Vers une introduction en Bourse de TikTok pour clore le deal avec Trump ?

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(Crédits : ERIN SCOTT)
Pour faire aboutir les négociations qui doivent s'achever dans 72 heures entre la maison-mère chinoise, Oracle, Walmart et la Maison Blanche, la nouvelle entité gestionnaire de l'application de vidéos aux Etats-Unis pourrait inscrire l'ouverture de son capital aux marchés avec une IPO d'ici un an, selon Reuters.

Les négociations entre ByteDance, l'éditeur chinois de l'application de vidéos et l'administration de Donald Trump sont âpres. A trois jours de l'échéance fixée par le président américain, les termes de l'accord, qui doit acter la cession des activités américaines au profit d'un acteur local, le groupe chinois abattrait une nouvelle carte pour tenter de faire pencher la balance, selon des sources rapportées par Reuters : l'introduction en Bourse à Wall Street.

La semaine passée, la proposition du géant du cloud et des services Oracle avait été retenue pour devenir le partenaire local du Chinois. Mais hier, le feu vert officiel du comité de sécurité nationale du gouvernement américain (Cfius), qui examine l'offre, tardait encore.

Avec une IPO, ByteDance et ses futurs partenaires cherchent donc à lever les dernières craintes du comité qui voit dans les termes de l'accord avec Oracle un risque de laisser l'activité sous contrôle chinois. Certains médias évoquent une prise de participation minoritaire (jusqu'à 20%, selon CNBC) par Oracle. Or, avec ce deal, la maison mère chinoise, ByteDance conserverait une participation majoritaire. Une option rejetée en bloc par Donald Trump.

L'enjeu de la gouvernance de la nouvelle structure

Pour l'heure, la Maison blanche et ByteDance sont convenus d'une liste de conditions sur certains aspects d'un accord, mais Donald Trump n'a pas encore donné son aval, a déclaré l'une des sources citée par Reuters. Les principaux investisseurs américains de ByteDance, Oracle et éventuellement Walmart détiendront au moins 60% des opérations de TikTok aux Etats-Unis, a ajouté cette source.

En ouvrant la nouvelle entité "TikTok Global" à des actionnaires privés sur les marchés, les principaux investisseurs entendent ainsi rassurer sur la gouvernance de la structure américaine. Déjà, TikTok Global, doit se composer en majorité de directeurs américains, et un expert en sécurité sera nommé au Conseil d'administration, indique une source.

Prévue d'ici un an, l'IPO viendrait aussi réduire la part de ByteDance au capital. Attendue sur une Bourse américaine, elle serait l'une des plus importantes du secteur technologique. ByteDance a récemment été valorisée par les investisseurs à plus de 50 milliards de dollars.

Aucun commentaire n'a été obtenu auprès d'Oracle, de Walmart, et du département américain du Trésor.

Pour l'administration Trump qui prône le "America first" et craint surtout des opérations d'espionnage menées sur les données de l'application aux 100 millions d'utilisateurs - uniquement aux Etats-Unis -, l'issue du deal est crucial. En août, le président américain a ordonné de trouver un accord, sous peine d'interdire purement et simplement l'application adulée des adolescents sur le sol américain.

Lire aussi : États-Unis vs Chine : l'affaire TikTok, le basculement vers un Internet fragmenté ?

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Commentaires
a écrit le 19/09/2020 à 0:26 :
Tiens justement pendant que l'on en cause, pourquoi pas faire la même chose avec les datas des entreprises de l'UE stockées chez Google, Amazon, Microsoft, etc, tant qu'elles ne sont pas rapatriées dans des serveurs situés dans l'union européenne !!!
Alors les européens chiche que vous êtes pas capable de faire respecter la RGPD correctement dans l'UE ou vous allez encore vous défroquer devant l'administration US ?
Comment la souveraineté numérique !!! C'est pas que pour l'oncle Sam et la Chine ???
a écrit le 18/09/2020 à 11:04 :
En effet s'offrir aux marchés financiers de part la cupidité maladive de ceux-ci est moins stricte que d'être sous le contrôle directe de dirigeants américains, ça laisse plus de marge de manœuvre le financier étant ce personnage qui a vendu père, mère et nombreux amis pour devenir aussi riche, c'est pas lui qui sera trop regardant quant à la sécurité de son État.

Sauf peut-être aux États Unis.

Enfin notons quand tandis que nos dirigeants européens compromis jusqu'aux os avec l'oligarchie européenne nous dit que le protectionnisme c'est dépassé, Trump fait ce qu'il veut de tout le monde avec ce principe pourtant tabou, je me souviens de mes cours d'économie dans lesquelles ma prof nous affirmait que le protectionnisme c'est "mal".

"Mais pourquoi madame c'est quand même préserver l'économie intérieure d'une nation et sauvegarder les citoyens de celle-ci ?"

"Parce que c'est mal et puis c'est tout !"

Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.

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