Twitter retrouve enfin le chemin de la croissance, mais reste très fragile

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Si Wall Street a très bien réagi aux résultats de Twitter pour le premier trimestre, c'est surtout parce qu'ils sont meilleurs que prévu... pas parce qu'ils sont bons.
Si Wall Street a très bien réagi aux résultats de Twitter pour le premier trimestre, c'est surtout parce qu'ils sont meilleurs que prévu... pas parce qu'ils sont bons. (Crédits : © / Reuters)
Suite à la publication de résultats trimestriels meilleurs que prévus, le titre Twitter a bondi de plus de 10% en Bourse. Le réseau social a recruté 9 millions d'utilisateurs en trois mois, pour un total de 328 millions.

L'oiseau bleu chancelant a en a encore un peu dans le ventre. Alors que les marchés attendaient des résultats trimestriels moroses, Twitter a sorti de son chapeau des chiffres bien meilleurs que prévus, du genre à redonner le sourire aux iactionnaires, qui ont fait bondir le titre en Bourse de plus de 10% suite à l'annonce.

Une croissance inédite depuis plus d'un an

Les raisons de se réjouir ne sont pourtant pas très nombreuses. Mais les investisseurs ont réagi à un chiffre : la croissance du nombre d'usagers actifs mensuels, en panne depuis un an. Désormais, Twitter revendique 328 millions de twittos, soit une progression de 9 millions par rapport au trimestre précédent et de 7 millions par rapport à l'estimation des analystes.

Cette accélération surprise réjouit le Pdg, Jack Dorsey, qui y voit les fruits des différentes réformes engagées depuis un an, notamment la simplification du moteur de recherche interne et les améliorations dans l'ordre de présentation des tweets. Cela faisait quatre trimestres que le réseau social n'avait pas connu pareils niveaux de recrutement.

Twitter avait bien besoin de cette bonne nouvelle. Au plus bas à Wall Street depuis trois mois, le réseau social est très critiqué, y compris par ses propres actionnaires, pour son incapacité à devenir rentable et pour ses difficultés à attirer de nouveaux utilisateurs dans un paysage très concurrentiel avec Facebook, Snapchat ou encore Instagram. Au point que le réseau social a tenté, sans succès, de se vendre l'an dernier. Jack Dorsey, sur la sellette d'après des médias américains, a donc profité de ces résultats pour rappeler aux investisseurs que Twitter peut poursuivre seul sa route, et que sa stratégie de redressement est la bonne.

     | A lire. Et si Twitter devenait une coopérative détenue par ses utilisateurs ?

Une situation financière toujours très fragile

Mais si Wall Street a très bien réagi à ces résultats, c'est surtout parce qu'ils sont meilleurs que prévu... pas parce qu'ils sont bons. Le chiffre d'affaire est plus fort qu'anticipé, à 548,3 millions de dollars alors que les analystes attendaient 511,9 millions, mais il est plus faible qu'un an plus tôt (-8%) et il s'agit même du premier recul de cet indicateur depuis que la société s'est introduite en Bourse, en 2013.

De plus, le chiffre d'affaires publicitaire a lui aussi baissé de 11% sur un an, à 474 millions de dollars. Il dépasse cependant le consensus, qui était de 442,7 millions, mais il témoigne des difficultés rencontrées par l'entreprise pour monétiser son audience, surtout dans cette période de transition marquée par de nombreux changements de stratégie. Sur la publicité par exemple, Twitter a décidé de moins investir dans les tweets sponsorisés pour privilégier la vidéo en direct.

Jack Dorsey demande du temps

Au final, Twitter reste déficitaire, avec une perte nette s'élevant à 62 millions de dollars au premier trimestre. Mais là encore, c'est mieux qu'il y a un an : les pertes ont diminué de 11%.

Jack Dorsey demande donc du temps à ses actionnaires pour leur prouver que sa stratégie, basée sur la simplification du service, le développement de la vidéo et le renouvellement des formats publicitaires, va fonctionner.

A en juger par la réaction des marchés à des résultats somme toute assez médiocres, leur patience n'est pas encore à bout. Mais l'analyste Brian Wieser, de Pivotal Research Group, résume bien la situation : Twitter reste un acteur clé du paysage des médias sociaux, mais "il semble bien que les investisseurs ne vont pas faire de bénéfices de sitôt".

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Commentaires
a écrit le 27/04/2017 à 22:42 :
Trop endettée pour couler, les actionnaires sont obligés de laisser trainer car l'entreprise est ultra déficitaire. Parce-que du temps ils en ont pas manqué, ils en ont même eu plus que de raison.

On est à fond dans la médiocrité financière dont le but n'est pas de promouvoir une idée mais seulement un investissement.
a écrit le 27/04/2017 à 17:32 :
Et alors, ils sont où les détracteurs de Trump ? Sans lui, il n'y aurait pas de moyens de communication à la Maison Blanche, pas de Twitter et quelques milliers de chômeurs en plus :-) :-)

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