Recyclage des papiers : la presse devra verser jusqu'à 16 millions d'euros par an

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Selon ce décret, les journaux pourront payer jusqu'à un quart de leur contribution sous forme de prestations en nature aux éco-organismes, à savoir des encarts publicitaires dans leurs colonnes destinés à améliorer le tri.
Selon ce décret, les journaux pourront payer jusqu'à un quart de leur contribution sous forme de "prestations en nature" aux éco-organismes, à savoir des encarts publicitaires dans leurs colonnes destinés à améliorer le tri. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
Cette éco-contribution est déjà demandée à tous les émetteurs de papiers imprimé. En 2015, elle s'élevait à 54 euros la tonne de papier mise sur le marché.

Elles étaient exemptées mais vont désormais devoir passer à la caisse. Les publications de presse devront contribuer à partir de 2017 au financement de la filière de recyclage des papiers, selon un décret publié mercredi au Journal officiel. Cette mesure devrait coûter 13 millions d'euros chaque année à la presse magazine et 3 millions à la presse quotidienne nationale, selon les syndicats du secteur joints par l'AFP.

Cette éco-contribution est déjà demandée à tous les émetteurs de papiers imprimés - dont les journaux gratuits, même quotidiens - et les metteurs sur le marché (société qui introduit un produit en premier sur le marché français) de papiers graphiques.

Ces derniers versent une contribution à l'éco-organisme Ecofolio, agréé par l'Etat pour gérer la collecte et le recyclage des déchets de papiers. En 2015, cette éco-contribution s'élevait à 54 euros la tonne de papier mise sur le marché.

Possibilité de réduire la fracture

Selon ce décret, les journaux pourront payer jusqu'à un quart de leur contribution sous forme de "prestations en nature" aux éco-organismes, à savoir des encarts publicitaires dans leurs colonnes destinés à améliorer le tri.

"C'est un système équilibré. On a trouvé un système qui permet d'utiliser la capacité de la presse à communiquer sur l'amélioration du tri, tout en optimisant l'économie circulaire du tri", note pour l'AFP Pascale Marie, directrice générale du syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM).

Cette possibilité de "prestation en nature" est assortie de conditions notamment sur l'incorporation de fibres recyclées dans le papier de ces publications, la non-utilisation d'élément "perturbateur du recyclage" ou encore sur une distance maximale entre l'imprimerie, la papeterie fournissant le papier et le centre principal de diffusion de la publication.

Les hebdomadaires télé, qui sont "vertueux" selon le SEPM, pourraient ainsi verser une contribution moindre mais diffuser chacun jusqu'à 34 pages par an de communications sur le tri.

Des calculs jugés complexes

Le décret est applicable sur les tonnages de papiers diffusés en 2017 pour un premier versement en 2018.

"Il y a à l'intérieur d'un journal et de ses suppléments des sources et qualités de papiers différents" qui rendent les calculs complexes, explique Denis Bouchez, le directeur du SPQN, tout en soulignant la "responsabilité écologique" des éditeurs de presse.

La France a recyclé l'an dernier 55% des papiers issus de la collecte municipale, selon les chiffres d'Ecofolio. Si Ecofolio était jusqu'ici le seul éco-organisme agréé par l'Etat pour gérer les déchets de papiers, la procédure de renouvellement des agréments est en cours pour la période 2017-2022 et pourrait aboutir à l'arrivée de nouveaux acteurs.

>> Lire Tri des déchets : Paprec saisit au bond la balle de l'industrialisation

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 06/07/2016 à 19:44 :
Il faudra encore de la pédagogie, un voisin jette encore le papier dans la poubelle générale (facile à identifier quand ce sont des enveloppes pour un vote), le conteneur est pourtant juste à côté, à 30cm. Les consignes doivent être trop complexes ? Pourtant la pulpe de papier est précieuse, sans empêcher d'en fabriquer d'autre toute neuve pour ceux qui pensent que recycler ça tue l'emploi de fabrication.
a écrit le 06/07/2016 à 19:12 :
Dommage que la connerie ne soit pas émettrice directe de carbone sinon qu'est-ce que les télévisions et radios devraient payer... Ils seraient même obliger de moins en produire.

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