Menacée par Trump, TikTok veut rester aux Etats-Unis

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Le réseau social est soupçonnée par Washington de partager ses données avec Pékin, ce que l'entreprise a toujours fermement nié.
Le réseau social est soupçonnée par Washington de partager ses données avec Pékin, ce que l'entreprise a toujours fermement nié. (Crédits : DADO RUVIC)
Après les déclarations du président américain, qui a annoncé samedi vouloir bannir TikTok des Etats-Unis, l'avenir de la startup paraît de plus en plus incertain.

Vendue? Rachetée? Bannie? L'appli TikTok, mal aimée de Donald Trump mais plébiscitée par les jeunes, en voit de toutes les couleurs depuis 48 heures, entre menaces d'interdiction au sommet et négociations au point mort.

Vendredi, après des semaines de rumeurs et de pression, la Maison Blanche faisait savoir que le président allait signer un ordre officiel forçant la maison-mère chinoise ByteDance à s'en séparer, au nom de la protection de la sécurité nationale. Plusieurs médias américains révélaient dans la foulée que Microsoft était en négociations avancées pour racheter l'application. Mais vendredi soir, à bord de l'avion présidentiel, Donald Trump a annoncé qu'il "bannissait TikTok des Etats-Unis". Il a aussi précisé aux reporters qu'il n'était pas en faveur d'une opération de rachat des activités américaines de TikTok par une société de son pays.

Le réseau social est soupçonnée par Washington de partager ses données avec Pékin, ce que l'entreprise a toujours fermement nié. Le rapatrier aux Etats-Unis, grâce à une acquisition, semblait à de nombreux acteurs en présence une solution idéale. Mais les négociations entre Microsoft et TikTok étaient au point mort samedi, d'après le Wall Street Journal (WSJ), à cause de l'opposition du président américain. Selon le quotidien, les discussions auraient pu aboutir dès lundi. Les deux sociétés attendent désormais plus de clarté de la part de la Maison Blanche.

"Ici pour rester"

"Ca devient bizarre. Une vente à 100% à une entreprise américaine, qui aurait été considérée comme une solution radicale il y a deux semaines, permet de pallier les inquiétudes raisonnables sur la protection des données", a tweeté samedi Alex Stamos, ancien responsable de la sécurité chez Facebook et chercheur à l'université de Stanford.

"Si la Maison Blanche tue (ce rachat), on saura qu'il ne s'agissait pas de sécurité nationale".

En attendant, l'interdiction annoncée par le président interroge et inquiète.

"Nous sommes ici pour rester", a déclaré samedi Vanessa Pappas, responsable de la branche Etats-Unis de TikTok, dans une vidéo enjouée sur l'application, à l'attention des utilisateurs.

"Nous avons entendu votre déferlement de soutien et nous voulons vous dire merci. Nous n'avons pas l'intention de partir", a-t-elle insisté.

Vanessa Pappas s'est aussi dite "fière" des 1.500 employés américains et a promis de créer "10.000 emplois additionnels dans ce pays au cours des trois prochaines années".

La plateforme de divertissement -principalement des vidéos musicales courtes- compte près d'un milliard d'utilisateurs dans le monde. Sa popularité s'est encore renforcée à la faveur des mois de pandémie. Depuis le début des menaces, des utilisateurs font circuler des messages angoissés de soutien, des conseils techniques pour ne pas perdre l'accès (ou des liens vers les comptes Instagram) et des vidéos humoristiques. Sur l'une d'entre elles, vue 1,4 million de fois, une femme s'étale de la peinture orange sur le visage et construit un mur en briques, sous l'intitulé "Moi en train de convaincre Trump de nous laisser garder TikTok".

Américanisation

"Les Etats-Unis seraient les grands perdants si TikTok était bannie", a déclaré samedi Daniel Castro, vice-président de la Information Technology and Innovation Foundation, dont les vues sont généralement alignées sur celles des géants de la tech.

"Des millions d'Américains, y compris de nombreux supporters de Trump, l'utilisent pour créer et partager des contenus. (...) Tous ses serveurs sont situés hors de Chine, et il n'y a aucune preuve qu'elle constitue une menace pour la sécurité nationale".

Ces derniers mois, le réseau social a tenté de démontrer que son identité et ses pratiques étaient solidement ancrées aux Etats-Unis. Le 1er juin, Kevin Mayer, l'ancien responsable des plateformes de streaming de Disney (Disney+, Hulu et ESPN+), a pris la tête de la plateforme. Début juillet, l'application a interrompu son activité à Hong Kong à cause de la récente loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine, qui donne plus de pouvoirs à la police, notamment en matière de surveillance. Insuffisant pour rassurer le président, qui considère la plupart des réseaux sociaux biaisés en faveur des démocrates, malgré ses quelque 80 millions d'abonnés sur Twitter.

"Bannir une plateforme, même si c'était légalement possible, nuit à la liberté d'expression en ligne et ne fait rien pour résoudre le problème plus vaste de la surveillance gouvernementale non justifiée", a réagi Jennifer Granick, de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU.

Lors du meeting de campagne de Donald Trump à Tulsa (Oklahoma) fin juin, marqué par des rangées de sièges vides et la vidéo d'un président visiblement dépité, des adolescents avaient proclamé sur TikTok qu'ils avaient commandé de nombreux billets d'entrée avec la ferme intention de ne pas y aller.

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a écrit le 03/08/2020 à 10:09 :
Sur ce coup là les USA montrent qu'ils sont prêt à utiliser des moyens déloyaux pour garder leur suprématie numerique. Voilà qui va donner de l'eau au moulin à ceux qui veulent réguler les Gafas.
a écrit le 03/08/2020 à 6:04 :
Bah, trump sera bientot de l'histoire ancienne. Il se prend pour le roi, mais fort heureusement la Constitution americaine a prevu les exces des fadas.
a écrit le 02/08/2020 à 19:08 :
et si on interdisait les gafa, nous aussi qui nous maintiennent en dépendance et ont tous nos devis, secrets, emails, plans, codes sources, naifs que nous sommes ?
a écrit le 02/08/2020 à 11:13 :
Encore une lubie Trumpienne.

Je doute que Tik Tok soit moins un danger pour la sécurité des données personnelles en étant US que chinoise.

La réalité est que Trump n'a pas avalé que les ados de Tik Tok ont réussi de façon magistrale à transformer son meeting de Tulsa (des millions et des millions de personnes attendues, selon Trump) en un fiasco retentissant (salle au 2/3 vide et in fine un très joli cluster à Covid).

En appelant à réserver des places en masse et à boycotter au dernier moment, les tik tokeurs et tokeuses, lui ont infligé un camouflet public cuisant...
Et ca, pour Trump c'est au moins une atteinte grave à la sureté de l'état. :-))

Pour autant la chose est loin d'être faite. Trump n'est pas omnipotent et se mettre à dos plusieurs centaines de millions d'internautes à quelques mois de la présidentielle n'est pas un bon plan.
Même si Trump n'est plus assez lucide pour s'en rendre compte, d'autres chez les républicains ont fait leur bilan.
a écrit le 02/08/2020 à 10:33 :
Selon l'article, cette boîte emploie 1500 personnes aux USA , c'est assez incroyable au vu de l'utilité du bidule.
Rien à faire de Tik tok, allez ouste
a écrit le 02/08/2020 à 9:51 :
Il est évident que tik tok partage ses données avec le pc chinois tout comme les mini satellites de Musk et de Bezos espionneront le monde pour le gouvernement américain c'est juste que les états unis avec un président fort exploitent au mieux leur immense longueur d'avance, ils ont toujours fait comme ça on ne reste pas éternellement premier en laissant l'oligarchie décliner sur ses seuls intérêts.

Tandis que les médias européens aboient la caravane américaine passe.
a écrit le 02/08/2020 à 9:50 :
Nous savons bien que l'Oncle Sam n'a pas de grandes oreilles à l’écoute du monde, ce qui fait qu'il peut donner des leçons à la terre entière ! Et franchement, que dire de Google régulièrement accusé d'espionnage. Google, Apple...qui peut avoir confiance à 100 % ? Même Amazon est suspecté d'espionnage.
a écrit le 02/08/2020 à 9:14 :
tiens, les chinois sont surpris quil leur arrive ce qu'ils ont fait aux occidentaux
on a du mal a croire qu'ils decouvrent qu'en fait leur comportement va leur retomber dessus!
et pour la vente de produits aux occidentaux il faudra dorenavant qu'ils fassent des coentreprises a 49-51 ou ils apporteront l'argent et les technologies, qu'ils devront transferer
je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que leur regle du jeu ne va pas leur plaire!

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