Vente des fréquences 4G : c’est terminé !

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L'état décrocherait un pactole de 2,8 milliards d'euros au terme de la vente.
L'état décrocherait un pactole de 2,8 milliards d'euros au terme de la vente. (Crédits : reuters.com)
D’après Le Monde, les enchères pour les nouvelles fréquences 700 MHz, vitales pour les opérateurs télécoms dans leurs déploiements du très haut débit mobile, se sont achevées à la mi-journée. In fine, Orange et Free auraient décroché deux lots chacun, contre un lot pour SFR et Bouygues Telecom.

Tout est donc allé très vite. Les enchères pour l'attribution des nouvelles fréquences 4G aux opérateurs mobiles de l'Hexagone, qui avaient débuté lundi, se sont achevées mardi, à la mi-journée. C'est ce qu'a rapporté Le Monde, qui ne cite pas ses sources.

A Bercy comme à l'Arcep, le gendarme des télécoms, on se refuse à tout commentaire avant les communiqués officiels après la clôture de la Bourse. Reste que selon le site du quotidien du soir, les 30 MHz (divisés en six blocs) de la bande dite des « 700 MHz » mis en vente ont trouvé preneurs. Orange et Free auraient décroché 2 lots de 5 MHz chacun, contre un lot pour SFR et Bouygues Telecom.

L'Etat encaissera 2,8 milliards d'euros

Toujours d'après Le Monde, le prix des lots serait monté à 466 millions d'euros l'unité, au terme de 10 tours d'enchères. Ce qui veut dire que l'Etat encaissera près de 2,8 milliards d'euros, lesquels ont déjà été inscrits au Budget 2015. Un joli pactole, puisque l'Etat espérait a minima tirer 2,5 milliards d'euros de cette vente.

Pour les opérateurs, il n'était pas question de passer à côté de cette vente. Et pour cause, cette « bande des 700 MHz », également appelée « fréquences en or », s'avèrent vitales pour les opérateurs télécoms. S'ils n'en ont pas besoin dans l'immédiat, elles leurs seront indispensables pour déployer le très haut débit mobile dans le tout le pays, et faire face à l'appétit croissant en bande passante de leurs clients.

Des actifs accessibles à partir de 2017

Ces fréquences - qui ne seront toutefois libérées progressivement qu'à partir du mois d'octobre 2017 - disposent en effet de propriétés physiques alléchantes. Elles appartiennent à la catégorie des « fréquences basses », qui pénètrent très bien les bâtiments. En outre, leur signal porte à très longue distance, ce qui permet aux opérateurs de déployer et d'organiser leurs réseaux d'antennes-relais à moindre coût.

Un opérateur en particulier ne pouvait surtout pas rater l'opportunité de cette vente : il s'agit de Free. De fait, au contraire de ses rivaux, le « trublion des télécoms » ne disposait, jusqu'alors, pas de ces précieuses fréquences basses. Dès qu'il pourra utiliser ses nouveaux actifs, Free - qui dispose actuellement d'un contrat avec Orange pour utiliser ses antennes 3G dans les zones où il n'est pas présent -, devrait améliorer sensiblement sa couverture de l'Hexagone.

Une répartition des blocs conforme aux attentes

Au final, il n'y a pas vraiment eu de surprise dans la répartition des blocs de fréquences. L'actuel scénario correspond à ce que bon nombre de spécialistes envisageaient depuis longtemps. Au mois de juin dernier, plusieurs d'entre eux, sondés par La Tribune, pariaient déjà sur le fait que Free, qui ne pouvait pas laisser passer l'occasion, décrocherait deux lots. Idem pour Orange, qui joue à fond la carte de la qualité de son réseau.

Une certaine incertitude concernait le positionnement de SFR et de Bouygues Telecom. Pour le premier, propriété du boulimique magnat des télécoms et des médias Patrick Drahi, un bon connaisseur du secteur jugeait toutefois « étonnant que le groupe ait plus de 5 MHz ». « Pas question de faire n'importe quoi, il faut rembourser la dette », nous disait un autre.

Bouygues Télécom enrichit encore son portefeuille

Quant à Bouygues Telecom, beaucoup jugeaient que le groupe disposait déjà d'un portefeuille de fréquences bien garni. Le fait que l'opérateur s'offre un bloc peut s'interpréter de différentes façons. Certains y verront la preuve que le groupe veut continuer son cavalier seul dans un marché français à quatre opérateurs. Comme si, d'une certaine manière, il disait définitivement « non » à Patrick Drahi qui a voulu le racheter en juin dernier. D'autres, en revanche, argueront que le groupe est d'autant plus appétissant avec cet actif dans son escarcelle. Comme de coutume sur ce marché ultra-concurrentiel, les spéculations vont aller bon train...

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Commentaires
a écrit le 18/11/2015 à 12:40 :
Donc, ca fait 2 blocs pour Orange, deux blocs pour Free, et deux blocs pour le futur SFR-Bouygtel... ;-)
a écrit le 17/11/2015 à 15:52 :
Inscrire le résultat de la vente de biens dans le budget n'est pas normal. Avant la vente l'état a des biens et des dettes, après il a moins de biens et moins de dettes : l'effet doit être nul sur le résultat annuel.
Réponse de le 17/11/2015 à 16:20 :
Ces fréquences sont un bien immatériel (utilisé aujourd'hui par la télévision) qui à ce jour n'ayant jamais été mis en en vente n'avait donc pas de valeur réelle. Ces enchères ont permis de donner une valeur réelle et marchande à ces fréquences. Il n'est donc pas illogique de l'inclure dans le budget de l'état comme des recettes.

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