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Vivendi : les actionnaires valident largement le projet de scission

latribune.fr

Publié le 09 décembre 2024 à 06:19 - Mis à jour le 09 décembre 2024 à 16:05

C'est une étape importante dans l'histoire du groupe Vivendi du milliardaire breton Vincent Bolloré.

C'est une étape importante dans l'histoire du groupe Vivendi du milliardaire breton Vincent Bolloré.

VIOLETA SANTOS MOURA

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Les actionnaires de Vivendi se prononçaient sur la scission en quatre entités du géant français des médias et de l'édition, contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré qui garde la main.

[Article publié le lundi 9 décembre à 07H19 et mis à jour à 17H05]

C'est un large feu vert qu'ont accordé les actionnaires à Vivendi ce lundi. Ils ont, en effet, approuvé à la quasi unanimité le projet de scission en quatre entités du géant français des médias et de l'édition, contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré.

Lors de cette réunion clé se tenant à partir de 15h00 à Paris, au théâtre des Folies Bergère, trois résolutions étaient mises au vote. Concernant respectivement les sociétés Canal+, Havas et Louis Hachette Group, qui ont vocation à devenir indépendantes de Vivendi, elles ont été validées chacune à plus de 97%.

Selon le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, c'est «un nouveau chapitre de son histoire» qui s'ouvre pour le groupe, «tout en restant fidèle à ce qu'il est».

« Le point de départ » de l'opération, annoncée il y a un an, était « le cours de bourse de Vivendi », qui « ne reflétait pas la véritable valeur de ses actifs », a rappelé Yannick Bolloré, fils de Vincent Bolloré et président du conseil de surveillance de Vivendi.

La décote de conglomérat atteignait 44%, ce qui constituait « un handicap pour nous actionnaires et pour le développement de nos activités », a-t-il ajouté. Autrement dit, le tout valait moins que la somme des parties du mastodonte français.

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Telecom Italia : Vivendi soupçonné de préparer la vente de ses parts

Actionnaire de référence

Le groupe Bolloré, détenant actuellement 29,9% de Vivendi, restera « un actionnaire de référence dans les quatre sociétés », qui « permettra de passer d'un modus operandi de fratrie aujourd'hui, à une forme de cousinade entre entités demain », expliquait, fin octobre, aux Echos le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine.

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L'étape suivante est, à partir du 16 décembre, la cotation de Canal+ à la Bourse de Londres, celle d'Havas (communication) à Amsterdam et celle de Louis Hachette Group à Paris sur le marché Euronext Growth, régulé mais non réglementé. La holding Vivendi restera en Bourse à Paris.

Concrètement,« si vous avez une action Vivendi, vous recevrez une action Canal+, une action Havas et une action Louis Hachette Group, et vous garderez votre action Vivendi », était-il expliqué aux actionnaires.« Le cours de Vivendi s'ajusterait », précisait encore le groupe, valorisé près de 8,9 milliards d'euros et qui comptait fin 2023 quelque 73.000 employés.

Les petits actionnaires opposés à cette décision

« Ce projet est dans l'intérêt de tous les actionnaires. Il n'y a pas d'autre alternative à part le statu quo », a insisté Yannick Bolloré, ce lundi. Un avis qui n'est toutefois pas partagé par certains petits actionnaires, très minoritaires. Le fonds activiste CIAM, qui détient 0,025% du capital, a lancé des actions tous azimuts pour bloquer cette scission. Saisi en référé, le tribunal de commerce de Paris a refusé sa demande de report de l'assemblée générale et doit se prononcer au fond sur la validité du projet. En outre, CIAM conteste devant la cour d'appel de Paris un avis de l'Autorité des marchés financiers.

Selon le fonds, les « places étrangères ou moins réglementées » permettront à Vincent Bolloré d'augmenter à l'avenir ses participations et donc de renforcer son « contrôle sur Canal+, Havas et Louis Hachette Group, sans avoir à lancer d'offre publique » d'achat, tout en vidant « Vivendi de ses actifs essentiels ». Sous le seuil réglementaire de 30%, Vincent Bolloré n'a jamais été contraint de lancer une offre obligatoire sur Vivendi.

Son fils s'est voulu rassurant, ce vendredi, assurant que la scission est « la voie qui permet de créer de la valeur pour l'ensemble des actionnaires ». Et s'il s'agissait pour le groupe Bolloré de prendre son contrôle, « ce n'est pas cette stratégie qu'il choisirait ».

Depuis 10 ans aux manettes

Le très conservateur Vincent Bolloré a pris la tête de Vivendi à partir de 2014. La holding continuera de développer l'éditeur de jeux vidéos Gameloft qu'elle détient à 100% et de gérer diverses participations minoritaires (Universal Music Group, Banijay, TIM, Prisa...). Avec une participation de 66,5% dans Lagardère SA et 100% de Prisma Media, Louis Hachette Group couvre édition (Hachette Livre, numéro un français), distribution (Relay) et certains médias (Europe 1, JDD, Voici, Géo...).

Autres trouble-fête ce lundi : la campagne « Désarmer Bolloré ». Des organisations et personnalités avaient annoncé se mobiliser à midi près de l'AG pour « dénoncer publiquement l'omnipotence financière et médiatique du groupe Bolloré et son rôle dans l'extrême droitisation de la société française ». De son côté, Vincent Bolloré réfute promouvoir une telle « idéologie ».

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Canal+ retire ses chaînes payantes de la TNT

Le 5 décembre, Canal+ a annoncé le retrait, à partir de juin 2025, de ses quatre chaînes payantes de la TNT (Canal+, Canal+ Cinéma, Canal+ Sport, Planète), manière d'alléger ses coûts, mais aussi de répondre à la décision de l'Arcom de ne pas renouveler la fréquence de C8 sur la TNT le 28 février dernier. Le 6 décembre, il a ajouté la suppression de 250 postes, dont 150 en lien avec cette annonce de l'autorité indépendante, d'après l'intersyndicale.

« Tirant les conséquences du retrait de la chaîne C8, première chaîne de la TNT, par l'Arcom et d'un environnement fiscal et réglementaire de plus en plus contraignant pour le groupe en France, Canal+ annonce le retrait de ses chaînes payantes de la TNT », indiquait ainsi un communiqué du groupe.

Le groupe conservera toutefois deux chaînes en clair sur la TNT après le 28 février : la chaîne d'info CNews et CStar, mêlant musiques et magazine.

(Avec AFP)

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