Emploi, formation, image et retombées touristiques : les feuilletons quotidiens de type « Plus belle la vie » ou « Un si grand soleil » tout comme les séries, téléfilms unitaires ou films de cinéma tournés dans différentes villes françaises, mettent les régions sur le devant de la scène et font du bien à l’économie locale. Résultat, les territoires se concurrencent pour attirer les projets et le déploiement des studios de tournage voulu par La Grande Fabrique de l’image du plan France 2030 encourage les innovations. Décryptage.Des histoires du quotidien, des décors baignés de soleil, des audiences insolentes, autour de 3 millions de téléspectateurs en moyenne par jour : Plus Belle la vie, le pionnier des feuilletons quotidiens a longtemps régné en monopole sur France 3. Au moment où TF1 relance la marque sous le titre Plus belle la vie, encore plus belle, ce soap tourné au pôle média de la Belle de Mai à Marseille mais aussi dans la banlieue de la cité, à Allauch, a vu arriver plusieurs concurrents ces dernières années : Demain nous appartient et Ici tout commence, tournés à Sète et Saint-Laurent d'Aigouze pour TF1, Un si grand soleil, situé à Montpellier sur France 2. À ces productions made in Occitanie ou Région Sud, s'ajoutent, de Lille à la côte basque en passant par la Bretagne de multiples collections (Meurtres à...), séries (HPI, Les Petits meurtres d'Agatha Christie) ou unitaires (Claire Andrieux, Seul), ancrés dans la réalité des territoires.
L'essor de la fiction, genre de programmes le plus consommé à la télévision et le succès croissant des œuvres françaises, y compris sur les plateformes de streaming, a aiguisé l'appétit et la concurrence des régions (l'Ile-de-France jouant hors catégorie). Les retombées sont telles qu'elles n'hésitent pas à aider au financement et à faciliter les tournages.
8 à 10 euros injectés dans l'économie locale par euro investi
« Pour attirer les productions sur leur territoire, les régions proposent des soutiens à l'écriture, au développement et à la production des œuvres » rappelait en septembre dernier le CNC, dans une note publiée au moment du Festival de la fiction de La Rochelle « Chaque année, les Hauts-de-France investissent 8,6 millions d'euros dans le soutien à la création. En Région Sud, le fonds d'aide est passé de 6 à 7,25 millions en 2020 ».
Afin de remporter le tournage à Vitré (Ille-et-Vilaine) de la série rurale diffusée sur france.tv, Déter, la Région Bretagne, dont le fonds d'aide à l'audiovisuel a grimpé à 4 millions d'euros, n'a lésiné ni sur l'accueil ni sur l'accompagnement économique du projet. Alors que le Conseil régional estime qu'un euro investi permet de réinjecter 8 à 10 euros dans l'économie locale, il a co-financé avec Vitré Communauté, les 200 épisodes de 7 minutes pour un montant global de 800.000 euros, soit près de 10% du budget total de 10 millions d'euros.