Orange et Free s’entendent pour en finir avec l’itinérance

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Xavier Niel, le patron d'Iliad, la maison-mère de Free.
Xavier Niel, le patron d'Iliad, la maison-mère de Free. (Crédits : Reuters)
Les opérateurs ont annoncé mercredi la signature d’un accord prévoyant l’extinction progressive de cet accord qui permet aux utilisateurs de Free de disposer du réseau mobile d’Orange là où il n’en a pas.

Voilà qui devrait sonner le début du « sevrage » de Free, comme le souhaitait de longue date Sébastien Soriano, le chef de file de l'Arcep, le régulateur des télécoms. Ce mercredi, l'opérateur de Xavier Niel et Orange ont annoncé la signature d'un accord visant à sortir progressivement de l'itinérance. Cet accord permet aux abonnés de Free d'emprunter le réseau mobile 2G et 3G d'Orange là où il n'en dispose pas. Concrètement, cette extinction ne se fera pas d'un coup. Elle aura lieu progressivement, à compter de janvier 2017 jusqu'à la fin 2020. Sur cette période, Free limitera progressivement le débit qu'il propose à ses abonnés lorsque ces derniers sont en itinérance sur le réseau d'Orange. Jusqu'à leur proposer, en 2020, du EDGE, soit un débit particulièrement faible. Même si Orange et Free se sont mis d'accord, il leur reste à décrocher le feu vert de l'Arcep.

Depuis quelques temps, l'institution s'est montrée particulièrement pressante concernant le contrat d'itinérance liant Free et Orange, mais aussi concernant le contrat de mutualisation entre Bouygues Telecom et SFR.

Dans le cadre de la loi Macron, l'Arcep bénéficie de nouveaux pouvoirs concernant le partage des réseaux mobiles. Le régulateur a ainsi publié ses lignes directrices le 25 mai dernier pour mettre en œuvre ces pouvoirs. Il souligne que si l'itinérance « peut avoir des effets bénéfiques et peut se justifier au regard des objectifs de régulation », elle « ne peut qu'être transitoire ou limitée en termes de périmètre » parce qu'elle pourrait inciter les opérateurs à investir moins.

Filet de sécurité

Pour Free, cette extinction progressive s'apparente ici à un filet de sécurité pour éviter que ses clients se retrouvent sans rien. L'opérateur de Xavier Niel pourra faire valoir à l'Arcep que les termes de son accord avec Orange constituent une incitation à investir dans son propre réseau pour palier la diminution du débit dans les zones non-couvertes.

« Free Mobile, qui a respecté les deux premières obligations de déploiement de sa licence et acquis un portefeuille de fréquences significatif, a massivement investi dans le déploiement de son réseau qui couvre aujourd'hui 84,5% de la population en 3G et 68,3% en 4G », avance ainsi l'opérateur de Xavier Niel dans son communiqué.

Il faut dire que Free a déboursé 932 millions d'euros l'an dernier pour décrocher de nouvelles fréquences mobiles. Orange, de son côté, continuera donc à toucher de l'argent de la part de Free jusqu'en 2020. Si l'opérateur historique s'est toujours refusé à révéler le montant de ces revenus, plusieurs médias ont évoqué une fourchette de 400 à 500 millions d'euros pour l'exercice 2015.

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