelle les enfants sont en danger parce que notre classe dirigeante ne pense qu'au blé, on peut au moins se dire que les parents de ces gamins exposés médiatiquement ont peu de chances d'êtres battus ou violés.

Réveillez-vous tous un peu hein, on est pas dans un monde de bisounours, la cupidité et l'incompétence de notre classe dirigeante est en train d'en faire un véritable enfer même de leur p... de monde.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :