Les Etats-Unis mettent fin à la "neutralité du net"

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(Crédits : Reuters)
La Commission fédérale des communications (FCC) s'est prononcé jeudi sur l'abrogation d'une règle datant de la présidence de Barack Obama qui oblige les fournisseurs d'accès internet (FAI) à traiter tous les services en ligne de la même manière, assurant ce qu'on appelle la "neutralité du net".

Le régulateur américain du secteur, s'est prononcée jeudi pour la fin du principe de "neutralité du net", qui oblige les fournisseurs d'accès internet (FAI) à traiter tous les contenus en ligne de la même manière. La décision de la FCC, qui a estimé que la réglementation actuelle était un obstacle aux investissements, autorise théoriquement les FAI à moduler la vitesse de débit internet en fonction du contenu qui passe dans leurs "tuyaux" ce qui pourrait aboutir à la création d'un "internet à deux vitesses".

Une décision qui va pénaliser les minorités

Cette décision "va affecter les pauvres, les marginalisés, les Noirs, les femmes (qui) n'auront plus accès aux communication, à l'information", avait affirmé l'artiste et réalisateur Damon Davis. Pierce Stanley, membre de l'organisation Demand Progress qui défend la neutralité, avait dénoncé une "abdication totale" de la FCC qui va "offrir l'internet libre en cadeau aux FAI".

La décision de la FCC autoriserait théoriquement les FAI à moduler la vitesse de débit internet à leur guise, en fonction du contenu qui passe dans leurs "tuyaux". Les défenseurs de la neutralité craignent donc que ces FAI ne créent un "internet à deux vitesses" en faisant payer davantage pour un débit plus rapide, ou en bloquant certains services leur faisant concurrence, comme la vidéo à la demande, la téléphonie par internet ou les moteurs de recherche.

Pour les partisans du projet de la FCC, les règles actuelles assimilent les opérateurs à des services publics et empêchent les investissements dans de nouveaux services comme les vidéo-conférences, la télémédecine et les véhicules connectés qui ont besoin du haut débit.

Statista Neutralité du Net

(Un graphique de notre partenaire Statista)

Un "Trump boy" à la manoeuvre

Le nouveau patron de la FCC, Ajit Pai, nommé par le président Donald Trump, avait décidé récemment de remettre le sujet sur la table et promis de mettre fin aux règles actuelles pour "restaurer la liberté d'internet". Il plaide pour le retour à une "approche réglementaire légère", revenant à la situation du début des années 2000 qui a permis à internet de s'épanouir.

De leur côté, les FAI promettent de gérer leur réseau de façon ouverte et transparente tandis que la FCC assure que les plaintes éventuelles seraient traitées par une autre agence, la Commission fédérale de la concurrence (FTC), spécialisée dans la protection des consommateurs et les règles anti-monopole. Une promesse à laquelle ne croient pas les défenseurs de la neutralité, estimant que la FTC n'a pas d'autorité légale pour gérer certains dossiers.

La situation américaine est unique car ce sont des opérateurs privés qui créent et investissent dans leurs propres réseaux, alors qu'ailleurs les infrastructures appartenant à un actuel ou ancien monopole sont partagées. Bien que très américain, le débat sur la "neutralité du net" concerne indirectement de nombreux autres pays qui fondent leurs législations internet sur le modèle américain. L'Union européenne a voté des directives, mais chaque Etat-membre a sa propre régulation.

(avec l'AFP)

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Commentaires
a écrit le 16/12/2017 à 15:13 :
TRANSPAC sort de ce corps...

C'est naze mais bon de quoi faire de l'accès au réseau un service public ? Faut pas rêver...

Qui volera l'orange ?
a écrit le 15/12/2017 à 9:38 :
C'est un péage sur le net. Rien n'empêche aujourd'hui un fournisseur de vendre des débits différents à ces clients. Les arguments justifiant la discrimination des services n'est donc pas valable. La possibilité de bloquer des services et des entreprises est grave, et devrait même être soumis à l'Organisation mondiale du commerce. C'est comme si on interdisait sur les autoroutes certaines marque de véhicule, et pas d'autres. C'est du protectionnisme. C'est grave pour les entreprises étrangères qui veulent faire des affaires aux USA. Sans parler d'une porte ouverte à la censure digne de la Chine.
a écrit le 15/12/2017 à 9:17 :
"L'Union européenne a voté des directives, mais chaque Etat-membre a sa propre régulation."

Tout ceci est bien confus, un article technique comparant avant et après la situation de chaque pays ne serait pas du luxe, difficile de s'y retrouver.

Que permettait la"neutralité" du net et dorénavant que peut il se passer depuis qu'il est abrogé svp ?

C'est un sujet passionnant mais qui est hélas bien souvent traité de la façon suivante:"Bouh les nuls ils suppriment la neutralité du net !"

Sachant très bien que derrière des mots nobles peuvent se cacher des interprétations fantasques un bon article bien technique sur le sujet ne serait pas du luxe svp.
a écrit le 15/12/2017 à 6:47 :
en français on n’écrit pas «  chaque Etat-membre a sa propre régulation « mais «  chaque Etat-membre a sa propre règlementation »...

... et à l’inverse « régulation » se traduit par « control » en anglais
a écrit le 14/12/2017 à 21:00 :
Après la baffe que les républicains viennent de se prendre aux sénatoriales de l'Alabama, je ne pense pas qu'il finira son mandat à la maison blanche.

Soit les républicains le débrancheront avant de tout perdre, soit ce sont les démocrates qui le dézingueront.

A moins, que comme Bush junior, il n'avale un bretzel de travers et qu'on puisse dire Bretzel-1/Trump-0

En tout cas il en aura fait des dégâts en quelques mois.

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