Bisbilles entre France Télévisions et Lagardère sur la valeur de Gulli

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Le groupe de télévision publique souhaite céder les 34% qu'il détient dans sa chaîne jeunesse à son actionnaire majoritaire, Lagardère. Mais les discussions achoppent sur le prix. Le groupe privé envisagerait une offre inférieure de moitié à celle de France Télévisions.

Combien vaut Gulli, la chaîne jeunesse co-détenue par Lagardère et France Télévisions ? La question fait débat depuis plusieurs mois entre les deux actionnaires. France Télévisions souhaiterait céder sa participation de 34% à son co-propriétaire. Et ce dernier s'est publiquement déclaré repreneur potentiel. Problème : le prix.

Lagardère prêt à offrir entre 10 et 15 millions d'euros, France Télévisions veut au moins le double

La divergence de vue est grande entre les deux groupes. Selon nos informations, France Télévisions est prêt à céder ses 34% pour un montant compris entre 25 et 30 millions d'euros, soit une valorisation totale de la Gulli allant de 73 à 88 millions d'euros. La partie adverse voit les choses autrement. De bonne source, Lagardère pencherait plutôt sur une offre entre 10 et 15 millions d'euros, qui valorisait Gulli entre 29 et 44 millions d'euros. Mais le groupe de médias privé n'a pas fait de proposition officielle à son co-actionnaire. Interrogés, France Télévisions ne fait pas de commentaire, tandis que Lagardère ne s'est pas exprimé.

Combien vaut objectivement Gulli ? En 2011, un expert mandaté par France Télévisions avait estimé la chaîne à 110 millions d'euros. A l'automne dernier, les analystes d'Exane évoquaient un montant maximum de 100 millions d'euros. Progressivement, la chaîne a vu son audience, qui dépassait les 2% du marché en 2011, baisser. En janvier, l'audience reculait de 0,2 point sur un an à 1,6%.

Lagardère a l'air chiche
Si France Télévisions est aujourd'hui moins gourmand que ce que pensent les analystes, Lagardère paraît carrément chiche. Et pour cause. Le groupe est en position de force. Qui, à part lui, pourrait reprendre une participation minoritaire dans la chaîne? Le groupe de médias privé détient 66% du capital et n'est pas gêné par un actionnaire minoritaire. Le patron de Lagardère Active, Denis Olivennes, ne s'est pas privé de dire devant la presse qu'il se voyait continuer sa route avec France Télévisions, si aucun accord n'était trouvé.

En face, France Télévisions n'a pas beaucoup d'options. Son président, Rémy Pflimlin, a eu beau dire aux Echos « qu'il pourrait y avoir d'autres acheteurs », force est de constater que, selon nos informations, cela n'est pas le cas aujourd'hui. Donné comme candidat à une entrée au capital par la Lettre A, TF1 n'a pas eu de contact avec France Télévisions. « Nous n'avons jamais eu la moindre discussion et nous ne sommes pas intéressés. De toutes façons, nous avons déjà les sept fréquences [qu'accorde au maximum le CSA] », a indiqué il y a quelques jours son président, Nonce Paolini, devant quelques journalistes.

Assouplissement des obligations
France Télévisions parviendra-t-il à ses fins ? En tout cas, le groupe public tente de mettre toutes les chances de son côté. Le CSA a récemment assoupli les obligations de la chaîne enfants en matière de diffusion des programmes découverte, passant de 903 heures à 300 heures. Ce qui pourrait laisser plus de champ en matière de programmation à un nouvel entrant.

La réorientation de France 4
Il fut un temps où France Télévisions souhaitait plutôt se renforcer dans Gulli que se désengager. Mais ni le gouvernement de Nicolas Sarkozy, ni celui de François Hollande n'ont retenu cette option à l'heure où les caisses de l'Etat sont vides. En échange, France Télévisions s'apprête à réorienter la grille de France 4, vers les enfants. Essentiellement destinée aux jeunes adultes, sa programmation déplait son autorité de tutelle.
 

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Commentaires
a écrit le 01/03/2013 à 14:57 :
c'est la meilleure chaine ... VIVA GULLI ;
a écrit le 01/03/2013 à 9:18 :
L'Etat est aux abois, il cherche désespérément des sous. Lagardère est donc en position de force, rien d'étonnant!!.

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