Martin Bouygues : « La consolidation des télécoms ? Arrêtons avec ce truc ! »

 |   |  707  mots
Martin Bouygues, le chef de file du groupe Bouygues, maison-mère de Bouygues Telecom.
Martin Bouygues, le chef de file du groupe Bouygues, maison-mère de Bouygues Telecom. (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
Lors de la présentation des résultats 2017 du groupe, ce jeudi, le chef de file de Bouygues, maison-mère de Bouygues Telecom, a affirmé qu’il ne comptait pas s’activer pour retrouver un marché des télécoms à trois opérateurs en France.

Il en a visiblement ras-le-bol qu'on l'interroge à ce sujet. Lors de la présentation des résultats 2017 du groupe Bouygues aux analystes financiers, ce jeudi, Martin Bouygues balayé d'un revers de main une question sur la possibilité d'une consolidation du marché français des télécoms. Agacé qu'on lui demande - pourtant fort logiquement - si Bouygues Telecom comptait jouer un rôle dans un hypothétique retour à trois opérateurs, le patron s'est montré cinglant :

« Sur la consolidation, arrêtons avec ce truc quoi ! Ça commence à être pénible et ça n'a aucun sens, a-t-il affirmé. On ne peut pas nous servir ça à chaque fois... Vous avez quatre opérateurs - enfin quasiment les quatre [comprendre : sauf SFR, Ndlr] - qui annoncent en 2017 une amélioration de leur profitabilité. Voilà. Ce n'est pas moi qui ait voulu l'arrivée d'un quatrième opérateur [Free en 2012]. Et que les choses soient bien claires : c'est en aucun cas moi qui serait l'artisan ou à la manœuvre sur une quelconque consolidation. Maintenant, chacun peut raconter ce qu'il veut... Moi, je vais vous dire, plutôt que d'être trois, il vaut mieux être tout seul ! Et je préfère être celui qui a le monopole, mais je ne suis pas sûr qu'on me propose ce plan-là ! »

« La plus forte croissance du secteur »

Voilà qui a le mérite d'être limpide. Même si, pour autant, Martin Bouygues n'a pas toujours tenu ce discours... En avril 2016, alors que Bouygues Telecom était en difficulté, il a refusé, après plusieurs mois de négociations, une offre d'Orange pour l'opérateur qu'il a créé en 1994. Néanmoins, il est vrai que le contexte est aujourd'hui différent. Autrefois présenté comme l'homme malade des télécoms françaises, Bouygues Telecom a échangé cette étiquette avec son rival SFR, qui a perdu énormément de clients ces trois dernières années. Surtout, l'opérateur affiche désormais des résultats solides. En 2017, ses ventes ont progressé de 6,08% à 5,08 milliards d'euros, pour un bénéfice en forte hausse, à 236 millions d'euros. Cela constitue « sans doute la plus forte croissance du secteur », s'est ainsi vanté Martin Bouygues ce jeudi.

Lors de la présentation des résultats du groupe aux analystes financiers, Olivier Roussat, le directeur général délégué de Bouygues, a salué les performances commerciales de l'opérateur. Dans le mobile, « nous avons eu une croissance soutenue », a-t-il affirmé. Fin décembre 2017, l'opérateur comptait 14,4 millions de clients (10,3 millions hors « machine to machine »), soit 500.000 de plus en un an. En outre, « on a poursuivi la conversion de notre base à l'usage de la 4G », a-t-il ajouté. « On avait 7,9 millions de clients 4G fin 2017, soit 1 million de plus par rapport à la fin 2016. »

Accélération dans les télécoms d'entreprise

Dans l'Internet fixe, Bouygues Telecom a également tiré son épingle du jeu. L'an dernier, l'opérateur a ajouté 340.000 clients à son portefeuille, pour un parc total de 3,4 millions d'abonnés. Surtout, Bouygues Telecom accélère ses recrutements dans le très haut débit. L'an dernier, il a ainsi plus que doublé son nombre de clients à la fibre, qui s'élève à 265.000 abonnés.

En parallèle de ses investissements dans la fibre ou dans la 4G, Bouygues Telecom compte se renforcer dans les télécoms d'entreprise, et particulièrement dans l'Internet fixe. « Nous avons des possibilités de progrès assez significatives dans ce domaine », a jugé Olivier Roussat. Il a rappelé que si Bouygues Telecom dispose d'une importante part de marché dans le créneau du mobile à destination des entreprises (« entre 22 et 23% »), l'opérateur n'en a que de « très petites » dans celui de l'Internet fixe. Pour y faire son nid, Bouygues Telecom envisage, selon le DG délégué, de racheter des acteurs pour acquérir l'expertise qui lui manque. Parmi les services aux entreprises qui intéressent le groupe, Olivier Roussat a évoqué celui de la sécurité. En parallèle, l'opérateur continue de miser sur le développement de l'Internet des objets, par le biais de sa filiale dédiée, Objenious.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/02/2018 à 17:36 :
De toute façon c'est en Europe que le problème va se poser surtout avec l'arrivée de la virtualisation du réseau. Regardez combien il y a d'opérateurs aux US et en Chine et vous avez une petite idée du jeu de massacre auquel on va assister sur notre continent...
Réponse de le 24/02/2018 à 15:14 :
C'est en effet au plan Européen qu'il faudrait réfléchir. Il serait probablement plus intéressant d'avoir une demi douzaines d'opérateurs pan-européens partout, que 3 nationaux dans chaque pays...
a écrit le 22/02/2018 à 18:50 :
quand on est aussi nombreux sur un marche aussi peu rentable, tt le monde se doute qu'il n'y aura pas de consolidation, sinon les politicards verreux trouveront qq ch en temps utile, par contre il faut mutualiser les couts et baisser les frais fixes ( y compris sur le personnel, vu que le consommateur ne veut rein payer....)
ceux qui vont hurler sont ceux qui ont les forfaits les moins chers car a titre personnel ils n'en n'ont pas les moyens de payer plus, mais sont contre le fait que des capitalistes licencient a cause d'eux!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :