Twitter : Elon Musk à court de solutions face à la fuite des annonceurs
François Manens
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Elon Musk, pompier-pyromane du modèle publicitaire de Twitter.
Reuters
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Elon Musk, pompier-pyromane du modèle publicitaire de Twitter.
Reuters
Le Twitter d'Elon Musk fonce tout droit dans une impasse financière, s'il continue dans cette direction. D'un côté, son moteur financier historique, la publicité, ne cesse de s'effondrer de semaine en semaine, alors qu'il alimentait près de 90% de son chiffre d'affaires. De l'autre, la nouvelle monétisation promue par Elon Musk, basée sur l'abonnement, continue d'être repoussée. Et il faudra ensuite convaincre les utilisateurs.
Il serait donc très peu probable que Twitter parvienne à réaliser à nouveau son chiffre d'affaires de 2021 (5,1 milliards de dollars), alors qu'il doit encaisser un milliard de dollars de coûts supplémentaires, pour rembourser une partie de la dette contractée par Elon Musk auprès d'un consortium de banques afin de conclure le rachat. Mais l'entreprise n'étant plus cotée en Bourse, le chiffre d'affaires 2022 pourrait être gardé secret par Elon Musk.
D'après Platformer, le chiffre d'affaires publicitaire de Twitter sur la région EMEA (Europe et Moyen-Orient) est en chute de 15% par rapport à l'an dernier, et les engagements hebdomadaires se sont même effondrés de 49%. Pourtant, la semaine du Black Friday (qui s'étend jusqu'au Cyber Monday), couplée au démarrage de la Coupe du monde de football, devait ramener un pic d'annonceurs sur la plateforme. Platformer donne l'exemple du WPP Group, qui aurait mis un terme à l'équivalent de 1,16 million de dollars de campagnes publicitaires, rien que sur la région EMEA, depuis l'arrivée d'Elon Musk.
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La fuite semble généralisée : d'après l'ONG Media Matters, 50 des 100 plus gros annonceurs mondiaux ont arrêté (ou annoncé qu'ils allaient arrêter) leurs dépenses sur Twitter depuis la prise de pouvoir de Musk. Le manque à gagner pour le réseau social serait de 317 millions de dollars. Il faut dire que Twitter n'est pas un acteur essentiel de la publicité, comme peuvent l'être Google, Meta (Facebook, Instagram) ou Amazon. Le réseau social n'est vu que comme un relais complémentaire, et donc dispensable, surtout à l'heure où les budgets de la publicité en ligne sont revus à la baisse sur l'ensemble du marché.
François Manens